Sa toile de tente est plantée là, entre les rails de chemin de fer et la route à quatre voies. Juste derrière la gare de
Pont-Rousseau à Rezé, au sud de Nantes. Jean-Yves, comme l'appelaient les riverains, y vivait depuis une dizaine d'années. Hier matin, des joggeurs l'ont découvert. Il était allongé dans
l'herbe, inanimé. Ils ont appelé les pompiers, qui n'ont rien pu faire pour le malheureux.
D'après les premières constatations du médecin légiste, l'homme serait mort depuis plusieurs jours, une semaine peut-être. Il ne présentait pas de traces de coups. L'hypothèse d'une mort par
violence ne sera totalement écartée qu'après l'examen du corps, pratiqué aujourd'hui.
Jean-Yves, 52 ans, vivait de peu de choses. « Il allait à la pêche chaque jour pour se
nourrir »,« Il vit dans la rue depuis près de trente ans. »
Cette habitante l'a bien connu, car son père l'avait hébergé un temps. Il faisait la manche au marché, non loin de là, chaque vendredi. « On lui apportait une assiette quand on faisait des grillades. Je l'ai vu pour la dernière fois il y a une semaine
dimanche. »
« Il ne voulait pas quitter ce terrain », indique le maire de Rezé, Gilles Retière. Une friche humide en bordure de voie ferrée,
qui appartient à la commune. « Des médiateurs sociaux lui rendaient visite régulièrement, mais il refusait qu'on
l'aide. » L'épouse du maire, qui a été l'enseignante de Jean-Yves, se souvient d'un homme « solitaire, gentil, discret ».
À Rezé, un autre sans-abri avait été retrouvé mort en décembre, dans les toilettes publiques du marché. Depuis le début de l'hiver, la rue a déjà tué cinq personnes dans la métropole
nantaise.