Mardi 30 juin 2009

Publié le 25/06/2009 - Modifié le 30/06/2009 N°1919 Le Point

Déficits

Les caisses sont vides, vive l'emprunt !

Un emprunt national, oui... mais pour quoi faire ?

Romain Gubert

Les caisses sont vides, vive l'emprunt !

Bernard Accoyer © Feferberg/AFP


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Lancer un grand emprunt d’Etat pour faire face à la crise et doper l’économie ? « C’est absurde, l’Etat n’a pas de problèmes de liquidités. » C’était à la mi-octobre 2008. Devant quelques ministres triés sur le volet, Nicolas Sarkozy rejetait d’une phrase la folle idée de l’un de ses proches qui suggérait de recourir à l’épargne des Français pour financer un plan de relance. Et il enfonçait le clou : « vider les sicav des Français » allait « déstabiliser le système bancaire » . A l’époque, celui qui avait lancé cette idée, Bernard Accoyer , était rentré dans sa coquille. Sous les lazzi des ministres, il avait dû se faire tout petit. La roue tourne... Huit mois plus tard, le président de l’Assemblée nationale a le triomphe modeste. Tous les ministres sont à l’unisson : lancer un grand emprunt national, en voilà une chouette de bonne idée ! L’artisan de ce revirement s’appelle Henri Guaino. Cela fait trois mois que le conseiller élyséen plaide pour un grand emprunt national consacré aux seules dépenses d’investissement. Et tente de clouer le bec aux pères la ri-gueur du gouvernement, parmi lesquels François Fillon et Eric Woerth, au Budget. Il a réussi : Nicolas Sarkozy s’est laissé séduire par ses arguments. Et tant pis si le déficit budgétaire dépasse déjà 7 % du PIB et la dette publique 68 % du PIB, soit plus de 1 300 milliards d’euros (+ 15 milliards pour la seule année 2008) ! En clair : peu importe les déficits de l’Etat, il faut aller de l’avant. Et, pour y parvenir, Nicolas Sarkozy renoue avec la tradition. Celle d’un Etat qui s’est souvent tourné vers les Français pour l’aider à traverser une mauvaise passe. Quitte à faire une mauvaise affaire, comme ce fut le cas avec l’emprunt Balladur, qui, entre les manques à gagner pour le fisc et les commissions versées aux banques qui le commercialisaient, a en fin de compte coûté très cher aux caisses de l’Etat...

Les modalités de cet emprunt Sarkozy ne sont pas encore définitivement arrêtées. Les partisans de l’appel à l’épargne publique ont plusieurs arguments. Les experts de Bercy s’inquiètent de l’importante décollecte du livret A depuis quelques mois et ne souhaitent pas que cette manne, dont l’Etat profitait jusque-là largement, s’envole vers d’autres cieux... Inconvénient : il faut offrir un placement attrayant. Et sans doute équivalent à celui que vient de proposer EDF (4,5 % de rendement offert). Ce qui est cher payé par rapport à l’offre des marchés financiers, qui, en ces temps incertains, recherchent la signature de l’Etat français. La France n’a en effet aucun mal à placer ses obligations assimilables du Trésor (OAT) sur les marchés, comme ces derniers jours, où Bercy a émis pour 4 milliards d’euros d’emprunt (rémunéré à 3,79 % à dix ans). Le dilemme est embarrassant : faire appels aux marchés financiers, c’est, certes, se procurer de l’argent moins cher, mais payer des intérêts à des spéculateurs lointains. Faire appel aux Français, c’est plus cher. Mais les intérêts versés restent « à la maison »...

Ce débat, technique, c’est Nicolas Sarkozy qui le tranchera. Ce n’est pas tout. Car l’utilisation de l’emprunt reste elle aussi une énigme et dans ce domaine le catalogue des possibilités semble sans limites. Les parlementaires, les partenaires sociaux, les milieux culturels, les acteurs économiques et l’ensemble des « forces vives » de la nation vont avoir trois mois pour trouver des projets « stratégiques ».

