NOUVELOBS.COM | 22.06.2009 | 12:09
Le gouvernement avait prévenu à plusieurs reprises qu'il n'y aurait pas de "coup de
pouce" en plus de la hausse légale du salaire minimum, et ce pour la troisième année consécutive.
Le ministre du Travail, Brice Hortefeux, a clairement laissé entendre que le gouvernement était opposé à un coup de pouce au salaire minimum, dont le niveau sera
réévalué le 1er juillet. (Reuters)
Le Smic sera revalorisé de 1,3% au 1er juillet,
passant de 8,71 euros par heure à 8,82 euros, a annoncé lundi le ministre du Travail Brice Hortefeux, selon deux syndicats. En revanche, aucun "coup de
pouce" supplémentaire n'a été décidé par le gouvernement.
Le gouvernement réunissait ce lundi la Commission nationale de la négociation collective (CNNC), au ministère du Travail à Paris, en présence du ministre du Travail et des
partenaires sociaux.
Le gouvernement avait prévenu à plusieurs reprises qu'il n'y aurait pas de "coup de pouce" en plus de la hausse légale du Smic, et ce pour la troisième année consécutive.
Depuis l'arrivée de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République le salaire minimum n'a pas connu de véritable augmentation mais seulement des hausses automatiques légales en 2007 et
2008.
Le Smic "nuit aux plus défavorisés"
Il en donc de même cette année, ce que déplorent les syndicats qui ont mis cette revalorisation dans leur plate-forme commune de revendications lors des cinq journées de mobilisation interprofessionnelle unitaires qui ont eu lieu depuis le 29 janvier.
S'agissant du "coup de pouce", le ministre du Travail avait cité la semaine dernière la commission d'experts réunie sur le sujet pour la première fois cette année -avec simple avis consultatif-
qui a conclu, selon Brice Hortefeux, que "les hausses soutenues du Smic avaient surtout pour effet d'évincer de l'emploi les travailleurs les plus fragiles, à commencer par les
jeunes, les parents isolés (...) et les personnes sans qualification". Brice Hortefeux a précisé que "le gouvernement n'a pas l'intention de prendre une mesure qui, en réalité, nuirait beaucoup
aux plus défavorisés".
Calcul légal
Nicolas Sarkozy avait annoncé dès février dernier qu'il n'y aurait pas de revalorisation cette année, affirmant que "si on augmente le Smic, il y a 83%", des
salariés qui ne sont pas payés au Smic "qu'on laisse de côté". Le Smic a été revalorisé de 0,9% le 1er juillet 2008, soit huit centimes brut de plus de l'heure, passant à 8,71 euros, soit un
montant mensuel brut pour un salarié aux 35 heures de 1.321,02 euros, (1.037,53 euros net).
Les huit syndicats (CGT, CFDT, FO, CGC, CFTC, UNSA, FSU et Solidaires) à l'origine des journées de mobilisation interprofessionnelle, estiment que le gouvernement doit "revaloriser le Smic, les
minima sociaux, les pensions et les retraites", et "conditionner toute aide publique, tout allégement de cotisations sociales" aux entreprises "à des contreparties mesurables en matière d'emploi,
de qualification et de rémunération". Selon la CGT, l'absence de "coup de pouce" démontre "l'injustice sociale flagrante qui tient lieu de politique sociale à ce
gouvernement".
"Revalorisation du Smic à 1.600 euros"
"Tandis que les rémunérations des dirigeants d'entreprise atteignent des sommets injustifiables, que les employeurs continuent à bénéficier de 30 milliards d'euros annuels d'allégements de
cotisations sociales sans contreparties, mesure qui à la fois grève les finances publiques et maintient 50% des salaires du privé
à moins de 1.500 euros par mois, le gouvernement fait reposer sur des millions de salariés faiblement rémunérés, souvent en emploi précaire et partiel,
l'essentiel du poids de la crise", explique l'organisation syndicale dans un communiqué.
"Non seulement l'augmentation significative du Smic n'est pas contraire à l'emploi mais elle est de nature à favoriser la sortie rapide de la récession", estime encore la CGT qui réclame "la
revalorisation du Smic à 1.600 euros et la répercussion de cette augmentation sur les grilles et les salaires".
"Belles déclarations"
L'annonce de la revalorisation du Smic intervient le jour du discours de Nicolas Sarkozy devant les parlementaires en Congrès à Versailles, où le président devrait notamment revenir sur la
crise.
Après un discours à la tonalité sociale devant l'Organisation internationale du travail (OIT) à Genève le 15 juin, plusieurs syndicats
français ont appelé le chef de l'Etat à "ne pas se contenter de belles déclarations" (CFE-CGC, CFDT) ou pointé la contradiction avec les réformes conduites en France (CFTC).
Si pour les syndicats, le Smic est une arme anti-crise, un groupe d'experts, consulté pour la première fois cette année, a conforté le gouvernement dans son idée qu'augmenter le Smic au-delà du
minimum légal nuirait à l'emploi. (Nouvelobs.com)