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Le président Nicolas Sarkozy a déjeuné lundi pendant plus d'une heure avec Jean-Claude Mailly, réélu samedi secrétaire général de Force Ouvrière, au restaurant Laurent, avenue Gabriel, à proximité de l'Elysée, a constaté une journaliste de l'AFP.

 

"On a des grands changements à faire et c'est tout à fait normal de discuter avec les représentants des grandes organisations syndicales", a déclaré M. Sarkozy à l'issue du déjeuner. Jean-Claude Mailly, "un homme pour qui j'ai du respect, m'a expliqué ses lignes rouges, ce qu'il pensait, ce qui s'était passé au congrès" de FO, qui s'est déroulé la semaine dernière à Lille.

"C'était très intéressant, chacun est dans son rôle. J'ai l'intention que la prochaine fois ce soit lui qui m'invite à déjeuner", a conclu dans un sourire le chef de l'Etat. Et le leader de FO de répondre: "Oui, mais pas dans le même restaurant".

Le leader de FO, arrivé à la mi-journée à l'Elysée, en était ensuite ressorti avec le chef de l'Etat, et les deux hommes s'étaient rendus à pied au restaurant.

Jean-Claude Mailly a indiqué que le déjeuner a été "une confrontation de points de vue" dans une "ambiance décontractée", au cours de laquelle il a fait part de l'analyse de FO sur les retraites, les régimes spéciaux, le malaise des fonctionnaires, le service minimum ou encore Airbus.

"M. Sarkozy a confirmé sa volonté d'avancer dans les réformes et d'avoir un véritable dialogue (...) des contacts directs avec moi comme avec d'autres, pas simplement des syndicalistes", selon lui. "Qu'il puisse avoir en direct la réaction d'un responsable syndical, je trouve ça plutôt bien sur la forme, après ce n'est pas lui qui va prendre les décisions sur tout", a-t-il ajouté.

Interrogé sur un risque d'instrumentalisation, le secrétaire général de FO a rétorqué : "ça a toujours existé les contacts entre un leader syndical et le président de la République. Marc Blondel avait mangé avec François Mitterrand et Jacques Chirac".

M. Mailly avait indiqué lundi matin, sur i-TELE, qu'il déjeunerait le même jour avec le chef de l'Etat, soulignant qu'"on ne négocie pas avec le président de la République" mais qu'"on donne son avis sur une série de choses".

Nicolas Sarkozy, dont plusieurs projets de réformes sont contestés par les syndicats, n'a cessé de montrer des égards envers les leaders des organisations syndicales depuis son élection.

Il a ainsi reçu fin mai les numéros un de la CGT, de la CFDT, de FO, de la CFTC et de la CFE-CGC à l'Elysée lors de rencontres bilatérales avec les organisations syndicales et patronales, après les avoir rencontrés entre son élection et son entrée en fonction, une première dans l'histoire de la Ve République. le monde.

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