Mardi 30 juin 2009

Laporte, Jégo, Boutin : les ex-ministres se rebiffent


Laporte allume Kouchner et Dati, Boutin s'estime « victime d'un délit de sale gueule » et Jégo songe à écrire un brûlot. Ambiance.

Bernard Laporte, Yves Jégo et Christine Boutin (Audrey Cerdan / Reuters)

Il y a ceux dont le départ était prévu ou attendu, et ceux qui sont tombés des nues. Mardi dernier, quelques minutes avant l'annonce du remaniement, certains ministres n'ont que très peu goûté le coup de téléphone (ou l'absence de coup de téléphone) leur annonçant qu'ils étaient débarqués du gouvernement. Depuis, ils répandent leur rancœur dans les médias.

« Pour eux, je n'avais pas les codes, pas le vernis »

La mise au point la plus cinglante est incontestablement à mettre à l'actif de Bernard Laporte. Le désormais ex-secrétaire d'Etat aux Sports, déjà déchargé quelques mois plus tôt du portefeuille de la Jeunesse au profit de Martin Hirsch, s'est remis à multiplier les plaquages, ce lundi dans Paris Match. Dans son viseur, le toujours ministre des Affaires étrangères, ainsi que l'ancienne garde des Sceaux :

« Il y a ceux qui ont considéré que je ne faisais pas partie de leur monde. Pour eux, je n'avais pas les codes, pas le vernis, pas les réseaux, je n'existais pas. Bernard Kouchner, par exemple, ne m'a jamais dit bonjour, jamais adressé la parole. Pour lui, j'étais transparent.

Avec Rachida Dati, cela n'a pas été plus facile. Il y a eu cette histoire… Des bruits couraient [qu'il était le père de son enfant, ndlr] qu'elle faisait mine d'ignorer. Je me demande même si elle n'en était pas à l'origine. (…) Elle a choisi d'en rire. Rachida, du moment qu'on parle d'elle, elle est contente. C'est une personne très fausse. »

Il est loin le temps où Bernard Laporte marchait bras dessus bras dessous avec la ministre de la Justice dans les jardins de l'Elysée, lors de la dernière garden-party du 14 Juillet… Entretemps, le secrétaire d'Etat a effectivement été des plus « transparents », mis à part pour créer la polémique, notamment après les sifflets qui ont accompagné « La Marseillaise » avant France-Tunisie en octobre.

Sa sortie du gouvernement s'est pourtant réalisée en douceur. S'il règle aujourd'hui ses comptes, ce n'est pas avec Nicolas Sarkozy ou François Fillon, qu'il « remercie ». Bernard Laporte a appris son limogeage lors d'un entretien de dix minutes mardi avec Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée. Le Président et le Premier ministre l'ont ensuite appelé, révèle Le Parisien. Il a même été reçu le lendemain par François Fillon. De quoi s'imaginer un avenir en politique :

« Les régionales de 2010 en Aquitaine ? Pourquoi pas. Xavier Darcos [candidat UMP malheureux à la mairie de Périgueux] et Alain Juppé [maire UMP de Bordeaux] sont d'accord. »

« J'attends toujours le coup de téléphone de François Fillon »

Christine Boutin n'a pas eu le droit à tant de déférence. Et elle n'a pas pris de pincettes pour faire savoir, ce lundi matin au micro d'Europe 1, qu'elle a été « traitée de façon inhumaine » :

« J'ai appris mon jetage au journal de 20 heures de TF1. (…) J'attends toujours le coup de téléphone de François Fillon, je suis vraiment choquée de son attitude. » (Voir la vidéo)


Il faut dire que celle qui s'estime « victime d'un délit de sale gueule » pensait rester. La représentante de la frange catholique de la droite confiait encore à La Croix début juin que sa « présence au sein de la majorité est indispensable » :

« Je crois que le Président, qui a un sens politique très fin, l'a intégré. Je représente une sensibilité qui ne comprendrait pas que Nicolas Sarkozy me remercie, tout en gardant Nadine Morano. »

Raté ! Mais sa colère pourrait effrayer Nicolas Sarkozy et le pousser à lui attribuer un lot de consolation. Après avoir laissé filer la tête du conseil général des Yvelines, elle fait aujourd'hui savoir qu'elle se verrait bien ambassadrice de la France au Vatican.

« J'espérais un traitement plus humain »

Son courroux, Yves Jégo, lui, l'a laissé s'exprimer dès le jour de l'annonce du remaniement. Sur sa page Facebook, l'ancien secrétaire d'Etat à l'Outre-mer exultait : « Yves Jégo mesure le véritable pouvoir d'un certain patronat et se prépare pour de nouveaux combats… » Celui qui jure qu'il ne va pas se priver d'exploiter sa « liberté de parole retrouvée » ne pensait plus devoir faire ses cartons.