Carte blanche

Certains voudront réindustrialiser le pays, d’autres soutenir la jeunesse et les chômeurs. Reconstruire les universités, les lycées et la recherche. Ou bien encore « doper » le Grand Paris... Une carte blanche, en somme, qui devrait réveiller la créativité des lobbys en tout genre. Seule restriction : que cet argent ne serve pas à combler les fins de mois de l’Etat. Dans la tête de Sarkozy, il ne s’agit en effet pas d’ajouter une couche de déficit aux autres, les mauvais, « ceux qui financent les mauvaises dépenses, les gaspillages, l’excès de bureaucratie » , en clair le déficit budgétaire, contre lequel il veut continuer à lutter. Ce nouvel emprunt devra, dit-il, servir une ambition : « penser à la croissance de demain » en mettant tous les moyens nécessaires. Les mauvaises langues de l’opposition n’ont pas mis longtemps à regarder leurs agendas. En lançant ces grands projets stratégiques fin 2009, ceux-ci verront le jour en 2011 et en... 2012, année électorale !

Quelques questions sont sans réponse. Nicolas Sarkozy ne veut pas de hausse des impôts ni de politique de rigueur ( « elle a toujours échoué », dit-il). Ni pendant ni après la crise... Il met ainsi fin à un dogme : celui du rêve d’un retour à l’équilibre budgétaire que tous les gouvernements affichent depuis le début des années 90. Sans y parvenir (et souvent sans faire grand-chose pour cela). Sans préciser qu’il faudra pourtant, un jour, que les Français remboursent cette dette. Autre problème : avec cet emprunt, Nicolas Sarkozy s’affranchit unilatéralement des engagements européens de la France. Et notamment des fameux critères de Maastricht. Certes, ceux-ci sont actuellement entre parenthèses pour cause de crise économique, mais ce n’est que ponctuel. Et le nouvel emprunt Sarkozy va alourdir d’autant la dette publique. Or, contrairement à Nicolas Sarkozy, les partenaires de la France au sein de l’eurozone et les responsables de la Banque centrale européenne ne font, eux, aucune différence entre les « bons » et les « mauvais » déficits. Reste un problème de fond, souligné en 2005 par le rapport Pébereau sur la dette publique, dont Nicolas Sarkozy a longtemps vanté les mérites. Non content de préciser que les intérêts annuels de la dette publique (une quarantaine de milliards en 2005) étaient équivalents au budget de l’éducation nationale et que cette situation plombait la compétitivité de la France, Pébereau soulignait aussi que, lorsque l’Etat réalisait des investissements en s’endettant, il surestimait systématiquement la rentabilité future de ses investissements. En cause ? « La facilité du recours à l’endettement », disait le rapport.

Par Gaullisme populaire :Daniel Hentzé - Publié dans : Nicolas Sarkozy Président de la République. - Communauté : La communauté des Gaullistes .
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Mardi 30 juin 2009

ÉRIC LE BOUCHER

L'emprunt Guaino

[ 26/06/09  ]

L'amusant, pour qui suit la politique nationale, est que tout se joue aujourd'hui entre ce qu'on appelait, naguère, les « gaullistes de gauche ». François Fillon, Premier ministre, Henri Guaino, conseiller spécial à l'Elysée, et Philippe Séguin, qui fut leur chef de file à tous les deux, aujourd'hui président de la Cour des comptes, qui vient de remettre un rapport au canon contre la politique budgétaire des deux premiers. Nicolas Sarkozy a toujours été classé au sein du RPR (UMP) dans le camp d'en face, celui, pour schématiser Edouard Balladur, des « pompidoliens », devenus les libéraux. Que les trois personnages clefs entourant la politique économique du chef de l'Etat soient de cette famille en dit long sur le basculement politique auquel vient de procéder Nicolas Sarkozy. Le libéral qui est en lui est oublié ; du moins pour l'instant car l'homme bouge beaucoup. Le voilà « gaulliste de gauche » et la gauche ferait bien de s'en apercevoir au lieu de s'obstiner à le prendre pour le représentant de la droite thatchérienne.

