Jeudi 3 mai 2007

Châteaubourg la "bayrouiste" en plein doute Reuters

Au lendemain du débat entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, Châteaubourg, bourgade bretonne proche de Rennes qui a porté François Bayrou en tête du premier tour, doutait toujours.

A l'image de la Bretagne, où le candidat centriste a dépassé de 3,5 points son score national le 22 avril, cette petite ville de 5.600 habitants a accordé 28,38% de ses voix à François Bayrou, qui devançait ainsi ses rivaux de l'UMP et du PS.

Dix jours et deux débats télévisés plus tard, les Castelbourgeois sont plongés dans la perplexité ou, pour certains, se préparent à faire le grand saut politique.

"J'ai toujours voté UDF, donc plutôt à droite, mais pour la première fois j'ai fait un petit bout de chemin vers Ségolène Royal. D'ailleurs, ses idées ne sont pas toutes de gauche", confie Joseph, ancien ouvrier dans une laiterie locale.

Ce retraité de 73 ans regrette que le débat télévisé entre les deux finalistes ne lui ait pas permis d'arrêter son choix, même s'il salue une confrontation "plus ouverte, plus sereine" et avec "moins d'invectives" que par le passé.

"Chacun a des propositions intéressantes et je me déciderai au dernier moment", dit ce centriste convaincu qui souligne avoir été déçu du ralliement de Pierre Méhaignerie, député de la circonscription, à l'UMP et au camp de Nicolas Sarkozy.

En ces terres de démocratie-chrétienne, l'importance du vote centriste n'est pas une surprise. Mais à Chateaubourg, presque à égale distance entre Rennes, la socialiste, et Vitré, fief de l'ancien Garde des sceaux passé à l'UMP, les consciences sont peut être plus partagées qu'ailleurs.

"Je trouve aussi bien Ségolène Royal que Nicolas Sarkozy un peu extrêmes dans leur style et j'aimerais bien une coalition comme en Allemagne. C'est pourquoi j'ai voté Bayrou", explique Mickaëlle, une couturière de 39 ans.

"Les deux candidats du second tour me font peur, Ségolène Royal pour les questions économiques, Sarkozy pour ses manières trop brutales. Je serais quand même plutôt pour Ségolène, mais le débat télévisé m'a fait douter d'elle", ajoute t-elle.

A Châteaubourg, où sont installées plusieurs entreprises d'agro-alimentaire et qui accueille de nombreuses familles travaillant à Rennes ou Vitré, ce ne sont en tout cas pas les élus qui ont influencé les électeurs.

MUNICIPALITÉ ARC-EN-CIEL

Le maire de la ville, Virginie Kles, 45 ans, se défend d'avoir jamais appartenu à un parti et se montre fière d'une municipalité arc-en-ciel, qui compte des adjoints aussi bien socialistes, Verts ou UMP.

"Ce secteur est resté très centriste et l'électeur n'a toujours pas compris pourquoi Pierre Mehaignerie avait suivi Sarkozy", remarque cette chercheuse en toxicologie qui a seulement rendu public son choix "personnel" au second tour pour la candidate socialiste.

"D'après ce que j'ai entendu dire, certains ont aussi seulement voté Bayrou parce qu'ils espéraient ainsi barrer la route au candidat de l'UMP au second tour", précise t-elle.

Parmi les Castelbourgeois qui ont voté pour le candidat centriste, certains électeurs de gauche ont fait ce choix faute de croire suffisamment dans les capacités de Ségolène Royal à diriger le pays. Comme Vincent, 38 ans, agent commercial pour une entreprise de systèmes de sécurité.

"Je ne pouvais pas voter à droite et le programme de Bayrou m'a plu. Au second tour, je voterai à gauche mais ce sera sans enthousiasme et d'abord contre Sarkozy qui me fait peur avec tous les changements qu'il veut apporter", explique t-il.

Professeur d'anglais, Astrid, 40 ans, se montre plus radicale et, après avoir longtemps voté à gauche, se dit déçue du socialisme depuis le gouvernement de Lionel Jospin qui a fait de la France "un pays d'assistés".

"J'ai voté Bayrou pour éviter gauche et droite. Pour le second tour, je ne sais pas. J'aurais aimé que le débat télévisé m'aide à choisir mais il ne m'a rien apporté. J'hésite encore. Je pourrais aussi bien voter pour Nicolas Sarkozy", dit-elle.

Au bar "Les 3 couleurs", le patron, 54 ans, qui vote "toujours au centre" parce qu'il y a "de bonnes idées des deux côtés" se rendra aux urnes dimanche sans le moindre état d'âme.

"Je voterai blanc. Je n'ai plus rien à voir avec les deux personnes en lice", assure t-il après avoir précisé qu'il avait "zappé" mercredi soir à la télévision entre le débat et la demi-finale de la Ligue des champions de football.

Par Gaullisme populaire et Social . Daniel Hentzé - Publié dans : l'évènement du jour,
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Commentaires

Virginie Klès n'a jamais appartenu à un parti ? En seconde position sur la liste PS aux sénatoriales, ce n'est pas appartenir à un parti politique peut-être ? Il y en a assez de ces opportunistes qui prennent leurs concitoyens pour des demeurés et qui n'ont même pas la personnalité d'afficher leurs opinions ( si tant est qu'ils en aient, peu probable dans le cas de Madame Klès )
Commentaire n° 1 posté par Lebrun le 06/09/2008 à 19h41
 
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