Mardi 23 juin 2009

L'arsenal anti-bandes à l'Assemblée

Les députés examinent ce mardi le texte de Christian Estrosi qui prévoit notamment de punir de trois ans de prison le fait de participer à «une bande ayant l'intention de commettre des violences». Les principales mesures.



Liberation.fr


«Aucune rue, aucune cave, aucune cage d’escalier ne doit être abandonnée aux voyous.» Le 28 mai, à l'Elysée, Nicolas Sarkozy réenfourchait son cheval de bataille: l'insécurité. Avec cette fois une offensive ciblée sur la violence dans les cités et les écoles, en réaction directe à une série d'événements récents: l'«intrusion», le 18 mars dans un lycée de Gagny, d'une vingtaine de jeunes gens encagoulés, l'agression au couteau le 15 mai en Haute-Garonne d'une enseignante par un élève de 13 ans...

Le tour de vis ne s'est pas fait attendre. Mois d'un mois après le discours présidentiel à l'Elysée, l'arsenal sécuritaire réclamé par le Président arrive aujourd'hui devant l'Assemblée, via le texte contre les violences en bandes et à l’école qui sera défendu en fin d'après-midi ce mardi par le député-maire UMP de Nice Christian Estrosi, un proche de Sarkozy. Passage en revue des principales dispositions.

Les bandes dans le collimateur

— La «participation à une bande ayant l'intention de commettre des violences» pourra être punie de trois ans d'emprisonnement. Porter une cagoule sera considéré comme une circonstance aggravante (pour rappel, le décret punissant de 1500 euros d'amende le port d'une cagoule lors d'une manifestation est paru samedi au journal officiel).

Le texte ne précise en revanche pas sur quels critères la justice pourra apprécier si, d'une part, un groupe constitue une bande et d'autre part si cette bande à «l'intention de commettre des violences». «Il ne s’agit aucunement de réprimer le simple fait d’être en groupe avec une "bande de copains, a expliqué Estrosi, mais de participer à un groupement qui poursuit le but de commettre des violences ou des destructions ou dégradations de biens. Le simple fait de se promener à plusieurs de façon pacifique n’est donc naturellement pas visé.»

— Une personne qui ne porte pas d'arme mais qui «participe volontairement à un attroupement où une ou plusieurs personnes portent des armes de manière apparente» pourra être punie de trois à cinq ans de prison.

Peine alourdie si la victime est un enseignant

— Commettre des vols ou violences envers un enseignant ou personnel de l'éducation «en raison de (sa) fonction» et/ou dans une école ou à proximité constituera une circonstance aggravante.

— Les intrusions dans un établissement scolaire seront passibles d'un an de prison, trois ans si l'intrusion est menée en réunion, cinq ans en cas de port d'arme. Cette mesure, qui répond directement à l'affaire du lycée de Gagny, a été durcie après qu’un élève a poignardé son professeur en Haute-Garonne.

Les halls d'immeuble passés au crible

— Un amendement prévoit un renforcement de la surveillance des halls d’immeuble avec la possibilité d’un raccordement des réseaux de surveillance aux réseaux de police municipale ou nationale. Se regrouper dans un hall d'immeuble, déjà passible de deux ans d'emprisonnement, pourra en outre faire l'objet d'une peine complémentaire (travail d'intérêt général).

— La fouille des cartables devrait être présentée en séance publique par un amendement du ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos. Il habilitera certains personnels à fouiller les cartables. Dans la même veine, des portiques pourront être installés au cas par cas.

Applaudies à droite, le plan anti-bandes de Sarkozy suscite scepticisme, voire franche opposition à gauche. Seul Manuel Valls, maire PS d’Evry, se dit tenté de voter le texte s’il permet de «lutter efficacement» contre les bandes.

Par Gaullisme populaire :Daniel Hentzé - Publié dans : Travaux parlementaires. - Communauté : La communauté des Gaullistes .
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Jeudi 18 juin 2009
NOUVELOBS.COM | 18.06.2009 | 17:07
Réagissez à l'article

Le député André Gérin, qui a déposé une proposition de résolution afin de créer une commission d'enquête parlementaire sur le port de la burqa, affirme vouloir "tendre la main aux musulmans".



