Lundi 29 décembre 2008 1 29 /12 /2008 00:57

"Positifs" et "lucides". La crise dictera à Nicolas Sarkozy ses voeux pour 2009, une année sous tension où il aura à affronter une économie au rouge et un moral des Français dans le noir.

La crise dictera à Nicolas Sarkozy ses voeux pour 2009, une année sous tension où il aura à affronter une économie au rouge et un moral des Français dans le noir. (Reuters/Thierry Roge)

La crise dictera à Nicolas Sarkozy ses voeux pour 2009, une année sous tension où il aura à affronter une économie au rouge et un moral des Français dans le noir. (Reuters/Thierry Roge)

Le chef de l'État, de retour à Paris lundi après un séjour au Brésil, devrait réaffirmer sa volonté de garder le cap des réformes structurelles, malgré la tourmente, lors de ses voeux télévisés aux Français le 31 décembre au soir.

La priorité - conjoncturelle - reste toutefois à la relance face aux menaces de croissance négative au premier semestre.

"Nicolas Sarkozy n'a pas varié : il faut moderniser le pays, le rendre plus compétitif et efficace, il faut aller jusqu'au bout des réformes", explique un ministre du premier cercle.

Grenelle II, loi sur le logement, refonte territoriale, réformes de l'hôpital, de la sécurité intérieure, de la justice et du système pénitentiaire, loi de programmation militaire sont au programme.

"Pour faire passer ça dans l'opinion publique, il faut une très grande présence aux côtés des Français, aller sur le terrain, les écouter", précise ce ministre.

Aussi Nicolas Sarkozy déclinera-t-il des voeux thématiques pour parler, en situation, de l'économie, de la sécurité, de la santé, de l'éducation, de la culture et du sport.

Les cérémonies traditionnelles débuteront le 5 janvier avec les voeux au gouvernement et aux corps constitués, jusqu'au corps diplomatique le 16 janvier. Le 6 janvier, le chef de l'État sera au Liban-Sud pour ses voeux aux armées, en présence du bataillon de la Finul.

Les voeux aux médias cloront ce marathon politique le 23 janvier, qui marque la conclusion des états généraux de la presse.

UNE MAJORITÉ INDOCILE

"Nicolas Sarkozy ne pourra pas faire l'économie d'une redéfinition des priorités, des finalités de son action", relève Stéphane Rozès, directeur général de l'institut de sondages CSA.

"Les Français sont contents qu'il y ait un timonier, de sa capacité à donner des à-coups face aux récifs qui arrivent, mais ils ont besoin d'avoir en tête la destination du voyage pour accepter le cabotage", dit-il à Reuters.

Dans une France qu'il qualifie d'"éruptive", le président sait devoir éviter un réformisme à tout crin, qui pourrait être perçu comme autant de coups de boutoir dans une opinion publique à vif dont les attentes sur le pouvoir d'achat ont été déçues.

L'Élysée mesure les risques de conflit social - le degré de mobilisation syndicale lors de la journée d'action du 29 janvier sera un repère déterminant - et de radicalisation de la jeunesse.

Le report de la réforme du lycée, premier recul d'importance de l'exécutif, a traduit la crainte d'une éruption à la grecque.

"Le président a dit à Xavier Darcos 'reprends-la, on la fera cette réforme, explique-la mieux, réfléchis aux modifications qu'on doit y amener'", explique un collaborateur.

Seul "le volontarisme de Sarkozy permet de donner une cohérence aux réformes mais, on l'a vu avec le mouvement lycéen, tant que ne sera pas résolue cette tension, on ne sera pas à l'abri d'à-coups dans la politique de l'exécutif", observe Stéphane Rozès.

Nicolas Sarkozy devra aussi compter avec une majorité parlementaire dont l'indocilité ira croissante avec la réforme constitutionnelle de la procédure législative, prévue pour entrer en vigueur dans le courant du mois d'avril.

La confusion qui a présidé à l'examen de la réforme de l'audiovisuel public ou du texte sur l'extension du travail dominical - ajourné à la mi-janvier - augure des écueils à venir pour le président face à des élus désireux d'enterrer le loyalisme des godillots pour la "coproduction législative".

"TRANQUILLEMENT"

Face à la fronde calculée de Jean-François Copé, Nicolas Sarkozy pourra jouer l'atout Xavier Bertrand, appelé à prendre la barre de l'UMP lors du conseil national du 24 janvier.

"En tout état de cause, Nicolas Sarkozy pense qu'il faut d'abord remettre de l'ordre à l'UMP avant de remanier le gouvernement", note un ministre.

Un remaniement en profondeur attendra très probablement l'après-européennes, qui se déroulent en juin. Un simple ajustement "technique" est prévu en janvier pour le remplacement de Xavier Bertrand. Brice Hortefeux est favori à sa succession.

"Jean-Pierre Jouyet a été remplacé par (Bruno) Le Maire (aux Affaires européennes, NDLR), ça s'est fait tranquillement. Bertrand partira, ça se fait tranquillement", dit un collaborateur du président. "Cette maladie de changer tout le temps les ministres est déraisonnable, c'est ridicule".

Aussi l'équipe gouvernementale, le Premier ministre François Fillon en tête, devrait-elle être maintenue pour affronter une mi-mandat périlleuse. Fragilisée mais défendue par Nicolas Sarkozy, Christine Lagarde resterait à Bercy pour dompter la crise.

"En cette année électorale, l'exécutif doit être suffisamment stable pour organiser une campagne", estime Stéphane Rozès. Car "l'année 2009 de Sarkozy, je la vois comme pour le pays, c'est-à-dire très instable".

Sophie Louet avec Service France l'express.

Par Gaullisme populaire et Sociaux . Daniel Hentzé - Publié dans : Nicolas Sarkozy Président de la République. - Communauté : La communauté des Gaullistes .
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil
 
Créer un blog gratuit sur OverBlog - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés