Partager l'article ! La mobilisation se fait surtout avec la base populaire, pas seulement avec les parlementaires: 31/01 | 12:34 | mis à jour à 12:49 | Pierre-Alai ...
Opération remobilisation. Devant les parlementaires de la majorité, reçus à huis clos ce midi à l'Elysée, Nicolas Sarkozy s'est appliqué à convaincre ses troupes du bien-fondé de sa stratégie.
Sa stratégie face à la crise, après les réformes annoncées dimanche soir à la télévision. Sa stratégie politique surtout, alors que les derniers sondages publiés aujourd'hui montrent qu'il a perd encore du terrain face à François Hollande à moins de trois mois de la présidentielle. « On me dit suicidaire. Je suis le suicidaire le plus en forme de France », a-t-il lancé, selon des propos rapportés sur Twitter par des députés présents. « Le bras ne doit pas trembler à quelques semaines de l'échéance présidentielle », a-t-il plaidé, se posant une fois encore en « président courage ». « Comment voulez-vous après avoir dit que nous sommes devant un mur, attendre tranquillement les élections ? La présidentielle ne se joue pas avec des petites décisions. Notre boussole est : qu'est-ce qui est bon pour la France », a-t-il plaidé, se disant convaincu que « le peuple français est plus courageux que ses élites ».
Nicolas Sarkozy en a profité pour tacler François Hollande, qui s'est engagé à abroger la TVA sociale s'il est élu, qualifiant l'augmentation de la TVA de 1,6 point d'« inopportune, injuste, infondée et improvisée ». « On ne va pas se laisser donner des leçons par ceux qui ne proposent que des impôts », a fustigé le chef de l'Etat, ironisant : « Hollande dit qu'il faut attendre septembre pour prendre des mesures. Ca donne envie aux chômeurs de voter pour lui ? Vous voyez le président de la République dire ‘'il y a des élections, on ne fait rien'' ? ». Le chef de l'Etat a justifié sa décision de ne « pas se presser » pour se déclarer candidat. « Le débat se fait à partir de nos idées (...) Et parfois, l'attente fait monter le désir », a-t-il assuré, demandant toutefois à la majorité de l'épauler et de davantage relayer ses propos. Et de promettre, en épinglant le peu de souffle de la réunion du Bourget par rapport à sa propre prestation en janvier 2007 : « Vous allez voir ce que vous allez voir... ». « Je suis déterminé comme jamais », a-t-il lancé, reprenant une formule de son émission de dimanche soir. Pour la sénatrice Chantal Jouanno, qui a évoqué de « gros applaudissements » à l'issue de son intervention, Nicolas Sarkozy a été « bien meilleur qu'à la télévision ».