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Jeudi 28 janvier 2010 4 28 /01 /Jan /2010 19:18

Sans-abri et travailleurs sociaux manifestent main dans la main

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le 28.01.2010 04h00 LYON PROGRES

Pour la première fois, les salariés du Samu social 69 sont en grève aujourd'hui. Le mouvement touche aussi des centres d'hébergement d'urgence et accueils de jour. Tous dénoncent des remises à la rue de SDF « illégales »


Les camionnettes du Samu social 69 ? Au garage ! Pas de rondes prévues aujourd'hui dans l'agglomération de Lyon et c'est historique : pour la première fois, une grève totale a démarré la nuit dernière à minuit chez les personnels de l'association Régis, chargés de la maraude auprès des sans-abri.

Elle doit prendre fin ce soir à la même heure. Il n'y a pas que ces professionnels à entrer dans ce mouvement inédit qui vise à obtenir plus de moyens pour l'accueil et la réinsertion des personnes privées de toit (la loi interdisant les remises à la rue sans proposition de relogement durable n'est selon eux pas respectée).

Des travailleurs sociaux des centres d'hébergement d'urgence et des accueils de jour feront eux aussi, et pour les mêmes raisons, partie des grévistes, que soutiennent des syndicats (CGT, CFDT, FSU, Unsa, Solidaires) et des associations militantes telles que Les Enfants de Don Quichotte, l'Association lyonnaise pour l'insertion par le logement et la Fondation Abbé-Pierre.

Tous doivent se retrouver lors d'un rassemblement à partir de 14 heures cet après-midi, rue Dunoir, devant la préfecture, à Lyon. Plus exceptionnel encore : la présence annoncée de sans-abri. « Nous les avons prévenus à l'avance de ce mouvement en leur disant qu'on se battait pour eux et ils perçoivent très bien notre action » assure Baptiste Meneghin, salarié du Samu social 69. Cette grève devrait entraîner, selon ses organisateurs, la fermeture pour la journée de plusieurs accueils de jours, dont le CAO (Lyon 7e), le Relais SOS (Lyon 8e) et La Rencontre (Croix-Rousse).

Impossible de savoir si le fonctionnement du numéro « 115 » (gestion des places d'urgence) sera affecté : les responsables du Foyer Notre-Dame des Sans-Abri n'ont pu être joints hier en fin d'après-midi. S'agissant de la maraude, le directeur de la Cohésion sociale du Rhône, Gilles May-Carle, indique au Progrès que, compte-tenu de la grève, « un contact a été pris avec la Croix-Rouge pour que le cas échéant, ses équipes veillent au grain en soirée ». Pompiers et policiers seront toujours là pour les urgences éventuelles.

En réponse aux revendications des grévistes, Gilles May-Carle rappelle qu'un foyer d'hébergement supplémentaire a été ouvert mi-janvier à l'ex-clinique Monplaisir de Lyon, soit une soixantaine de places d'urgence supplémentaires, pour un total qui approche le millier, « ce qui est supérieur à la moyenne ». « Nous faisons tout pour améliorer les choses et même si tout n'est pas parfait, personne ne dort dehors » souligne-t-il. Des nuits d'hôtels sont débloquées chaque fois que nécessaire. Les grévistes affirment eux qu'au moins une centaine de personnes restaient encore lundi sans solution d'hébergement pour la nuit. Ils demandent la pérennisation du foyer de Monplaisir au-delà d'avril et la création d'un centre supplémentaire qui ne soit pas, comme celui-ci, réservé aux seules femmes avec enfants.

Nicolas Ballet

Par Gaullisme populaire :Daniel Hentzé - Publié dans : Paris solidarite metro. - Communauté : LES EXCLUS EN FRANCE
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