Passé le désastreux épisode des grèves en Guadeloupe, sa responsabilité avait fini par être atténuée. Manque de budget pour répondre aux revendications, signes contraires donnés par Matignon, absence totale de sa ministre de tutelle, Michèle Alliot-Marie…

Mais les organisations patronales « békés » auraient tout de même fini par avoir sa tête. Une thèse accréditée jeudi par le leader des manifestants en Guadeloupe, qui s'opposait alors au ministre, Elie Domota lui-même, sur France Inter :

« D'après les bruits de couloirs, d'après les rumeurs, il semblerait que le patronat ait eu sa tête, entre guillemets. (…) Cela prouve la connivence qu'il peut y avoir entre les békés et certains acteurs du pouvoir central. »

Fidèle parmi les fidèles de Nicolas Sarkozy, au premier plan depuis la campagne présidentielle de 2007, Yves Jégo est logiquement amer. « J'espérais un traitement plus humain », glisse-t-il dans Le Parisien, avant d'évoquer l'hypothèse de la sortie d'un livre. A ranger, à n'en pas douter, au rayon des pamphlets.

Par Gaullisme populaire :Daniel Hentzé - Publié dans : Gouvernement. - Communauté : La communauté des Gaullistes .
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Lundi 29 juin 2009

Les virés du gouvernement Fillon: l'indécente indécence des indécents?


 
Info d'un posteur invité par la rédaction Le Post. Info d'un chroniqueur invité par Le Post.
L'opinion exprimée n'engage que son auteur.

 

Ce matin j'ai enduré la longue complainte de la malheureuse Christine Boutin sur Europe 1. Nouvellement ancienne ministre, elle était venue dire que son départ du gouvernement avait été brutal et François Fillon mal élevé because qu'il devait lui téléphoner pour lui dire ce qu'il en était le mardi fatidique et qu'il ne l'a jamais fait.

Pauvre Christine! Et pauvre Yves (Jego) et pauvre André (Santini) et pauvre Bernard (Laporte) et pauvre Christine (Albanel)... Pauvres ministres virés comme des salariés de Caterpillar, de Continental, de Michelin, virés comme tant et tant de cadres, employés, ouvriers dans la France d'aujourd'hui et qui s'émeuvent, geignent, pleurent parce que François n'a pas téléphoné, François n'a rien dit...

photos MaxPPP/Corbis Montage Le Post

photos MaxPPP/Corbis Montage Le Post

 

Méchant François! vilain François! Ce matin, Christine Boutin a même raconté que son successeur à peine nommé (attention, c'est inqualifiable!) voulait s'installer dans le très bel Hotel parisien qui abritait son ministère! Vous vous rendrez compte! C'était son luxe à elle! Non, vraiment! Bouh! Qu'il est vilain, le DRH de l'entreprise Gouvernement... Méchant François! Vilain François! Et tout ça devant tout le monde, dans une indifférence générale!

Heureusement, il y a le DG Guéant, lui, il est plus sympa. Il a un peu téléphoné. Pas à tout le monde. A certains seulement.

Et puis, ils sont à plaindre tous ces virés sans ménagement. Comme ce pauvre Jégo qui se retrouve à la rue et demeure, malgé tout, fidèle au Chef de l'Etat: "Je reste fidèle au PDG même si je regrette que le marketing l’emporte sur les ressources humaines" dit-il... Triste chute... Yves Jego retrouvera son siège de député le 24 juillet prochain... Député... Un petit boulot minable... Comme André Santini, qui lui aussi peut redevenir député, ce petit boulot minable... Comme Christine Albanel qui a déjà refusé la Villa Médécis, trop cheap, et veut autre chose... Comme Bernard Laporte à qui on offre des pubs en or dans le privé ou le PSG (peut être), encore des petits boulots minables... Comme Christine Boutin qui pourrait aussi reprendre ce petit boulot minable de député mais à qui le DG de la boîte propose l'ambassade de France auprès du Saint-Siège à Rome... Evidemment, c'est pas terrible... Rome, la Villa Bonaparte...

Imaginez un peu les conditions de travail de notre ex-ministre du Logement...

Un batiment même pas neuf...

 

Un intérieur désuet, dénué de confort moderne...

 

Si c'est ça la nouvelle vie de Christine Boutin bientôt, je veux bien la plaindre moi aussi... Il aurait pu téléphoner François non? Méchant François! Vilain François! Et puis tiens, tant qu'on y est: Méchante République!

