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Paris solidarite metro.

Cri d'alarme pour 3,6 millions de personnes mal logées

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Par Gabriel Petitpont Mis à jour

Selon la Fondation Abbé Pierre, 3,6 millions de personnes sont non ou mal logées en France, près de 10 millions de personnes sont par ailleurs touchées par la crise du logement.  
 

Près de 10 millions de personnes seraient touchées par la crise du logement, d'après la Fondation Abbé Pierre qui dénonce les politiques publiques inadaptées dans son rapport annuel présenté ce matin.

Le constat de la Fondation Abbé Pierre en matière de mal-logement est accablant, comme en témoignent les chiffres qu'elle avance: 3,6 millions de personnes non ou mal logées, près de 10 millions de personnes touchées par la crise du logement, un ménage sur cinq reconnaissant avoir du mal à payer son loyer ou à assurer le remboursement de son emprunt immobilier.

Créée il y a 20 ans, la Fondation pointe aujourd'hui «une situation souvent dramatique» dont les «conséquences sur le quotidien peuvent conduire à d'importants sacrifices, qu'il s'agisse de la restriction des dépenses d'alimentation et de santé, de la dégradation des conditions de vie, de l'allongement des trajets du domicile au travail, etc.».

Interpeller les candidats à la présidentielle

C'est dans ce contexte critique que la Fondation présentera ce mercredi matin au secrétaire d'État au Logement, Benoist Apparu, son 17e rapport annuel sur l'état du mal-logement en France. Selon le quotidien Libération qui s'est procuré le rapport, elle y dénonce les politique publiques du logement menées au cours de ces vingt dernières années qui se sont révélées inadéquate au regard de la réalité sociale. La Fondation regrette que les aides fiscales mises en place aient privilégié l'accession à la propriété et le développement du parc locatif privé. Elle estime que ces politiques ont provoqué un doublement du montant des loyers en dix ans alors que dans le même temps la précarité et la pauvreté se développait. D'après les chiffres du ministère du Logement, la moitié des locaux acquis grâce aux aides étatiques est destinée à la location , or la fixation des loyers de ces logement «n'obéit pas à des plafonds qui permettraient de flécher la production vers ceux qui en ont besoin».

C'est la raison pour laquelle la Fondation a convié les principaux candidats à l'élection présidentielle pour leur demander de «s'engager solennellement» en faveur d'un «Contrat social pour une nouvelle politique du logement». Ce contrat, qui a été élaboré avec les principaux acteurs du logement s'appuiera sur quatre axes majeurs: produire suffisamment de logements accessibles partout où les besoins existent, réguler les marchés et maîtriser le coût du logement. Mais aussi lutter pour que le pays fasse preuve de plus de solidarité et que soit construite à l'avenir une ville équitable et durable. François Hollande, candidat socialiste, a d'ores et déjà affirmé ce matin sur RTL, qu'il signerait le document réaffirmant ses priorités à savoir: construire davantage, relever le quota de logements sociaux obligatoires dans les communes à 25 % au lieu de 20%, et créer plus de logements d'urgence.

François Bayrou (Modem), Eva Joly (EELV) et Jean-Luc Mélenchon seront également présents pour la signature du «Contrat social». Le président de la République, Nicolas Sarkozy, sera représenté par son conseiller spécial Henri Guaino.

Sur une banquette de l'hôpital Robert Debré, une famille sans abri s'endort chaque soir

 Les yeux rougis de fatigue, Aslan Midaev est assis sur la banquette bleue du hall de l'hôpital Robert Debré: c'est ici que depuis trois semaines ce réfugié tchétchène dort avec sa femme et ses deux enfants, faute de place dans les hébergements d'urgence de la capitale.

Avec l'accord de l'hôpital, chaque soir, Aslan et son épouse Inga, 35 ans tous les deux, rapprochent deux banquettes situées dans la longue galerie centrale de l'hôpital, pour former un petit lit où s'étend toute la famille.