Une femme portant la burqa (Sipa)

Une femme portant la burqa (Sipa)

Le député-maire André Gerin (PCF), qui a déposé une proposition de résolution afin de créer une commission d'enquête parlementaire sur le port de la burqa en France, explique, jeudi 18 juin, que le phénomène s'est "amplifié ces dix dernières années" et notamment depuis le 11 septembre.
André Gerin juge que la vision de "ces fantômes ambulants" dans les rues n'est plus possible. De plus, le député-maire note que cette attitude pose "des problèmes pour les cartes d'identités, les passeports, les mariages…". Et ajoute que même s'il est marginal, le port de la burqa s'observe également dans les milieux ruraux et pas seulement en ville.

"Faire reculer l'intégrisme"


La création d'une enquête parlementaire serait l'occasion "d'un dialogue afin de tendre la main aux musulmans", explique André Gerin. "Il ne faut pas stigmatiser ces femmes. Il faut accompagner les musulmans vers un islam apaisé et un islam des lumières", poursuit le député qui invoque le respect aux valeurs républicaines afin de faciliter le vivre ensemble.
"Il faut sortir de notre indifférence. Il est tant de se préoccuper du problème", ajoute le député.
A celles et ceux qui vont défendre leur libre choix et le respect de leur religion, André Gerin rappelle que "la liberté de religion n'est pas celle d'être un fantôme. Le port de la burqa est une véritable régression pour les femmes. Il y a un réel problème de liberté".

Un "emprisonnement"


Le député-maire de l'Essonne, Nicolas Dupont-Aignan rappelle que cette résolution n'est pas née par hasard. "Beaucoup d'élus de tous bords politiques s'inquiètent de cette dérive dangereuse. Ces femmes sont véritablement emprisonnées", déclare-t-il.
Le président de Debout la république estime qu'il ne faut pas faire les mêmes erreurs avec la burqa qu'avec le port du voile à l'école. "Il nous a fallu quinze ans pour légiférer. Nous avons perdu beaucoup trop de temps".
Nicolas Dupont-Aignan rappelle que chacun est libre de choisir sa religion et que le but de la commission d'enquête parlementaire n'est pas d'être hostile envers la religion musulmane mais "de respecter un modèle de société". "L'emprisonnement complet de la femme sous une burqa n'est pas admissible car aucune identification n'est alors possible", souligne-t-il. "Et aucune religion n'a le droit de nier les droits d'un être humain. Il est temps que la république affirme ses valeurs".
André Gerin ajoute qu'"aujourd'hui, nous sommes décidés à faire reculer l'intégrisme", et affirme avoir reçu des échos positifs de son action de la part d'associations féminines et de musulmans.

(Nouvelobs.com)
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Vendredi 5 juin 2009

Parlement

Bataille rangée à l'Assemblée sur les "lieux secrets" des militaires


Par Romain Rosso, publié le 04/06/2009 23:43 - mis à jour le 05/06/2009 11:22 L'express.


 

La commission des lois de l'Assemblée nationale a rejeté les nouvelles dispositions encadrant les perquisitions des magistrats dans des "lieux secrets" de la défense nationale. La réaction d'Yves Fromion, rapporteur du texte à la commission de la défense, qui avait approuvé ces changements.

C'est inédit. La commission des lois de l'Assemblée nationale a rejeté, à l'unanimité, mercredi 3 juin, les nouvelles dispositions renforçant le secret de la défense nationale -qui encadrent strictement les perquisitions des magistrats dans les lieux sensibles- contenues dans les articles 12 à 14 de la loi de programmation militaire, qui sera discutée au Palais Bourbon les 8 et 9 juin.

Ces articles avaient pourtant été adoptés par la commission de la Défense nationale. Le rapporteur de cette partie du texte, le député Yves Fromion, répond aux questions de LEXPRESS.fr

Pourquoi la commission des lois a-t-elle rejeté ces articles, alors que la commission de la Défense les avait approuvés ?

