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Les militants socialistes ont massivement validé les candidatures aux régionales, plébiscitant notamment le controversé président du Languedoc-Roussillon, et validant la liste de l'Essonne, dont Dray a été écarté.
Le président (divers gauche) de la région Languedoc-Roussillon, Georges Frêche, à Montpellier, le 1er septembre (AFP/ PASCAL GUYOT)
Ce sont les deux casse-tête du PS pour la composition des listes aux régionales, que les militants ont validé jeudi. Ils s’appellent Georges Frêche et Julien Dray. Le premier, président sortant de la région Languedoc-Roussillon et candidat à sa succession, a été plébiscité par les socialistes locaux, forçant Solférino à mettre de l’eau dans son vin. Et le second, écarté de la liste de l’Essonne en attendant une embellie judiciaire, toujours furieux après la direction du PS, règle ses comptes.
Au lendemain du vote militant qui a conforté sa candidature comme tête de liste en Languedoc-Roussillon à plus de 80% - 87% dans l’Hérault -, Georges Frêche ne s’est pas privé de fanfaronner: «Oui, je suis satisfait», a-t-il dit à l’AFP, tout en assurant ce résultat «acquis depuis longtemps».
Exclu du PS en 2007 suite à se sorties sur l’équipe de France de football et les harkis, il raille la myopie de Solférino: «A Paris, ils ont du mal à comprendre que les gens m’aiment. [...] On m’a taillé à Paris une image de dictateur, mais je suis dictateur de rien du tout.» Et de continuer son pied de nez aux dirigeants socialistes: «Moi qui n’ai jamais été un mitterrandiste forcené, je trouve que Mitterrand, à côté de l’équipe actuelle, c’était un grand Monsieur. C’était quelqu’un qui connaissait la France.»
«L’équipe actuelle» est forcée de s’incliner. Le porte-parole du PS, Benoît Hamon, a ainsi reconnu que le parti «prend acte» et «tiendra compte» du vote des militants qui «ont choisi massivement de s’incrire derrière Georges Frêche». «Nous allons en discuter d’ici le 12 décembre», date de la convention nationale à Tours qui doit définitivement ratifier les listes et lancer la campagne, a-t-il annoncé, rappelant la priorité: «Il est clair que l’objectif principal, c’est de garder la région à gauche, que nous tiendrons compte du vote des militants et que nous allons aujourd’hui discuter avec nos partenaires (de gauche) pour permettre un rassemblement.»
Une décision qui a horripilé Arnaud Montebourg, qualifiant d’«inacceptable» le soutien «d’une manière directe ou indirecte» à la candidature à Frêche. Selon le secrétaire national du PS à la rénovation, «d’autres solutions existent et sont prêtes» et la convention nationale du 12 décembre «devra donc, sans transiger, les rechercher et les faire aboutir». Il conclut en appelant à défendre «avec constance les valeurs d’antiracisme, de rejet des discriminations sous toutes leurs formes, de respect des personnes, des êtres humains et des lois de la République».
Quant au député de l’Essonne, Julien Dray, écarté en raison de ses démêlés judiciaires, il se pose en victime, dans un long billet sur son blog, se défendant d’avoir pris ses camarades «en otage». «On me reproche encore d’avoir politisé mon affaire, voire d’avoir instrumentalisé le parti socialiste dans mes soucis judiciaires. C’est avoir la mémoire un peu courte!», écrit Julien Dray, dénonçant «un comportement incompréhensible à [son] égard depuis plusieurs mois».
Visé depuis un an par une enquête préliminaire sur des mouvements de fonds suspects, à partir de comptes de l’association Les Parrains de SOS Racisme et de l’organisation lycéenne Fidl, Dray, cogne tous azimuts: «Si l’on pense que je gagne trop d’argent, alors on doit ouvrir le débat sur les rémunérations de tous les élus, des 577 députés, des 343 sénateurs, des 78 députés européens notamment.» Et dément en bloc les accusations/soupçons: «tout ce qu’on a pu dire d’autre sur mon train de vie, mes dépenses folles, ma fièvre acheteuse, mon amour du luxe, est une somme de mensonges, fondés sur la mise en scène de sommes fausses et farfelues.»
Dans l’Essonne, où Dray, vice-président sortant du conseil régional d'Ile-de-France, veut maintenir sa candidature, la liste conduite par Carlos Da Silva, premier fédéral du département, a été adoptée «à plus de 70%».