Henri Guaino, l'homme des discours présidentiels, militant antirigueur, est le vainqueur de Versailles. L'emprunt national, c'est le sien. Il le voudrait colossal : 80 ou 100 milliards d'euros. François Fillon, au contraire, est devenu l'homme des comptes. « La France est en faillite », a-t-il dit sitôt en fonction. Il avait réussi à limiter le plan de relance à une anticipation des dépenses prévues. On imagine qu'il va garder le pied sur le frein. Et, à l'autre bout, Philippe Séguin qui, au lendemain de Versailles, a remis son rapport annuel, lequel dénonce « une dégradation sans précédent » de la situation financière du pays. Il appelle à des économies de 70 milliards d'euros ; du Guaino à l'envers, en somme.

Nicolas Sarkozy a choisi. C'est l'« emprunt pour l'avenir », l'emprunt Guaino. Il promet de rompre avec la politique suivie depuis trente ans, qui a été d'emprunter pour financer les dépenses courantes. Il jure qu'il fera les économies nécessaires sur le « mauvais déficit », mais il entend s'endetter encore au profit des « bons investissements ».

Ce choix rencontre, il faut bien l'avouer, un scepticisme épais. On passera sur le peu de succès rencontré par les gaullistes de gauche dans l'histoire, la position est fondamentalement difficile à tenir. Mais, surtout, pourquoi ces promesses maintenant ? Pourquoi n'avoir pas engagé cette politique sitôt élu, il y a deux ans ? Philippe Séguin parle d'une « accélération de la dégradation » depuis 2007, depuis la gestion Sarkozy donc. Le dépensier peut-il se transformer en économe ? En France, depuis trente ans, aucune des « règles budgétaires », des « normes » de dépenses, et aucun des « cadres pluriannuels » n'a jamais été respecté. La motivation politicienne a toujours pris le dessus sur toutes les promesses.

Ensuite, de quoi s'agit-il dans « l'avenir » ? La liste énoncée par Nicolas Sarkozy est déjà longue et disparate : les écoles de la deuxième chance, la lutte contre l'exclusion, le salaire pendant un an des licenciés économiques, les investissements du Fonds stratégique, les dépenses du Grenelle de l'environnement, le Grand Paris, la réindustrialisation... François Fillon a, lui, ajouté la recherche dans la biotech, etc. L'étrange est aussi d'ouvrir le débat aujourd'hui sur les « priorités nationales » qu'il faut choisir : n'était-ce pas lors de l'élection présidentielle qu'il fallait le faire ? Et si le débat ne fait que s'ouvrir à ce sujet, n'est-ce pas mettre la charrue avant les boeufs que d'emprunter avant que de savoir pourquoi ?

L'OCDE vient de publier un rapport portant précisément sur la part de l'innovation dans les plans de relance face à la crise (« Policy Response to the Economic Crisis, Investing in innovation for long-term growth »). Qu'y apprend-on ? Que la Finlande ou la Corée sont en haut de classement, mais que la France est le mauvais élève : dans son plan de relance de l'automne, elle consacre 4,7 milliards d'euros aux ponts et aux routes et 46 millions à la recherche-développement. Faut-il croire le cancre quand il dit qu'il va tout changer ?

Le débat économique pourrait sortir grandi de cet épisode si, au lieu de se tourner vers le Conseil national de la Résistance, MM. Sarkozy et Guaino apprenaient que toutes les recherches en économie moderne tournent autour de « la naïveté du décideur » qui ment ou bien se leurre lui-même. Et puis Versailles ! Est-ce un endroit crédible pour promettre des économies ?

Eric Le Boucher est directeur de la rédaction d'« Enjeux - Les Echos ».
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Mardi 30 juin 2009

Affaire Karachi : la fille d'une victime réagit au rire déplacé de Nicolas Sarkozy



Par RichardTrois
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Info d'un posteur invité par la rédaction Le Post. Info d'un chroniqueur invité par Le Post.
L'opinion exprimée n'engage que son auteur.