Par Gaullisme populaire :Daniel Hentzé - Publié dans : Gouvernement. - Communauté : La communauté des Gaullistes .
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Vendredi 26 juin 2009

Remaniement. Pourquoi Alliot-Marie est à la Justice

26 juin 2009

 

A moins de trois mois du procès Clearstream, la nomination de Michèle Alliot-Marie à la Justice semble s'expliquer. Sa position, pourrait, en effet, lui permettre d'éviter d'être entendue comme témoin.

Le diable se niche dans les détails, dit-on parfois. Si la nomination de Michèle Alliot-Marie comme garde des Sceaux peut apparaître comme une promotion (MAM est désormais «ministre d'État»), c'est aussi et peut-être surtout un joli coup de dague dans le dos de Dominique de Villepin, deux mois avant le procès Clearstream, qui doit s'ouvrir en septembre. Le 18juin dernier, le tribunal correctionnel de Paris a convoqué les parties en cause afin d'organiser les débats. Il a notamment demandé aux uns et aux autres d'indiquer quels seraient les témoins cités. Les avocats de Dominique de Villepin lâchent le nom de Michèle Alliot-Marie... Rappelons que cette dernière à l'époque de la fabrication des faux listings était alors ministre -chiraquienne- de la Défense. Pas trop mal placée, a priori, pour être informée de ce sulfureux dossier, alors même que le fameux général Rondot, qui dépend de son ministère, travaille à démêler cette intrigue empoisonnée.

Entendue comme témoin

Une position d'observatrice privilégiée qui vaudra à Michèle Alliot-Marie d'être entendue deux fois comme témoin par les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons. L'une de ces auditions durera onze heures. Sans grande surprise, la ministre expliquera peu ou prou avoir découvert l'affaire et la mise en cause de Nicolas Sarkozy dans la presse. Un témoignage très important pour Dominique de Villepin. Car si l'ex-ministre de la Défense, avec tous les moyens d'informations dont dispose le titulaire d'un tel poste, affirme avoir tout ignoré, voilà qui conforte la défense de l'ex-Premier ministre, qui soutient la même chose. Ce bel effet d'audience n'aura vraisemblablement pas lieu. Pas simple pour la garde des Sceaux de témoigner. Cela nécessiterait au moins l'aval du Conseil des ministres, autrement dit de Nicolas Sarkozy. Lequel est la principale partie civile du procès...

  • Bakchich.info Le télègramme.com
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Jeudi 25 juin 2009

Les mal-logés perdent leur portefeuille

Créé le 25.06.09 à 07h44 | Mis à jour le 25.06.09 à 07h44 20 minutes

Benoist Apparu participe pour la première fois à un gouvernement.
Benoist Apparu participe pour la première fois à un gouvernement./ HADJ / STEVENS / VILLARD / SIPA

A l'heure où un portefeuille de l'Espace rural est créé, celui du Logement, pourtant central, disparaît. Le ministère de plein exercice dont Christine Boutin était titulaire jusqu'à mardi est en effet remplacé par un secrétariat d'Etat au Logement et à l'Urbanisme, forcément plus modeste, puisque placé sous la tutelle d'un tiers. Les associations de mal-logés sont furieuses. Pour Patrick Doutreligne, de la Fondation Abbé-Pierre, c'est la douche froide : « Comment un tel sujet, qui représente un quart du budget des Français, peut-il se retrouver aussi sous-évalué ? C'est scandaleux, surtout en pleine crise immobilière. »

La nomination à ce poste de Benoist Apparu, jeune loup de l'UMP, laisse les spécialistes dubitatifs. « Mis à part qu'il en possède sans doute un, que connaît Benoist Apparu au logement ? Sans doute pas grand-chose », ironise le collectif Jeudi noir. Il est vrai que son CV (lire l'encadré) ne laisse a priori présager aucun intérêt spécifique pour cet univers. Alors qu'il appartient à neuf groupes d'études à l'Assemblée nationale, il n'est pas membre de celui baptisé « Construction et logement », pourtant rejoint par 81 de ses homologues. En outre, le collectif Jeudi noir s'est amusé à taper les mots « logement » et « urbanisme » sur le moteur de recherche du site du député de la Marne. Rien. Et il ne s'est pas particulièrement fait remarquer lors du passage du projet de loi Boutin de « mobilisation pour le logement » à l'Assemblée, en février dernier. « Il est, semble-t-il, ambitieux et intelligent. Mais il va lui falloir au moins trois à six mois pour s'imprégner des dossiers », s'inquiète Patrick Doutreligne. Au moins, son ministre de tutelle, Jean-Louis Borloo, qui détenait le maroquin de l'Emploi, de la Cohésion sociale et du Logement avant l'arrivée de Nicolas Sarkozy à la présidence, est-il déjà familier du secteur. Tant mieux : c'est lui qui s'exprimera au Conseil des ministres, le secrétaire d'Etat n'y étant convié que si l'ordre du jour le concerne. 