Je tiens d'abord à rappeler que les dispositions sur le secret de la défense nationale sont d'origine gouvernementale. A cet égard, le gouvernement n'a pas pris ces dispositions nouvelles pour le plaisir d'innover: il s'est rendu à l'avis du conseil d'Etat du 5 avril 2007. Ce dernier suggérait que le législateur prenne des mesures complémentaires pour que les procédures en matière de perquisitions et, donc, de connaissances de documents relevant du secret défense, soient encadrés. La commission de la défense a ensuite été saisie au fond pour examiner ce projet de loi. Elle a étudié le texte et mené des concertations avec toutes les parties prenantes, dont les syndicats de magistrats. Je peux certifier que nous l'avons assez largement amélioré. Nous avons encadré de façon beaucoup plus restrictive la mise en oeuvre de la notion de secret défense prévue par le gouvernement.

Par exemple?

Dans le texte initial, l'article 12 évoquait des lieux "susceptibles d'abriter des secrets de la défense nationale". Nous avons supprimé cette idée de "susceptibilité. Nous avons dit: les lieux doivent abriter des secrets ou pas. Nous ne pouvons pas nous permettre d'avoir une liste de lieux susceptibles un jour ou l'autre d'abriter des secrets. J'observe que la commission des lois n'a même pas demandé de le modifier. C'est nous qui l'avons souhaité. Nous avons voulu que l'on restreigne au strict minimum les lieux qui pourraient se voir appliquer la procédure de secret défense. Alors quand on laisse entendre que nous serions des liberticides, il y a de quoi rigoler. On nous fait un bien mauvais procès.

Pourquoi les deux commissions sont-elles en conflit?

Ce n'est pas un conflit entre la commission des lois et celle de la Défense, mais entre la commission des lois et le gouvernement. Ce dernier est en effet l'auteur du texte. La commission de la Défense l'a très sensiblement amélioré, en accord d'ailleurs avec lui. Avec la nouvelle procédure législative, le ministre était en effet présent pour défendre le projet devant la commission de la Défense, avec le rapporteur pour avis de la commission des lois. C'est donc une partie à trois qui s'est joué.

Quelle a été la position du ministre de la Défense?

Le ministre a été parfaitement en ligne avec la commission de la Défense. Il était présent. J'étais à ses côtés. Il a défendu le texte ; nous l'avons amendé. Et nous ne nous sommes jamais retrouvés en opposition. En revanche, le ministre ne s'est pas montré favorable à certaines propositions de la commission des lois.

Comment expliquer l'attitude de la commission des lois?

Elle a cru devoir proposer des aménagements. Son rapporteur pour avis, Emile Blessig, est avocat. Il voudrait que l'on mette des dispositions qui pourraient s'apparenter à celles qui s'appliquent au bâtonnier de l'ordre des avocats _ce dernier se déplace dans le cabinet d'un avocat lorsqu'il est visé par une perquisition. Il est abusif de mettre un avocat sur le même plan qu'un Etat. Toute la jurisprudence le confirme: notre propre jurisprudence administrative et judiciaire, la cour européenne des droits de l'Homme, la cour de justice des communautés européennes, la cour internationale de justice de l'ONU, la cour pénale internationale. Toutes ces instances admettent que les Etats, lorsque leurs intérêts sont en cause, sont en droit de s'opposer à une action judiciaire. Certains peuvent le regretter. Mais je considère que nous vivons dans un Etat de droit qui n'apparaît tout de même pas comme excessif. Nous sommes alignés sur les autres grandes démocraties. Et il n'y a aucun procès à faire au gouvernement dans la manière dont il gère les dossiers de secret défense.

La commission des lois avait notamment prévu que la liste des sites, qui selon le projet de loi sera établie par décret du Premier ministre, devrait l'être après l'avis conforme de la Commission consultative du secret de la défense nationale. La commission de la Défense a refusé cet amendement...

La commission des lois devrait tout de même connaître le droit. On ne peut pas demander à une commission consultative d'émettre un avis qui doit être suivi de façon conforme ! C'est le contraire du droit...

Que va-t-il se passer lundi 8 juin?

