- Quelques précisions
- Bonjour madame COROLLER,
- Vous avez essayé en vain de me joindre la semaine dernière. Ce lundi 10 avril, avec la parution de votre article, je comprends mieux pourquoi. Permettez-moi de vous féliciter, pour votre perspicacité professionnelle. Elle vous a permis de me retrouver. En effet, je suis un simple citoyen anonyme. Toutefois, après la lecture de votre papier, j’éprouve le besoin de vous apporter quelques précisions. Elles devraient nuancer votre jugement.
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- Ainsi donc, vous parlez de Juifs «radicaux», séduits par Philippe de VILLIERS. Sachez madame, que 95% des Juifs qui vivent en France, sont radicaux, voire plus, selon votre étalonnage. Et nous nous en portons très bien. Mais revenons à cette navrante récupération de la manifestation du dimanche 26 février, à la mémoire d’Ilan HALIMI.
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- Le lendemain des obsèques, il y eut à Paris, une manifestation spontanée, décidée par de jeunes Juifs. Contre toute attente, malgré son caractère improvisée, elle réunit plus de cinq mille personnes. L’un de vos confères osa titrer à ce sujet « Débordements de colère aveugle ». Passons, nous avons l’habitude. Donc, dès le samedi soir du 18 février, face à l’atrocité de cet assassinat antijuif, la plupart des dirigeants des associations et mouvements juifs, tombèrent d’accord sur le principe : TOUS les habitants de France, seraient invités à manifester, dans la dignité, pour condamner cet acte. Un comité d’organisation fut constitué. J’en eus la charge, parce que je n’adhère à aucune association, et aussi, parce que j’acceptai implicitement, de jouer le rôle de fusible en cas d’insuccès. Je proposai deux choses :
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- - D’abord, une marche silencieuse, le dimanche après midi, à Bagneux, sur les lieux du supplice d’Ilan, pour montrer la détermination générale, aux voisins étrangement sourds et aveugles.
- - Ensuite, que l’appel à cette manifestation, soit fait par une autorité morale apolitique. En l’occurrence, je pensais au Grand Rabbin de France, et en son absence, au Grand Rabbin de Paris.
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- Nous eûmes rapidement l’accord officieux du grand rabbin de Paris. Le dimanche 19 et le lundi 20, plusieurs responsables nous assurèrent de la participation de leurs mouvements respectifs. En même temps, nous reçûmes le soutien de nombreux élus, contactés par des présidents de communautés juives. Dans la foulée, je fus interviewé par des média juifs, puis par l’AFP. Des sections de <?xml:namespace prefix = st1 ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:smarttags" />la LICRA avaient manifesté leurs réticences, craignant une récupération « droitière » de la manifestation. Pourtant, nous étions surpris par le silence du CRIF. Comme vous le savez, le dîner annuel du CRIF est une manifestation politico-mondaine. Dans l’après midi du lundi, quelques heures avant son diner, je fus témoin d’un incident diplomatique entre le CRIF et le Consistoire. A cet instant, le motif d’antisémitisme n’était pas encore reconnu par la Justice. J’ai de bonnes raisons de penser, que la décision du juge d’instruction Corinne GOETZMANN de retenir ce motif, a été tacitement échangée contre la non participation du CRIF à la manifestation prévue. Le mardi matin, nous apprîmes que le CRIF appelait à sa propre manifestation au Trocadéro. A ce moment, nous pouvions escompter la participation d’environ trente mille personnes, à notre manifestation à Bagneux.
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- Voulant éviter toute récupération politique, nous n’avions invité aucune personnalité d’envergure nationale. Avec une exception, nous souhaitions précisément, que Philippe de VILLIERS soit en tête du cortège, en raison de ses déclarations très claires, sur les origines du nouveau racisme qui sévit en France. A cette fin, je pris contact avec son cabinet, mardi 21 février, en début d’après midi. Et c’est précisément, pendant que j’étais en communication, qu’un membre dévoué du comité d’organisation, m’informa que le préfet des Hauts de Seine s’opposait à notre manifestation. Ne voulant pas croire aux motifs invoqués par le préfet, j’entrai personnellement, en contact avec lui.
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- Je fus surpris de l’entendre, certes. Toutefois, j’assurai le préfet DELPUECH, que je compatissais aux devoirs de sa charge, et que j’étais convaincu que les motifs qu’il avançait, n’étaient que des prétextes, retenus faute de mieux. En effet, j’ose espérer que la République Française a encore les moyens de faire respecter l’ordre et la sécurité des citoyens, à quelques kilomètres seulement du cœur de la capitale. Pour cette raison, je pense que si les services de police, et ou de renseignements, sont informés de l’existence de bandes lourdement armées (sic), capables de menacer sans pitié, une grande manifestation de citoyens paisibles, en sa qualité de représentant de l’état, le préfet dispose de tous les moyens nécessaires, pour neutraliser pareille menace. Donc, je dis au préfet que, je lui épargnerai de prendre un arrêté d’interdiction contre notre manifestation. Je précisai toutefois, que je mentionnerai les raisons qu’il avait avancées. Commencée à l’aide du web et du téléphone, notre action avorta, mardi soir 21, via les mêmes canaux. Et comme entre temps, le CRIF décida de se joindre à la manifestation de SOS-Racisme, de la LICRA, du PS, etc., nous ajoutâmes, qu’une manifestation ayant déjà eu lieu à Paris le 19 février, il n’y avait aucun intérêt à participer à une autre, en compagnie des amis politiques, des assassins d’Ilan.