 

En visionnant, la semaine dernière, la réponse de Nicolas Sarkozy à une question sur l'attentat de Karachi et l'éventualité de rétro-commissions, j'avais été sidéré, gêné et mal à l'aise devant le comportement du Président de la République.
Comment, en regardant cette vidéo et cette blague déplacée de Nicolas Sarkozy, ne pas penser aux familles des victimes, à leurs réactions, à leur sentiments?

Nicolas Sarkozy, lui-même, après avoir ri de sa propre blague, s'est vite rendu compte du caractère indigne de son propos et avait alors déclaré 
""Pardon hein, je ris pas du tout parce que Karachi, c'est la douleur des familles, des "TRUCS" comme ça (...)".

Aujourd'hui, Guy Birenbaum a posé la question à Magali Drouet, fille d'une victime de l'attentat de Karachi : "quel a été votre sentiment lorsque vous avez vu ces images ?"


Voici sa réponse à la suite de celle de Nicolas Sarkozy, extraite de l'émission La Ligne Jaune à paraître demain mardi :

 

Sur le plateau de Guy Birenbaum, Magali Drouet raconte comment le premier juge n'avait pas dit aux victimes qu'elles pouvaient avoir accès au dossier ; comment TF1 a censuré ses critiques de Sarkozy ; comment un conseiller de l'Elysée l'a adjurée de ne pas croire "tout ce qu'on lit sur Internet".

Outre Magali Drouet, les autres invités de La Ligne Jaune sont les journalistes Fabrice Arfi de MediaPart et Nicolas Beau de Bakchich.info qui enquêtent sur l'affaire qui a tout pour devenir un watergate français. Et publient sur Internet ces choses auxquelles il ne faut pas croire...

A paraître ce mardi sur site d'Arrêt sur Images.

Magali Drouet, fille d'une des victimes de l'attentat de Karachi, sur le plateau de Guy Birenbaum

Magali Drouet, fille d'une des victimes de l'attentat de Karachi, sur le plateau de Guy Birenbaum.

 

 

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Dimanche 28 juin 2009

Essonne: pompiers et policiers accueillis par des jets de projectiles

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Par tian

Info d'un posteur invité par la rédaction Le Post. Info d'un chroniqueur invité par Le Post.
L'opinion exprimée n'engage que son auteu
r.

 

 

Samedi matin, vers 1 heure, les pompiers ont été appelés pour u feu de voiture, rue Pablo-Picasso, dans el quartier des Tarterêts, à Corbeil-Essonnes.

Une fois sur place, une trentaine de jeunes cagoulés ont jetés divers projectiles sur les pompiers.

Pour soutenir l’action des pompiers des policiers ont été dépêches sur les lieux du sinistre.

Des policiers qui ont été obligés, eux aussi, de battre en retraite, révèle Le Parisien.

Avant de s’enfuir, les jeunes agresseurs ont brisé la vitre d’une voiture de police.

 

 


(Source: Le Parisien)
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Vendredi 26 juin 2009

Désavoué, Yves Jégo s’énerve


ALAIN AUFFRAY Libération.


Un sarkozyste de moins. Furieux d’avoir été éjecté de l’Outre-Mer, Yves Jégo menace et fait savoir qu’il ne se privera pas d’user de sa «liberté retrouvée». Dans quelques jours, il retrouvera l’Assemblée nationale. «Ce sera un tout autre député», prévient un proche. De 2002 à 2007, Jégo avait été l’un des plus acharnés supporteurs de Sarkozy, alors qu’ils n’étaient qu’une poignée, à droite, à soutenir le maire de Neuilly dans sa conquête de l’Elysée. Pour incarner un «courant social» au sein de l’UMP, Yves Jégo va se chercher un nouveau point de chute. Jean-Louis Borloo lui tend les bras, avec son Parti radical. Tout comme Jean-François Copé, par principe ouvert à tous les déçus du sarkozysme, surtout quand ils détestent Xavier Bertrand. Sèchement informé de son limogeage mardi soir, Jégo est convaincu d’avoir été victime du «lobby de l’argent», incarné par les békés martiniquais qui l’accusent d’avoir trop cédé aux grévistes cet hiver.

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