Protégés des courants d'air par quelques couvertures, ils tentent tant bien que mal de s'assoupir, avant d'être réveillés vers 6H00 par les vigiles, afin de remettre le mobilier en place. A proximité, les sanitaires permettent de faire un brin de toilette, très succinct, reconnaît Aslan, s'excusant de n'être pas rasé.

Dans la journée, Yasmina, 8 ans, et Mohamed, 6 ans, tous deux nés en France, sont accueillis dans un centre de loisir parisien, tandis que leur mère suit une formation pour travailler dans la restauration collective.

Aslan reste à l'hôpital pour "garder les affaires", quelques sacs qu'il cache derrière un panneau, et tente discrètement de faire sécher quelques vêtements, "pour que les enfants soient propres tous les jours".

Une situation bien plus inconfortable que lorsqu'ils occupaient des chambres d'hôtel avec l'aide du Samu social. Mais depuis trois semaines, plus de budgets pour dormir à l'hôtel, et l'obligation d'appeler chaque jour le 115, le numéro d'urgence du Samu social, pour tenter d'obtenir une place d'hébergement.

L'Etat a en effet réduit ses subventions au Samu social, obligeant celui-ci à supprimer 5.000 nuitées hôtelières par jour dédiées aux sans abris d'Ile-de-France et à fermer son seul centre d'hébergement parisien.

Par ricochet, le 115, dans l'impossibilité de répondre à toutes les demandes, oriente les familles vers les urgences hospitalières.

A la Croix-Rouge, aussi, "on leur dit :+mettez-vous dans un coin, ne faites pas d'esclandres, ils vous laisseront rester+", explique une responsable.

Selon l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), entre le 15 mai et le 4 juillet, le Samu social a ainsi accueilli 111 familles, dont 45 aux urgences des hôpitaux et 66 dans les maternités.

Cette "augmentation sans précédent" a conduit la Collégiale des chefs de service d'urgence de l'AP-HP à publier un bulletin hebdomadaire. Sur la seule semaine du 18 au 24 juillet, 11 familles et 16 enfants ont été comptabilisés.

Les urgences pédiatriques de Robert-Debré reçoivent, elles, "de 4 à 5 familles par semaine depuis mai, contre 3 à 4 sur toute l'année, auparavant", explique le professeur Jean-Christophe Mercier, responsable du service. Il parle de "la partie émergée de l'iceberg", car "des familles viennent sans passer par les urgences".

S'il y a des places, les enfants bénéficient d'un lit ou d'un berceau, les parents se contentant des fauteuils de la salle d'attente pour dormir.

Il s'agit souvent de familles monoparentales, majoritairement immigrées, parfois sans papier, explique Emilie Adam, l'assistante sociale qui tente de leur trouver une solution plus digne.

"Nous sommes pris entre deux feux", explique le professeur Mercier. "D'un côté, une empathie pour ces personnes en détresse, et d'un autre le sentiment d'un dysfonctionnement grave qui fait que l'on confond service d'urgences et centre d'hébergement".

"C'est épouvantable pour les enfants, surtout les plus grands, très stressés. Chaque jour ils se demandent où ils vont dormir", déplore Mme Adam.

"Yasmina et Mohamed pleurent tous les soirs. Je leur raconte qu'on est dans un grand château, mais ça ne marche pas", avoue Aslan.

 

Paris tend la main aux migrants tunisiens

crédits : Flickr (CC by Mickou)
[29/04/2011]

Ce vendredi après-midi, dans les locaux de l'association France Terre d'Asile, Pascale Boistard, adjointe du maire de Paris en charge de l'intégration et des étrangers non communautaires, est venu annoncer à une quarantaine de Tunisiens une série de mesures complémentaires pour leur prise en charge. Reportage.

 

Ce sont des hommes qui ont l'air exténués et un peu perdu. Quelques jours après la lettre de Bertrand Delanoë adressée à Claude Guéant incitant la France à traiter de manière plus digne les migrants tunisiens, Pacale Boistard, adjointe du maire de Paris en charge de l'intégration et des étrangers non communautaires, a rencontré une quarantaine de ces hommes pour leur annoncer une série de mesures. La mairie de Paris, via les associations France Terre d'asile, va mettre à la disposition des migrants tunisiens une centaine de places d'hébergement, et mettre en place un suivi personnalisé.

