Cri d'alarme pour 3,6 millions de personnes mal logées
Selon la Fondation Abbé Pierre, 3,6 millions de personnes sont non ou mal logées en France, près de 10 millions de personnes sont par ailleurs touchées par la crise du logement.
Près de 10 millions de personnes seraient touchées par la crise du logement, d'après la Fondation Abbé Pierre qui dénonce les politiques publiques inadaptées dans son rapport annuel présenté ce matin.
Le constat de la Fondation Abbé Pierre en matière de mal-logement est accablant, comme en témoignent les chiffres qu'elle avance: 3,6 millions de personnes non ou mal logées, près de 10 millions de personnes touchées par la crise du logement, un ménage sur cinq reconnaissant avoir du mal à payer son loyer ou à assurer le remboursement de son emprunt immobilier.
Créée il y a 20 ans, la Fondation pointe aujourd'hui «une situation souvent dramatique» dont les «conséquences sur le quotidien peuvent conduire à d'importants sacrifices, qu'il s'agisse de la restriction des dépenses d'alimentation et de santé, de la dégradation des conditions de vie, de l'allongement des trajets du domicile au travail, etc.».
Interpeller les candidats à la présidentielle
C'est dans ce contexte critique que la Fondation présentera ce mercredi matin au secrétaire d'État au Logement, Benoist Apparu, son 17e rapport annuel sur l'état du mal-logement en France. Selon le quotidien Libération qui s'est procuré le rapport, elle y dénonce les politique publiques du logement menées au cours de ces vingt dernières années qui se sont révélées inadéquate au regard de la réalité sociale. La Fondation regrette que les aides fiscales mises en place aient privilégié l'accession à la propriété et le développement du parc locatif privé. Elle estime que ces politiques ont provoqué un doublement du montant des loyers en dix ans alors que dans le même temps la précarité et la pauvreté se développait. D'après les chiffres du ministère du Logement, la moitié des locaux acquis grâce aux aides étatiques est destinée à la location , or la fixation des loyers de ces logement «n'obéit pas à des plafonds qui permettraient de flécher la production vers ceux qui en ont besoin».
C'est la raison pour laquelle la Fondation a convié les principaux candidats à l'élection présidentielle pour leur demander de «s'engager solennellement» en faveur d'un «Contrat social pour une nouvelle politique du logement». Ce contrat, qui a été élaboré avec les principaux acteurs du logement s'appuiera sur quatre axes majeurs: produire suffisamment de logements accessibles partout où les besoins existent, réguler les marchés et maîtriser le coût du logement. Mais aussi lutter pour que le pays fasse preuve de plus de solidarité et que soit construite à l'avenir une ville équitable et durable. François Hollande, candidat socialiste, a d'ores et déjà affirmé ce matin sur RTL, qu'il signerait le document réaffirmant ses priorités à savoir: construire davantage, relever le quota de logements sociaux obligatoires dans les communes à 25 % au lieu de 20%, et créer plus de logements d'urgence.
François Bayrou (Modem), Eva Joly (EELV) et Jean-Luc Mélenchon seront également présents pour la signature du «Contrat social». Le président de la République, Nicolas Sarkozy, sera représenté par son conseiller spécial Henri Guaino.
Gabriel Petitpont
| 02.04.11 | 14h35