Il y aura un débat dans l'hémicycle sur le texte qui a été adopté par la commission de la défense nationale. La commission des lois pourra déposer à nouveau les amendements qu'elle souhaite voir rediscuter. En tant que rapporteur, je donnerai mon point de vue ; le ministre également. C'est déjà arrivé qu'il y ait des divergences entre deux commissions. La volonté du président de la commission des lois de demander à ses commissaires de voter à nouveau sur les amendements rejetés est en revanche inédite. Il a donné un caractère solennel à cette affaire. Il se met clairement en opposition frontale avec le gouvernement.
Par Gaullisme populaire :Daniel Hentzé - Publié dans : Travaux parlementaires. - Communauté : Militants du Modem
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Mercredi 27 mai 2009

L’hôpital public mérite mieux qu’une procédure d’urgence

Les professeurs Basdevant (Pitié-Salpêtrière), Bourgeois (Pitié-Salpêtrière), Bousser (Lariboisière), Brochard (Henri-Mondor), Dubourg (Ambroise-Paré), Fischer (Necker), Franco (Antoine-Béclère), Frydman (Antoine-Béclère), Gaudric (Lariboisière), Gluckman (Saint-Louis), Godeau (Henri-Mondor), Grimaldi (Pitié-Salpêtrière), Guillevin (Cochin), Kieffer (Pitié-Salpêtrière), Kuttenn (Pitié-Salpétrière), Lyon-Caen (Pitié-Salpêtrière), Mariette (Bichat), Menasche (Georges-Pompidou), Musset (Antoine-Béclère), Niaudet (Necker), Sahel (Quinze-Vingt), Sedel (Lariboisière), Valla (Beaujon), Varet (Necker), Vernant (Pitié-Salpêtrière).


Madame la ministre,

Vous avez pris le temps de répondre à nos «propositions pour une réforme de l’hôpital» en nous indiquant que «vous en partagiez les valeurs et les principes». En réalité nous sommes en désaccord sur la méthode et sur le fond. Sur la méthode, vous ne manquez pas de rappeler que votre loi a été précédée d’une concertation sans précédent. Cette concertation fut sans doute partielle, puisqu’elle n’a pas fait apparaître les différentes alternatives.

Une loi portant réforme de l’hôpital ne doit pas s’attacher en premier lieu à la gouvernance, elle doit définir la finalité de cette gouvernance. Cette finalité a été définie par la commission sur l’avenir des CHU, si bien qu’on se trouve en présence aujourd’hui de deux textes différents, voire contradictoires.

Nous pensons que l’hôpital a besoin d’une réforme. Cependant, celle-ci ne peut pas être noyée dans un texte dont sont exclues des questions telles que les modalités de financement de l’hôpital, la complémentarité (et non la concurrence) avec les établissements privés, le développement de la recherche dans les CHU et hors CHU. Faute d’être portée par une réelle perspective de progrès, votre loi a suscité un débat limité aux seules questions de gestion. Sur le fond, nous souhaitons reprendre certaines questions :

1) Il y a une différence entre la lutte contre les gaspillages et la rentabilité. La rentabilité est l’objectif des cliniques privées à but lucratif. Nombre d’activités peu utiles, voire inutiles, peuvent être rentables. Le devoir d’un service public hospitalier est de lutter contre les gaspillages, c’est-à-dire contre les dépenses inutiles. Vous dites qu’il n’est pas question de demander aux hôpitaux d’être rentables, mais depuis la mise en place de la T2A [tarification à l’activité, ndlr], nous sommes incités en permanence à «augmenter l’activité» en gagnant des «parts de marché», c’est-à-dire en développant des activités simples et programmables, qui représentent 80 % de l’activité des cliniques commerciales et seulement 20 % de l’activité des hôpitaux publics. Depuis la mise en place de la T2A, l’activité codée des hôpitaux a augmenté de 3 % par an, comme si une catastrophe sanitaire s’abattait chaque année sur notre pays ! Cette inflation, conséquence connue de la T2A, est limitée, dites-vous, par les contrôles. A-t-on fait le calcul du coût de la machine bureaucratique ainsi mise en place ?

Bien qu’ils développent leur activité, les hôpitaux ne peuvent pas retrouver un équilibre financier, dans la mesure où ils sont dépendants d’une enveloppe globale fermée. Vous avez répété que vous aviez augmenté cette enveloppe de 3,1 %, malgré la crise. Or, la Fédération hospitalière de France, qui soutient votre loi, a calculé que si le taux de l’inflation et le coût de divers programmes de santé publique décidés par le gouvernement étaient pris en compte, le simple maintien en l’état de l’activité des hôpitaux nécessiterait une augmentation de l’enveloppe budgétaire de 4,15 %. Le budget d’investissement va donc être réduit, menaçant l’avenir de l’hôpital public tandis que les cliniques commerciales poursuivent leur activité rentable pour leurs actionnaires.