« On va vous remettre un pass donnant accès à un hôtel. Qui n'a pas encore de carte? », demande Pierre Henry, le directeur général de l'association France Terre d'asile. Des mains se lèvent dans la salle. Dans l'atmosphère d'agitation et de fatigue, le directeur continue ses explications. « Un dossier devrait être ouvert pour chaque personne, et on vous dira ce qui sera possible ou pas ».

Un peu de réconfort, mais point de rêve, car le responsable de l'association et l'adjointe sont clairs : la mairie de Paris ne pourra pas fournir de titres de séjours. Leur délivrance est du ressort de la préfecture de police, qui a pour mission pour l'instant de ne pas en fournir. « Je le répète, ce n'est pas nous qui donnons ces autorisations, et il sera très difficile de les obtenir. Nous ne sommes pas des vendeurs de rêve », précise encore Pierre Henry, pour éviter de susciter de faux-espoirs.

« S'il y a des personnes qui souhaitent bénéficier du dispositif d'aller-retour, nous pourrons par contre vous aider à constituer un dossier », console le directeur. Diminué par l'Etat qui allègue du nombre des Tunisiens, le dispositif d'aide au retour est de 300 euros, au lieu des 2000 euros habituels. En demandant à ceux qui voudraient partir de bien vouloir se manifester, France Terre d'asile ne récoltent que six bras, qui se lèvent timidement. Quelques personnes, dépitées, se lèvent et s'en vont. La plupart restent.

« Si j'accepte les 300 euros, je ne pourrais pas rembourser mon voyage », explique un jeune homme dans la salle. Pour venir en France, les exilés ont dû débourser une somme rondelette, payée aux passeurs et autres intermédiaires. Le bateau pour aller à Lampedousa coûte ainsi près de 1300 euros.

Ce qui affleure parmi ces êtres humains réunis par un même destin, c'est un sentiment de désenchantement, notamment vis-à-vis du « pays ami », dont ils attendaient un geste, un accueil chaleureux. Lorsque la France vient en Tunisie, elle est respectée », s'indigne un homme en levant les mains au ciel, les yeux dardant ses interlocuteurs dans son blouson de cuir. « Je parle Français moi, c'est notre deuxième langue tu sais! » explique, blessé, Riadh, 22 ans. Des « amis », il attendait autre chose que des coups. Dans la salle, un homme raconte, en montrant ses yeux rougis : « La police est venu avec du gaz lacrymogène, voilà ce qu'elle nous a fait. Cela fait un mois et demi que je dors dehors, et 23 ans que je subis des violences policières. Ca  suffit !».

Compatissante, l'adjointe abonde dans leur sens. « La façon dont les choses se sont faites est un spectacle  qui n'honore pas la France et ne répond pas à l'urgence sécuritaire », assène Pascale Boistard, en évoquant les descentes de police dans les squares et les zones où sont réfugiées les Tunisiens. « Utiliser les points de distribution de nourriture pour les arrêter, c'est descendre au plus bas de l'échelle des droits de l'homme », continue l'adjointe, en faisant allusion à la descente de jeudi, où plusieurs migrants ont été arrêtés alors qu'ils attendaient un repas distribué par la Croix-rouge, porte de la Villette.

Les propos de Pascale Boistard rejoigne ainsi ceux du maire, publiés le 27 avril dernier : "Ces interpellations sont choquantes. Elles s’inscrivent en contradiction flagrante avec les propositions ouvertes et réalistes que j’ai formulées [...] : une étude au cas par cas, avec humanité et discernement, des situations individuelles tout en prenant en compte les demandes formulées au titre de la vie privée et familiale, comme le prévoit l’article 8 de la Convention européenne des Droits de l’Homme."

En attendant la clarification de cette situation, ces migrants tunisiens vivent dans une situation extrêmement précaire.

