Partager l'article ! La candidature de José Bové tourne au ridicule une vrai Chienlit .: José Bové fera-t-il campagne du fin fond de sa cellule? ...
Présidentielle. Quatre mois de prison: la peine du candidat antilibéral a été confirmée hier par la justice.
Paris / MATHIEU VAN BERCHEM
Publié le 08 février 2007
L'air de cette campagne est anti-parisianiste et plutôt populiste. Chaque candidat l'interprète à sa façon. François Bayrou tient presque tous ses meetings en province et dénonce le «système» médiatique. Ségolène Royal en appelle au peuple de France pour définir son programme. A ce petit jeu, José Bové écrase tous ses adversaires. C'est au fond d'une cellule qu'il pourrait mener campagne. Sa condamnation à quatre mois ferme, pour arrachage de maïs transgénique, vient en effet d'être confirmée par la Cour de cassation.
La prison, Bové connaît bien. Il y a déjà passé quelques mois, pour avoir détruit en 1999 le McDonald's de Millau. Son incarcération plutôt musclée, les photos le montrant menottes aux poignets avaient alors construit sa notoriété, bien davantage que ses trente années d'engagement au Larzac, de syndicalisme agricole et de défense du roquefort. L'ancien porte-parole de la Confédération paysanne maîtrise parfaitement la valeur des symboles. Sans cela, il ne fumerait plus la pipe et se serait rasé ses bacchantes depuis des lustres. De là à le soupçonner de vouloir tirer profit de sa situation de «prisonnier politique» et de «martyr» du «régime»… «Je ne connais personne qui joue sur la privation de liberté pour se faire un coup de pub», assure-t-il.
La justice tranchera. Le juge d'application des peines pourrait le laisser en liberté jusqu'à la présidentielle. José Bové a prévenu qu'il refuserait de porter un bracelet électronique, alternative possible à la prison. Ce qui est sûr, c'est que cet arracheur récidiviste d'OGM cherche un créneau pour se faire entendre, dans une gauche antilibérale déjà très riche en candidats. Les militants la rêvaient unitaire, rassemblée après le succès du «non» au référendum sur la Constitution européenne. Le rêve s'est brisé sur les réflexes partisans. Les trois B partiront en campagne, chacun de leur côté: la communiste Marie-George Buffet, le facteur trotskiste Olivier Besancenot et José Bové.
L'atout de l'homme à la pipe? Son côté «société civile». Le fait aussi qu'il fédère sur son nom des engagements assez variés: un peu d'écologie, un brin de révolte, un bon zeste de ruralité bien gauloise, une louche de combat propalestinien. Une diversité porteuse, mais qui peut être aussi synonyme de confusion. Autant le radicalisme de Besancenot ne fait aucun doute, autant Bové, malgré son charisme, sème le doute: sur ses convictions environnementales, sur son éventuel ralliement, au second tour, à Ségolène Royal. SOURCE LA TRIBUNE DE GENEVE