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Selon un sondage CSA publié mardi dernier, 98% des Français jugent que la question du chômage est “un thème important ou tout à fait prioritaire”.

“On croit toujours que cela n’arrive qu’aux autres. Et puis quand il s’agit de faire la queue à l’ANPE, on redescend sur terre.” Cela fait deux mois qu’Erwan, 43 ans, a été licencié de son poste de cadre dans l’aéronautique. Depuis, il se rend rue Blanche, à Paris, pour “pointer”. “Mon handicap, aujourd’hui, c’est mon âge. Mon expérience et ma polyvalence ne pèsent pas assez pour un employeur qui peut embaucher un jeune qui lui coûtera moins cher.” La présidentielle ? “Pour moi, les candidats, c’est bonnet blanc et blanc bonnet. C’est au monde de l’entreprise qu’il faut s’attaquer, en diminuant la pression fiscale et en aidant les PME. Bien que j’aie le cœur à gauche, je ne peux pas voter pour une candidate dont le parti a saccagé le temps de travail en France.”

Sauvegarde des droits
Christian Girardon, lui, n’est pas de cet avis. Sa candidate, c’est Ségolène Royal. Pour ce Marseillais de 56 ans, “Chirac n’a rien fait pour les gens de petite condition et Sarkozy ne fera rien de plus”. Bénéficiaire du RMI et au chômage depuis deux ans, après des années d’intérim, il n’attend toutefois pas grand-chose du futur président : “Ce que je veux, c’est qu’on conserve nos droits pour le chômage.” Même en matière d’emploi, Christian Girardon est plutôt désabusé: “Royal comme Sarkozy ne peuvent rien pour l’emploi.” La solution est, selon lui, plus globale et passe par une harmonisation des charges sociales pour éviter le dumping des pays de l’UE où la main d’œuvre est bon marché.

Le travail avant tout
Antoine, 21 ans, a abandonné ses études d’anglais à la fac. C’est avec un bac littéraire en poche que ce jeune homme volontaire pousse les portes de l’ANPE de Lille “pour découvrir le monde du travail”. Satisfait de son premier rendez-vous avec son conseiller, qui a su lui “donner des pistes pour les formations”, Antoine vient de décider de changer son projet professionnel pour l’animation commerciale. “J’ai trouvé par moi-même la plupart des jobs. J’ai l’impression que les employeurs préfèrent payer au noir plutôt que de s’engager dans des démarches compliquées via l’ANPE”, témoigne-t-il. Son choix pour la présidentielle ira à celui – ou à celle – qui aura une solution pour améliorer l’“accès au monde du travail” dès le lycée.

La tentation du départ
Aminata, 27 ans, vit à Lyon, mais elle a le regard tourné vers le Sénégal. Elle désespère de trouver du travail en France et elle a des propositions là-bas. “Quand j’ai obtenu mon Dess en droit en 2004, je me suis rendue à l’ANPE pour un poste de juriste d’entreprise.” Après avoir envoyé une centaine de lettres, obtenu vingt-cinq réponses et décroché deux entretiens, elle s’est découragée. Elle prépare aujourd’hui un doctorat, en continuant à chercher. “J’ai deux amies juristes qui ont décroché rapidement leur premier job en Angleterre et aux Etats-Unis et qui gagnent correctement leur vie. Il y a plus d’opportunités ailleurs.”

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