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Nicolas Sarkozy en compagnie de roi Abdallah d'Arabie Saoudite, le 17 novembre à Riyad
Les revers de fortune aussi bien personnels que professionnels continuent de poursuivre Nicolas Sarkozy. Son étoile ne brille plus
comme au moment de son arrivée au palais de l’Elysée en mai 2007, quand les Européens comptaient sur lui pour sortir la France de l’immobilisme des années Chirac. Désormais, son activisme
n’impressionne plus ni en France ni à l’étranger.
L’insistance de Nicolas Sarkozy pour se faire accompagner par des chefs d’entreprise lors de ses voyages irrite beaucoup de monde en France. Certains y voient un abus de pouvoir. Aucun de ses
prédécesseurs n’avait joué aussi ouvertement à l’agent commercial pour des sociétés dirigées par des amis. Or ceux-ci comptent beaucoup sur le marché saoudien, riche en argent et en
opportunités. A l’occasion de ce voyage, Paris espérait notamment conclure un accord de coopération dans le domaine du nucléaire civil, portant sur un montant de plus de 40 milliards de
dollars, mais Riyad semble faire doucement marche arrière sur le sujet. Et il faut savoir qu’une proposition semblable avait déjà été rejetée par Abou Dhabi.
Loin de parler des sommes faramineuses en jeu, les journalistes qui ont pu capter des confidences ont compris que les Saoudiens étaient loin d’être enchantés par la politique moyen-orientale de
la France. Ils lui reprochent de vouloir tout et son contraire. Elle voudrait obtenir d’énormes marchés en Arabie Saoudite, alors qu’elle a par ailleurs œuvré à la réduction de l’influence de
celle-ci au Proche-Orient, en poussant le régime syrien à se monter du col face aux pays arabes modérés [Arabie, Egypte, Jordanie] et en réconfortant d’autres pays dont on connaît la propension
à contrecarrer Riyad, ouvertement ou par des voies détournées [allusion au Qatar].
Les Arabes regrettent le temps où la France était leur plus fidèle allié occidental, comme ce fut le cas pendant quarante années sous les prédécesseurs de M. Sarkozy. Les rapports avec les pays
du Golfe restent froids, malgré les efforts français de les réchauffer à partir du Qatar. Un léger froid s’est installé avec Abou Dhabi depuis que Paris n’a pas donné suite au souhait de
Mohamed bin Zayed Al-Nahyan [le prince héritier des Emirats arabes unis] de faire une halte à Paris sur sa route vers Washington. Côté français, il a dû se contenter d’une entrevue avec
l’ambassadeur de France alors les Américains lui ont réservé un accueil de quasi-visite d’Etat, avec des rencontres au plus haut niveau, y compris avec Barack Obama. La même attitude a dicté la
conduite du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner qui, lors d’une réception organisée par l’ambassade de France à Riyad, a décrit la situation saoudienne en termes fort peu
diplomatiques, ce qui lui a valu une réponse cinglante d’un des responsables saoudiens présents.