Laure de Charette
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Jeudi 25 juin 2009

Quand Christian Estrosi démissionne-t-il de la mairie de Nice?



Par birenbaum

Info d'un posteur invité par la rédaction Le Post. Info d'un chroniqueur invité par Le Post.
L'opinion exprimée n'engage que son auteur.

 

C'est une petite vidéo sévère (fabriquée et mise en ligne par PipperStef). Elle reprend des images datant du 13 mars 2008.

Nous sommes alors à trois jours des élections municipales.

En pleine dernière ligne droite de la campagne électorale, Christian Estrosi, qui s'y connaît en ligne droite, et qui craint de perdre l'élection, confirme publiquement, devant militants et électeurs, qu'll démissionnera bien du gouvernement s'il est élu maire.

Il faut préciser qu'Estrosi, qui est alors Secrétaire d’Etat en charge de l’Outre-Mer (depuis le 19 juin 2007), vient tout juste de se tirer de quelques "soucis", en raison de sa location onéreuse d'un avion.

En gros (et en détail...), le Canard Enchaîné a révélé, le 6 février 2008, que le secrétaire d'Etat a modifié au dernier moment l'organisation d'un déplacement à Washington (le 23 janvier 2008), pour participer à un «pot» à l'Elysée. Dans ce but, ses services ont loué un avion privé pour 138 000 euros...

Dans ce contexte tendu et comme l'élection est disputée, Christian Estrosi, en meeting,  ne peut plus finasser.

Place au montage de PipperStef...

Beau discours non ?

Un tel volontarisme, une tel désintéressement, de telles convictions, mises au service d'une ville et d'elle seule (ou presque...) ne se contestent pas !

Surtout lorsque les paroles sont suivies d'actes !

Le lendemain de l'élection, en effet, le secrétaire d'État, élu le 16 mars 2008, avec 41,33 % des suffrages, démissionne bien du gouvernement ! Et il lance à ses collaborateurs réunis : "Je serai dans quelques jours le seul nouveau maire UMP d'une très grande ville française, j'entends m'y consacrer de toutes mes forces, de toute mon âme et de tout mon coeur".

Moi je dis : chapeau bas !

Le respect de la parole donnée aux électeurs est une vertu si rare en politique qu'il faut en faire état systématiquement !

Surtout qu'en matière de cumul des mandats, généralement, les promesses des politiques  n'engagent que ceux qui les croient...

J'en étais donc là.

Et puis, lundi soir, Claude Guéant a donc annoncé la composition du nouveau gouvernement Fillon Sarkozy.

Et là, surprise !

"Mon" Christian Estrosi est rappelé !

Et cette fois, en plus,  carrément comme ministre, auprès de la ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi, chargé de l’Industrie !

Eh bien, moi, cher(s) lecteur(s), je n'ai pas l'ombre d'un doute, contrairement à l'auteur du montage vidéo ci-dessus.

Je ne peux pas imaginer l'espace d'un seul instant que Christian Estrosi, cet homme de parole, va renier la promesse solennelle faite aux Niçois, il y a à peine plus d'un an !

Ce n'est pas possible !

C'est donc juste être une question d'heures ou bien "d'intendance" !

Mais, puisqu'il a accepté cette nouvelle nomination au gouvernement...

...Christian Estrosi, l'homme de parole qui affiche justement ce montage photo à la "une" de son blog ...

...Christian Estrosi, l'homme de parole qui a lancé aux Niçois, le soir de son élection : "Je veux simplement vous dire Niçoises et Niçois : Je vous aime. Je vous donnerais le meilleur de moi-même. Je ne vous tromperais pas. Je ne vous trahirais pas. Je veux te dire à toi Nice ma ville, je t’aime du plus profond de mon cœur. A partir de ce soir, on va se mettre au travail pour que Nice devienne une grande ville. Ensemble, ce soir, Nice entre dans le temps du changement"...

...Christian Estrosi, l'homme de parole, va évidemment annoncer sa démission de la mairie de Nice !


Comment ?

Ça va mettre combien de temps ?


 

Par Gaullisme populaire :Daniel Hentzé - Publié dans : Gouvernement. - Communauté : Communauté de l'opposition
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