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  • La part des étrangers dans les délits passée au crible

    L'arrestation à Paris en 2004 d'un suspect appartenant à un gang de cambrioleurs roumains.
    L'arrestation à Paris en 2004 d'un suspect appartenant à un gang de cambrioleurs roumains. Crédits photo : Paul DELORT/Le Figaro
     

    INFOGRAPHIE- L'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONRDP) détaille les statistiques sur les cinq dernières années.

    À deux mois de l'échéance présidentielle, le dernier rapport de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONRDP) pourrait faire débat. Intitulé «Français et étrangers mis en cause par la police et la gendarmerie», ce bulletin statistique de 89 pages approfondit une étude de 2006, ainsi qu'une récente «fiche thématique» publiée dans un rapport annuel présenté par son président, Alain Bauer. Pour la première fois, il décrypte en profondeur ce sujet sensible en abordant l'ensemble de la période de 2006 à 2011. D'emblée, ce document porté à la connaissance du Figaro révèle qu'« en cinq ans, la part des étrangers au sein des mis en cause est en hausse pour les atteintes aux biens », passant de 12,8% à 17,3%. Se fondant sur le Système de traitement des infractions constatées (STIC) de la police et sur la Base nationale des statistiques de la délinquance (BNSD), l'étude précise que leur nombre s'est « accru chaque année de plus de 10% par rapport à l'année précédente», en pointant une augmentation de 48,3% entre 2008 et 2011.

    Cambriolages et vols à l'étalage

    L'année dernière, 52.751 personnes d'origine étrangère ont été enregistrées en procédure par les forces de l'ordre. Parmi les types de vols sans violences pour lesquels le nombre d'étrangers mis en cause s'est fortement accru depuis trois ans, l'ONDRP cite les cambriolages (+79%), les vols simples contre des particuliers (+105,5%) ainsi que les vols à l'étalage (+39,3%). De façon assez inédite, les auteurs du rapport dressent un état des lieux nationalité par nationalité. Il apparaît notamment que «le nombre de personnes de nationalité roumaine mises en cause pour vols par la police nationale a plus que doublé entre 2008 et 2010 et il a augmenté de près de 95 % selon la BNSD de la gendarmerie ». En deux ans, 4977 ressortissants roumains ont été mis en cause pour des prédations de toutes natures, et 1 489 de leurs compatriotes ont été épinglés pour divers larcins commis à l'étalage. «Pour les vols avec effraction et assimilés, la proportion de personnes de nationalité roumaine au sein des mis en cause est passée, d'après le STIC de la police, de moins de 3% en 2008 à 6,5% en 2010 », souligne le document de l'ONDRP. Rappelant qu'« un peu moins de 4900 personnes de nationalité algérienne ont été mises en cause d'après la police, soit une augmentation de 30 %, avec 1119 mis en cause supplémentaires, en deux ans », il précise que le nombre d'ex-Yougoslaves (Bosniaques, Croates, Kosovars, Macédoniens, Monténégrins, Serbes ou Slovènes) impliqués a progressé de 67,8 % dans la même période, soit 1228 personnes de plus.

    Dans le même temps, observent les criminologues, la part des étrangers dans les violences et les menaces baisse de 14,2% à 12,4% en cinq ans, pour s'établir à 29 .800 personnes appréhendées l'année dernière. Le nombre des Français inquiétés pour «atteintes volontaires à l'intégrité physique hors vol» s'est quant à lui accru de 14,7% durant cette période. C'est une constante statistique sur lequel se penchent maintenant les experts: plus les faits sont graves, plus ces derniers sont impliqués.

     

 

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Par Caroline Campagne

Bordeaux

Future mosquée à Bordeaux : le projet dans l'impasse

Le diocèse renonce à la vente d'un terrain à une association de musulmans.

 

Une fois dévoilé dans nos colonnes, le projet de vente d'un terrain appartenant au diocèse, situé à Bordeaux dans le quartier du Grand-Parc, à l'Association culturelle des musulmans de Bordeaux-Nord (ACMBN) n'aura pas fait long feu. Les responsables catholiques ont décidé d'annuler la transaction et l'ont fait savoir par un communiqué de l'archevêché, hier après-midi pour s'en expliquer.

« Lors de notre première rencontre, nous avions négocié avec l'Association des musulmans de Gironde (AMG), présidée par Tareq Oubrou, et une de ses affiliées, l'Association culturelle des musulmans Bordeaux-Nord, chapeautée par Mohammed Bouir. Mais nous ignorions que ces deux associations étaient séparées depuis cet été. Nous ne sommes donc pas en mesure de donner suite à ce projet. » Une bien mauvaise nouvelle pour Mohammed Bouir, qui s'apprêtait à verser un premier acompte pour l'achat de ce terrain, en avril prochain : « Le diocèse a le droit de changer d'avis. Tant pis. Je suis pris de cours, je vais réunir les membres de mon association. »

Contacté hier soir, Jean Rouet, le vicaire, assure avoir rencontré Mohammed Bouir, à plusieurs reprises, en vue de lui vendre ce terrain. « Mais je n'étais pas au courant qu'il avait fait cavalier seul et abandonné l'AMG », insiste-t-il. Le religieux ignorait également que d'autres musulmans appartenant à l'AMG lui reprochaient ses relations avec Mohammed Habri, qui préside une autre association au Grand-Parc, jugée proche du salafisme, et a transformé son appartement en salle de prière de fortune.

C'est du moins la raison officielle invoquée par le diocèse afin de justifier l'abandon de cette vente. Mais il en existe peut-être d'autres moins policées… Car ce projet entre catholiques et musulmans n'avait pas laissé les Bordelais indifférents, et créé pas mal de remous, tant dans le paysage politique que sur les réseaux sociaux via Facebook et Twitter. Les responsables du diocèse ne souhaitent pas confirmer publiquement « avoir vécu des pressions » de la part de certains membres de la communauté plaidant l'annulation de cette vente à une association musulmane. Mais on entend d'autres sons de cloche dans les couloirs de la direction diocésaine. « Le Bloc identitaire a été le premier à s'opposer à la vente. D'autres ont suivi », confie un salarié. Cette annulation devrait également satisfaire les troupes du Front national local, qui avaient, sans surprise, engagé une pétition contre ce projet. Tout comme la députée UMP Chantal Bourragué, qui s'était dite choquée, en apprenant que le diocèse vendait son patrimoine aux musulmans : « J'espère néanmoins que le vicaire finira par trouver un acquéreur pour ce terrain en vue d'édifier une église à Ginko. »

Au contraire, la maire-adjointe Anne-Marie Cazalet, regrette que cette salle de prière ne voie pas le jour : « Un jour ou l'autre, il faudra bien un lieu de culte pour les musulmans dans le secteur. Mais si le diocèse est revenu sur sa décision, il a sûrement ses raisons. » Un avis que partagera sûrement Michèle Delaunay, conseillère générale PS du secteur, qui s'était également montrée favorable à un nouveau lieu de prière.

Bordeaux · Tareq Oubrou · religion
 
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