L'Institut des cultures d'islam, lieu cultuel et culturel

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LEMONDE | 02.04.11 | 14h35


 

 

Lors d'un concert à l'Institut des cultures d'islam (ICI), dans le quartier de la Goutte-d'Or à Paris, on croise aussi bien des habitants d'origine africaine que des bobos amateurs de musiques du monde. Cette institution originale et ambitieuse, créée par la Mairie de Paris en 2006, vise à réunir tous les publics, musulmans ou non, autour des héritages contemporains de la culture musulmane. Ou plutôt des cultures musulmanes, car "l'islam ne se réduit pas au monde arabe", rappelle Véronique Rieffel, la directrice.

Cette dernière, qui publie un livre montrant l'influence de l'islam sur les artistes contemporains (Islamania, éd. Beaux-Arts. 20 €), a concocté un programme qui mêle rencontres avec des universitaires, expositions d'art contemporain, projections et concerts. Mais l'ICI a aussi fait son trou dans le quartier en hébergeant les associations locales et en programmant des ateliers d'alphabétisation.

Provisoirement installé dans une ancienne école, rue Léon, l'ICI s'étendra à l'avenir sur 4 500 m2, répartis sur deux bâtiments, rue Polonceau et rue Stephenson, qui ouvriront en 2012 et 2013. Il comportera aussi un volet cultuel, géré par une structure totalement privée : "C'est la laïcité à l'oeuvre", résume Véronique Rieffel. Pour résoudre les problèmes de saturation des mosquées, une partie de l'ICI sera cédée par la Mairie de Paris à l'Association des musulmans de l'ouverture (AMO) et réservée à la prière. D'autres espaces polyvalents pourront être loués en cas de besoin le vendredi. L'autre volet de l'ICI, public, proposera un auditorium, une bibliothèque, un salon de thé, une librairie et un hammam.

Cl. G.

Logement, prix de l'eau : Les priorités de Delanoë pour 2012

 

Bertrand Delanoë, le maire de ParisBertrand Delanoë, le maire de Paris (©dr)

Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, a annoncé lors de ses vœux à la presse, que le logement serait une priorité absolue des chantiers de la ville en 2012. Face à la hausse des loyers et à celle du coût de la vie dans la capitale, le maire a promis de prendre d’importantes mesures.

(LaVieImmo.com) - 7 500 euros en moyenne le mètre carré : c’est le record atteint en 2010 dans la ville de Paris. Le coût du logement dans la capitale atteint des niveaux jamais égalés. « Les loyers flambent. Nous sommes dans une ville où les loyers ont doublé en 10 ans et le prix du mètre carré a augmenté de 36 % en 5 ans », a déclaré le maire. De nombreuses associations se sont élevées devant ce constat. Du rapport sur le mal-logement de la Fondation Abbé Pierre, aux tentes déployées par le collectif des 31 associations, en passant pas les squatteurs de Jeudi Noir, tous ces organismes dénoncent un même fait : la difficulté grandissante pour se loger dans les grandes villes et l’augmentation des foyers en grande difficulté.

noë a réitéré la volonté de la ville de « donner la priorité au logement social et de construire 6 000 logements sociaux chaque année ». Il a également rappelé que le prêt à taux zéro parisien avait déjà bénéficié à 14 000 ménages. Il sera maintenu, et dans un contexte d’augmentation des prix, la bonification de 50 % depuis 2010 sera conservée en 2011. Le maire a aussi exhorté l’Etat à « ajouter 120 millions d’euros, aux 450 millions euros déjà consacrés par la Ville au logement ».

Seconde proposition face à la flambée des loyers, Bertrand Delanoë demande à ce que « le Premier ministre donne les moyens de réglementer, pour expérimenter l’encadrement des loyers à la première location et au changement de locataires ».

Baisse du prix de l’eau

Le maire de la capitale a annoncé une baisse du prix de l’eau pour 2011. Les parisiens pourront au moins faire des économie sur ce bien précieux. L'eau à Paris est toutefois déjà à un prix inférieur à ce qu'elle est dans la métropole (jusqu’à 40 % moins cher). « Nous avons fait le pari du service public de l'eau, ça marche bien. Je veux que dès l'année 2011, les Parisiens aient un bénéfice de ce bon travail », a déclaré le maire.

 
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