2) La question des modalités de financement de l’hôpital est effet centrale. Trois modes de financement hospitalier sont possibles : le financement par un prix de journée comme cela se faisait avant 1983, le financement par un budget, et le financement à l’activité comme cela se fait depuis cinq ans. Chaque mode de financement a ses avantages et ses inconvénients. Au lieu d’adopter un modèle unique, il serait préférable d’utiliser les trois de façon conjointe, en retenant le mieux adapté à chaque type d’activité médicale : la T2A pour les activités «standard» bien codifiées, le prix de journée pour les soins palliatifs et la psychiatrie. Le financement par un budget évolutif serait mis en place pour les autres activités en définissant des critères quantitatifs et qualitatifs.

Le système actuel est opaque, dysfonctionnel. Vous-même avez reconnu que depuis cinq ans, la tarification à l’activité avait oublié de prendre en compte la précarité et la gravité des pathologies. Pourtant, en dépit de ce sous-financement, le gouvernement répète que 50 % des hôpitaux, et parmi eux 29 des 31 CHU, sont en déficit. De même, personne ne nous explique comment a été calculé le taux des missions de service public réduit à 12 % de l’enveloppe globale alors que dans plusieurs pays, ces missions sont valorisées à la hauteur de 50 %.

3) Vous avez renoncé à réguler les dépassements d’honoraires en ville sous la pression de la Fédération de l’hospitalisation privée. Allez-vous laisser cette tâche aux assureurs privés ? Le gouvernement a accepté de reporter à 2018 la convergence public-privé prévue initialement pour 2012. Nous vous proposons d’aller plus loin : cette convergence, qui n’est qu’une concurrence inéquitable, n’a pas lieu d’être en raison même de la finalité et du fonctionnement différents des cliniques commerciales et de l’hôpital public. En effet, la clinique peut sélectionner les pathologies et organiser son activité. Elle a rarement un programme opératoire perturbé par l’arrivée d’une urgence. Elle peut fermer son activité pendant un mois d’été pour diminuer ses frais fixes. En renonçant à cette mauvaise idée, vous témoigneriez de votre attachement au service public hospitalier dont la mention même a disparu de la loi !

4) Des économies sont possibles. Nous l’avons toujours dit. Vous nous interrogez sur le fait que les personnes âgées restent indûment hospitalisées faute de place en aval dans le secteur médico-social. Nous déplorons qu’à l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris, 1 300 personnes attendent chaque jour leur départ en soins de suite. Vous nous interpellez sur les urgences hospitalières surchargées en raison de la défaillance de la permanence des soins de premier recours ou de l’apparition de déserts médicaux. Cependant vous n’évoquez pas la réduction du nombre de médecins formés, passé de 8 500 à 3 500 par an en raison d’un numerus clausus maintenu pendant plus de vingt ans, sans pour autant changer les conditions d’exercice professionnel. Croyez-vous que les réponses à vos questions soient entre nos mains ?

5) La question de la qualité de l’activité médicale est primordiale. Vous dites avoir choisi la T2A à 100 % pour développer la qualité. Or, la T2A est un instrument quantitatif qui ne prend en compte ni la qualité, ni même la justification des soins. La définition d’indices de qualité nécessite une collaboration avec chacune des spécialités médicales. L’évaluation qualitative implique la comparaison entre des centres ayant des activités similaires. Cette comparaison, indispensable pour une évaluation médico-économique comparative, n’existe pas. C’est pourtant en son nom que, malgré vos dires, vous supprimez 1200 emplois, en majorité des soignants, à l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris, 650 à Nancy, 400 à Caen, Nantes et Rouen, 550 au Havre, 200 à Lyon, etc. La Fédération hospitalière de France a calculé que 20 000 emplois seraient supprimés d’ici à 2012, ce qui est incompatible avec l’amélioration de la qualité des soins.

6) La question de l’attractivité financière des postes hospitaliers est incontournable, en particulier pour les personnels non médicaux. Les aides-soignantes et les infirmières des hôpitaux sont honteusement mal payées. Une loi sur l’hôpital doit traiter des nouveaux métiers de la santé, de la valorisation de l’activité des soignants, de leur promotion par le travail, et de l’amélioration de leurs conditions de vie.

