ublié le 06/01/2009 à 17:19 - Modifié le 06/01/2009 à 18:26 Le
Point.fr
Sarkozy aux militaires français : "Vous êtes l'armée du XXIe siècle, pas du XXe
!"
Par Jean Guisnel (envoyé spécial à At Tiri, Sud-Liban)
C'est au camp UN-245 d'At Tiri (Sud-Liban) que Nicolas Sarkozy avait choisi de
présenter ses voeux aux armées © PHILIPPE WOJAZER
Dans ses voeux aux armées françaises, Nicolas Sarkozy a vanté mardi - depuis le sud du Liban -, le courage des 19 soldats
français tombés en 2008, et a refusé de considérer que dix d'entre eux, tués dans l'embuscade d'Uzbin le 18 août
, aient été des victimes. "Ces hommes n'étaient pas des victimes mais des combattants. Ils sont allés jusqu'au sacrifice suprême pour défendre ce à quoi ils croyaient, ce à quoi nous
sommes attachés, et d'abord une certaine idée de l'homme et de son irréductible dignité." Et le chef de l'État d'ajouter : "Je ne considérerai jamais la mort d'un soldat comme une fatalité
inhérente au métier des armes à laquelle il n'y aurait qu'à se résigner. Un soldat, c'est fait pour rentrer à la maison et retrouver les siens."
C'est au camp UN-245 d'At Tiri, grande base de la FINUL installée en haut d'une colline du Sud-Liban, à quelques kilomètres
de la frontière israélienne, que Nicolas Sarkozy avait choisi de présenter ses voeux aux armées. Deux signes attestent l'importance qu'il a voulu donner à cet événement : ces voeux sont les
premiers présentés en 2009 à une institution française, et c'est la première fois qu'un président de la République se rend sur un théâtre d'opérations extérieures pour les présenter. L'attaque
israélienne sur Gaza ayant bouleversé son emploi du temps, cette cérémonie s'est déroulée au milieu d'une tournée moyen-orientale imprévue qui aura conduit le président français dans la même
journée de Jérusalem à Damas, puis à Beyrouth, avant de prendre un hélicoptère pour un saut de puce à At Tiri, avant de repartir illico dans la soirée retrouver le président Hosni Moubarak à
Charm-el-Cheikh.
Les interventions extérieures de la France devant le Parlement
Devant les militaires de la FINUL et les plus hautes autorités militaires françaises, auxquels il a lancé "Vous êtes l'armée
du XXIe siècle, pas du XXe!", le chef des armées est revenu sur le Livre blanc rendu public en juin
dernier , et a insisté sur sa volonté de doter les militaires de moyens efficaces : "C'est ma responsabilité première de chef des armées de m'assurer que nos soldats disposent,
individuellement et collectivement, de l'équipement dont ils ont besoin." Nicolas Sarkozy a précisé qu'il souhaite une discussion sur les OPEX (Opérations extérieures), "pour s'assurer que nos
engagements correspondent bien à la défense de nos intérêts stratégiques, que la nature et le volume de nos contributions nous procurent bien l'effet de levier diplomatique et militaire
escompté pour apporter une solution rapide à la résolution des crises dans lesquelles nous nous impliquons".
Au-delà de la récente modification de la Constitution qui a conduit à la discussion sur l'intervention en Afghanistan le 23 septembre dernier, le Président entend que le gouvernement présente
devant le Parlement, avec un débat, les positions de la France sur les interventions extérieures. Il a moqué les opposants à la modification de la Constitution : "Je me félicite que ceux-là
mêmes qui ont refusé de voter cette nouvelle disposition soient aujourd'hui souvent les plus prompts à en demander l'application."
Sur l'Europe de la défense, qui fut un des axes de la présidence française de l'Union européenne, Nicolas Sarkozy a affirmé : "L'Europe, ce doit être la mutualisation de ce qui marche, pas de
ce qui ne marche pas. L'Europe doit ajouter, pas retrancher. Je le dis clairement : je ne veux plus de programmes européens dont l'objectif principal pour certains participants est moins de
répondre aux besoins opérationnels de nos armées que d'acquérir des capacités industrielles et technologiques insuffisamment maîtrisées." Concernant l'OTAN, Nicolas Sarkozy a pris rendez-vous
pour les 3 et 4 avril prochains lors du sommet de Strasbourg/Kehl : "Ce sera un grand moment d'amitié franco-allemande, d'unité européenne et de partenariat transatlantique."