Partager l'article ! Restons fidèles au secteur public.: Libéralisation de l’énergie : quel avenir ? Le 1er juillet marquera l ...
Le 1er juillet marquera la libéralisation de l’énergie pour les particuliers : ils pourront ainsi choisir en toute liberté leur fournisseur de gaz et d’électricité. Tout comme les professionnels, les particuliers pourront ainsi choisir leur fournisseur d’énergie.
Depuis 1946, EDF et GDF ont la mainmise sur le secteur énergétique en France et rares sont les personnes qui croient à un "grand soir de l’énergie".
Fonctionnement du système, impact sur les tarifs... sont autant d’interrogations qui persistent.
Selon les spécialistes du secteur, la totale libéralisation du marché de l’électricité et du gaz ne devrait pourtant pas avoir de grand impact en France.
Les principaux acteurs de l’ouverture de ce marché à la concurrence se veulent rassurants : Pierre Gadonneix, P-DG d’EDF, a expliqué qu’en restant fidèle à EDF, les clients feraient "le choix de la fiabilité tout en ayant une énergie non émettrice de Co2".
De son côté, Poweo, dirigé par Charles Beigbeder, assure ses prédictions concernant le nombre de 100.000 clients résidentiels atteints à la fin de l’année : il convoite ainsi d’ici à 2010, 4 à 5 % du marché de l’électricité, et autant de celui du gaz. Direct Energie, filiale du groupe de trading Louis-Dreyfus, garantit quant à lui le démarrage de son offensive commerciale dès septembre. Pour Suez, c’est l’assurance d’un passage de sa part de marché de 8.5 à 15 %.
En ce qui concerne l’ouverture du marché du gaz à la concurrence, Gaz de France désire fidéliser ses 7 millions de clients au chauffage. Altergaz cible quant à lui la clientèle des entreprises depuis l’entrée d’ENI, groupe pétrolier italien.
Côté prix, la France imposera des tarifs réglementés jusqu’en 2010 suite à la transposition de la directive européenne. Sécurité supplémentaire uniquement valable pour les entreprises : le vote par le Parlement d’un "tarif de retour" destiné aux entreprises ayant opté pour le marché libre mais se plaignant de la libéralisation des prix. Notons cependant que si les entreprises ont accès au ticket retour leur permettant de revenir vers EDF et GDF, il n’en sera pas de même pour les particuliers.
Notons que les dernières ouvertures de marché à la concurrence ont seulement attribué à EDF la perte de 2 % de ses clients entre 2005 et 2006. UFC-Que choisir avait en effet fortement conseillé de rester fidèles aux contrats encadrés par les pouvoirs publics, comptant parmi les plus bas d’Europe. Car pour les clients industriels, la note est salée : une augmentation de laur facture de 75,6 % entre 2001 et 2006 et de 48 % au cours de la seule année dernière, selon NUS Consulting.
Charles Beigbeder, patron de Poweo, offre pourtant un forfait garanti sur trois ans et 10 % moins cher que le tarif bleu d’EDF. Ce « sacrifice financier » a pour but de fidéliser de nouveaux clients. Toutefois, Fabien Choné, l’un des fondateurs de Direct Energie, dénonce l’accord établi entre EDF et Powéo visant à fournir à ce dernier l’électricité nucléaire au prix de détail, beaucoup moins élevé que les tarifs proposés par l’opérateur sur le marché international. Rappelons que Fabien Choné a traîné EDF devant le Conseil de la concurrence en vue d’avoir accès, comme Poweo, à cette « rente nucléaire ». La décision du Conseil qui est en attente marquera peut-être un nouveau tournant...
Côté consommateur, plusieurs éléments sont à retenir : le changement de contrat est gratuit, est établi sans interruption de service et sans changement de compteur. Le tarif de l’énergie est toutefois rattaché au lieu de consommation et non au client. Lors d’un déménagement dans un logement auparavant occupé, le consommateur peut garder une offre au tarif réglementé si et seulement si le précédent occupant a également conservé ce tarif. Sinon, il sera contraint de souscrire une offre de marché. source agoravox.