Le président du Sénat, Gérard Larcher, et le secrétaire d'Etat à l'Emploi, Laurent Wauquiez, veulent réfléchir au modèle social français. Ils organisent ce jeudi un colloque sur le sujet pour se faire entendre.
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Comme Gérard Larcher, Laurent Wauquiez veut redéfinir un modèle social pour la droite.
Quel point commun entre un vieux renard et un jeune loup? Ils savent renifler les belles prises. A quelques jours d'intervalle, Gérard Larcher, 60 ans, président du Sénat, et Laurent Wauquiez, 34 ans, secrétaire d'Etat à l'Emploi, organisent un colloque sur le social (respectivement, le 26 novembre et le 8 décembre).
La crise leur fournit un prétexte pour renouveler cette question permanente: la France est-elle capable de conclure un pacte social (Larcher) ou de redéfinir les frontières du social (Wauquiez)? "Notre modèle est très utile par les temps qui courent, mais n'a pas réussi à établir des liens de confiance entre patronat et syndicats", explique Gérard Larcher.
Lui-même a tenté de gravir cet Everest en faisant adopter une "loi de modernisation du dialogue social" (janvier 2007), quand il était ministre délégué à l'Emploi du gouvernement Villepin. Elle a un peu amélioré les choses, sans parvenir à implanter cette culture du compromis, propre à l'Europe du Nord. Ce n'est pas faute de l'avoir étudiée! Tout ministre français de la santé, du travail ou du social fait le déplacement à Stockholm, Amsterdam, Copenhague ou Berlin.
Une énergie militante controversée
LEXPRESS.fr
Gérard Larcher regrette le manque de liens de confiance entre patrons et syndicats.
Parrainé en politique par un chrétien-démocrate, Jacques Barrot, Wauquiez veut en perpétuer l'héritage, mais également exister: le maire du Puy ambitionne de devenir la voix de la voie sociale à droite.
Il réunit régulièrement une trentaine de parlementaires UMP, férus de social, comme Gérard Cherpion (Vosges), Michel Thiollière (Loire) ou Valérie Rosso-Debord (Meurthe-et-Moselle). "Alors que nous nous sommes décomplexés sur le coeur de nos valeurs -la sécurité- nous ne l'avons pas fait dans ce domaine, explique-t-il. Sauf en singeant la gauche. Nous devons penser autrement, par des dispositifs individualisés et évalués, et en répondant aux problèmes des classes moyennes."
Cette énergie militante, respectable, risque d'alimenter une polémique soulevée le 20 novembre par Le Monde, qui reproche à Wauquiez d'organiser un meeting UMP plus qu'un colloque du gouvernement, pourtant bailleur de fonds. Car les travaux sont clôturés par Xavier Bertrand, présenté pour ce qu'il est actuellement: secrétaire général de l'UMP.
Wauquiez affirme que c'est l'ancien ministre du Travail (mai 2007- janvier 2009) qui est invité et non le patron d'un parti de la majorité. Il plaide la qualité des intervenants (Nicole Notat, Jean-Claude Mailly, Michel Camdessus, etc.) et... la maladresse. Preuve que les jeunes loups sont moins prudents que les vieux renards.