En ce qui concerne les médecins, vous nous demandez de clarifier notre position sur le maintien de l’activité privée. Excellente question qui se pose d’abord à vous-même. Quelle est votre position sur le maintien de l’activité libérale à l’hôpital ? Envisagez-vous de la supprimer ? Si oui, pourquoi ne l’avez-vous pas fait dans cette loi ? Si non, votre question ressemble fort à une habileté politicienne. Cette activité libérale fut instituée lors de la création des CHU. Prévue initialement pour être transitoire, elle fut maintenue pour deux raisons : la non-prise en compte de l’indemnité hospitalière dans la retraite et des différences de revenus entre le public et le privé, allant de 2 à 5 dans certaines disciplines (chirurgie, radiologie…). Cette activité privée à l’hôpital public est encadrée par la loi. Elle ne doit pas dépasser 20 % de l’activité de chaque médecin ni entraver l’égalité d’accès à des soins de qualité. Moins de 10 % des médecins hospitaliers ont une activité privée. Parmi eux, 90 % respectent les règles et seuls 10 % ne les respectent pas et méritent d’être rappelés à l’ordre. L’avez-vous fait ? Votre interpellation sur l’activité privée à l’hôpital est d’autant plus surprenante que votre loi prévoit que des médecins hospitaliers pourront être payés à l’activité, ou même avoir une activité exclusivement libérale au sein même des établissements publics.

Revenons enfin à la préoccupation du Président de la République : «il ne doit y avoir qu’un seul patron à l’hôpital», le directeur d’hôpital. Celui-ci peut désormais venir du privé, être embauché sous contrat ; il devient révocable à tout moment et sans appel par le directeur de l’Agence régionale de santé, lui-même véritable préfet sanitaire nommé en conseil des ministres. Il s’agit d’une politisation extrême de la gestion de la santé. Tout pouvoir tend naturellement à devenir un pouvoir absolu. Il est donc nécessaire de prévoir des mécanismes assurant l’équilibre. Disposés à poursuivre le débat, nous sommes convaincus que la levée de la procédure d’urgence parlementaire, donnant du temps à la concertation, permettrait de sortir de la confusion et des tensions actuelles.

Nous vous prions de croire, madame la ministre…Source libération.

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Mardi 12 mai 2009

TF1 : démission pour Albanel ?

TOP-LOGICIEL | Elodie Do Pham | 12/5/2009 20:59:05
  L'affaire du cadre de TF1 licencié pour son opposition au projet de loi Hadopi subit bien des rebonds notamment à l'Assemblée Nationale ce mardi 12 mai où l'opposition a scandé "démission, démission" à l'adresse de Christine Albanel ministre de la Culture.

Après la suspension d'un mois du directeur adjoint du ministère de la Culture, c'est au tour de Christine Albanel d'être sur la sellette.

Directement visée par l'opposition ce mardi à l'Assemblée Nationale, la ministre a vu des hordes de parlementaires de gauche scander "démission, démission" à son encontre car la proximité entre la société télévisée TF1 et le gouvernement commence à prêter à confusion.


Lors de la séance de questions au gouvernement, Michel Françaix député socialiste et spécialiste des médias lui a demandé si elle était "fière d'appartenir à un gouvernement qui prône la collusion avec les médias".
Ce a quoi madame Albanel a simplement répondu qu'elle regrettait l'envoi de cet email à la direction de TF1 dont elle n'avait bien entendu pas été informé. Ajoutant qu'elle venait d'ailleurs de sanctionner le délateur avec une suspension de 1 mois et qu'elle avait pris ses responsabilités dans cette affaire.

L'opposition n'a pas hésité à la huer et à lancer à Françoise de Panafieu "balance" puisqu'elle était la destinataire initiale de cet email et qu'elle l'avait transféré au délateur Christophe Tardieu. Cet email avait ensuite été envoyé à la direction générale de TF1 qui a ensuite renvoyé l'émetteur du message.

Pendant ce temps, Bourreau-Guggenheim le cadre licencié affirme avoir été renvoyé sur demande du cabinet de la ministre de la Culture et non pour faute professionnelle.
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