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Colloque européen d'Histoire

De Gaulle, Vendroux et le gaullisme en Calaisis

mercredi 24.11.2010, 06:00

Jean-Marc Guislin Jean-Marc Guislin

Plusieurs interventions, au cours du 8e colloque européen d'Histoire, ont permis d'aborder, sous des angles divers, la question des liens entre le général de Gaulle, le Calaisis et la famille Vendroux.


Dans sa communication sur "le gaullisme dans le Calaisis de 1944 à 1973", l'universitaire lillois Jean-Marc Guislin s'est plu à souligner les liens affectifs qu'entretenait le général de Gaulle avec sa région natale et plus particulièrement avec Calais et la famille de son épouse. Des séjours sur la Côte d'Opale avaient déjà marqué la jeunesse de Charles de Gaulle. Après une rencontre, il s'est vite fiancé puis marié avec la Calaisienne Yvonne Vendroux, dont le frère, Jacques, a su se faire apprécier au point de devenir un confident et "le plus fidèle des compagnons". C'est le général de Gaulle qui a invité Jacques Vendroux à s'engager dans la vie politique, et les deux hommes ont suivi dès lors un itinéraire parallèle. Dans le Calaisis, les résultats gaullistes ont été très liés aux succès du général de Gaulle, après 1958 surtout. Mais après 1969, si les campagnes restent gaullistes, Calais change de bord politique au profit de la gauche, du moins jusqu'aux dernières municipales de 2008.



Jérôme Pozzi, de l'université de Nancy, a montré à quel point Jacques Vendroux avait pu être un proche de son beau-frère : on peut même le présenter comme "un gaulliste intransigeant". Devenu maire de Calais en 1945, Jacques Vendroux adhère au MRP et se fait élire député la même année. Mais au sein du parti démocrate-chrétien, il se montre foncièrement gaulliste. Après la création du RPF en 1947, Vendroux, voix officieuse de son beau-frère, s'affirme très "orthodoxe" dans le mouvement gaulliste. S'il n'est pas réélu en 1956, Jacques Vendroux triomphe, en même temps que le général de Gaulle, en 1958. Il demeure, dans le sillon tracé par de Gaulle, défenseur de la souveraineté nationale et anti-intégrationniste. Vendroux s'intéresse plus à la politique étrangère qu'aux questions de parti : il préside d'ailleurs la commission des Affaires étrangères à l'Assemblée nationale. L'échec du référendum de 1969 est "une blessure" pour le député de la 7e circonscription du Pas-de-Calais. Très réservé vis-à-vis de Pompidou, il poursuit néanmoins son mandat jusqu'à son terme en 1973, mais il devient franchement hostile au président Pompidou qu'il considère comme "un Judas, un traître, un renégat".

Ainsi Vendroux est-il toujours resté "dans la droite ligne de la pensée gaullienne", jouant, du temps du général de Gaulle, un rôle d'intercesseur avec les parlementaires. Son fils, Jean-Philippe Vendroux, élu à Saint-Pierre et Miquelon, s'est opposé lui aussi à Pompidou et s'est retiré, autre preuve que "le gaullisme est avant tout une affaire de famille".



Des liens affectifs

Jean-Henri Gardy, des Amis du vieux Calais, a bien montré la qualité des rapports humains entre Charles de Gaulle et Jacques Vendroux, et la profondeur des liens familiaux, même si, dans ces familles bourgeoises, on n'en faisait pas étalage, bien au contraire. Il a souligné que l'union de Charles et Yvonne, fiancés en novembre 1920, était bien une affaire d'amour. Le mariage religieux à Notre-Dame en avril 1921 consacre aussi le rapprochement entre deux familles "bien pensantes" qui s'apprécient. Le vouvoiement est certes de rigueur, mais les visites sont fréquentes, les échanges épistolaires nombreux, et les relations familiales denses et chaleureuses.

Charles de Gaulle et son épouse Yvonne se rendent en visites privées à Coulogne à plusieurs reprises dans les années 1950. Jacques Vendroux, que de Gaulle appelle "mon cher Jacques", est pour lui un ami et un confident : il est son "antenne en province". C'est un homme du monde, plein de tact et de savoir-vivre, plus diplomate que véritable politique. Il n'en participe pas moins à l'oeuvre de son beau-frère, sans jamais faire appel à un quelconque favoritisme, et ce rigorisme plaît au général.

Magali Domain, professeur agrégée, a pour sa part commenté les voyages officiels du général de Gaulle à Calais en 1945, 1959 et 1966. Elle a souligné, elle aussi, le "rapport sentimental" entre de Gaulle et Calais, surtout, bien sûr, après son mariage. Il s'efforce néanmoins de toujours bien distinguer ce qui relève de la vie personnelle, au caractère privé et intime, de la vie politique officielle. Cela ne l'empêche pas, dans un discours, de prononcer les mots qui révèlent, allusivement, ses sentiments.

Lorsqu'il vient, en libérateur, à Calais, le 12 août 1945, de Gaulle est accueilli triomphalement. Nord Littoral, dont le premier numéro du 22  décembre 1944 montrait une photo de lui à la Une, est dithyrambique. Le discours de l'homme du 18 juin est acclamé par la foule qui chante avec lui "La Marseillaise". Une marée humaine l'accompagne dans sa traversée pédestre du boulevard Jacquard. Il dîne au théâtre sur des nappes de dentelle, mais son épouse Yvonne n'est pas du voyage. C'est alors qu'il suggère à son beau-frère de se présenter aux élections législatives.

Le deuxième voyage officiel, le 14 septembre 1959, est lui aussi triomphal. Comme en 1945, des dizaines de milliers de Calaisiens attendent la visite de celui qui est devenu le président de la 5e République. Cette fois, Yvonne est à ses côtés. Mais c'est sans lui qu'elle visite la maternité de la rue Verte et l'asile des Petites Soeurs des Pauvres.

Le 26 avril 1966, l'ambiance n'est plus la même et la visite est brève : trois heures seulement. Le président arrive en hélicoptère, visite le stade du Souvenir, la piscine Emile Ranson et Notre-Dame, dont il dit qu'elle "revient de loin". Après le CET de l'avenue Blériot, il expérimente brièvement l'hovercraft. Yvonne visite, quant à elle, la crèche. Mais on est loin de l'enthousiasme des précédents voyages, même si le souvenir du général de Gaulle demeure à Calais, jusqu'à aujourd'hui encore.

Bernard COMYN

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Commentaires

Nous devons jamais oubliés,qu'un bon Français lutte,et cette maxime,c'est pleinement réalisé en la personne du Général de Gaulle.Il faut redonner à la France,la place qu'elle doit occupé.Ce qui est triste,et sa c'est vérifié,de Gaulle avait parler de tout ceux qui allés ou voulaient lui succéder,ce de son camp,qui ce disent Gaulliste,"Qu'ils aimaient trop l'argent" donc,trés peu d'intérèt pour la France.

Commentaire n°1 posté par penarbed le 20/08/2011 à 15h42
 
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