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- La suite des évènements dépassa ce que nous pressentions. Restées anonymes dans la préparation de la manifestation initialement prévue, des organisations juives se joignirent par défaut, à la manifestation restante. J’appris que le MRAP aurait été accueilli vigoureusement, s’il avait eu l’impudence d’approcher la manifestation. Par contre, chez nous, mes amis et moi, fûmes stupéfaits par l’attitude scandaleuse, de ce jeune KLUGMAN et ses acolytes. Personne ne s’y attendait. Même sur place, le comité d’accueil prévu pour le MRAP, fut surpris. Il n’était pas au bon endroit, au bon moment. Dommage.
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- Donc, chère madame COROLLER, puisque vous exercez le noble métier de journaliste, et puisque vous vous intéressez aux inclinations politiques des Juifs de France, pour en informer vos lecteurs, apprenez que depuis longtemps déjà, le CRIF n’a de représentatif, que ce mot dans son nom. Voulant fédérer les organismes juifs pour tenter de jouer un rôle politique, le CRIF ne rassemble plus que des amicales perpétuant le souvenir de la Shoa, ce qui est fort honorable, mais peu dynamique. S’y ajoute, un petit paquet de groupuscules aussi marginaux que gauchisants. Ils trouvent là, une chambre d’écho à la mesure de leur vide. Proche, politiquement, du gouvernement israélien, le FSJU est l’organisme le plus important, encore membre du CRIF. Tous les autres organismes incarnant les forces vives du judaïsme en France, ne sont pas ou plus, membres du CRIF. Du Consistoire, à la Fédération des Organisations Sionistes, en passant par les associations caritatives, cultuelles, culturelles, etc.
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- Pourtant, le CRIF est l’interlocuteur politique exclusif, choisi par les différents gouvernants français. C’est sans doute dû à son étonnante aptitude à avaler les couleuvres, tout en évitant les vagues. Malgré ce tableau, peu avantageux, il faut faire une distinction entre le CRIF, et son actuel président. Humaniste et homme d’affaire talentueux, malgré ses excellentes relations personnelles avec le président de la république, Roger CUKIERMAN, s’est à de nombreuses reprises, engagé personnellement beaucoup plus loin, hors du « politiquement correct », que son Conseil beaucoup trop timoré. On ne compte plus les fois où il fut bruyamment désapprouvé par ses membres. Mais c’est encore insuffisant, pour représenter ce que pensent et ressentent la plupart des Juifs, vivant en France.
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- Donc, comme vous l’avez noté, le Consistoire, l’UPJF, le Bné Brith (sauf son président), ainsi d’ailleurs que la quasi-totalité des autres organismes juifs, sont effectivement séduits, certains même enthousiasmés, par Philippe de VILLIERS, ses propos, et son programme. Quand, le dimanche 26 février vers 17 heures, j’ai signé le communiqué de soutien à Philippe de VILLIERS, c’était officieusement, tous ceux là qui étaient derrière moi. Au point que le président du Bné Brith a dû se fendre d’un communiqué pour désavouer son prédécesseur et vice président.
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- Pourtant, derrière le ton un peu sarcastique de mes propos, vous devriez déceler une interrogation. Cette question, certains du courant politique de votre journal, commencent à la poser ouvertement, même s’ils sont encore minoritaires. Cette question, Philippe de VILLIERS est le seul homme politique français d’envergure nationale, à la poser franchement : « Pourquoi en France, autant de laxisme, de complaisance et de compromissions, envers le fanatisme musulman rétrograde et arrogant ? ». Certes, nous connaissons tous le chantage au pétrole. Certes nous connaissons tous les menaces terroristes. Certes nous préférons tous la diplomatie à l’affrontement armé. Mais, ces limites sont depuis longtemps dépassées.
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- En citant un jeune plaisantin qui ne représente aucun autre Juif que lui, vous avez un peu disserté sur la perte de repère des Juifs de France. En fait, longtemps, le courage, l’abnégation et la ténacité des Israéliens et de leur gouvernement, furent la fierté, l’admiration et l’exemple pour les Juifs de France. Hélas, depuis la tragique volte-face du précédent Premier Ministre, ce repère s’est effrité. Un chef de gouvernement qui clame aux ennemis féroces qui assaillent son pays, qu’il est fatigué de les battre, ça inspire du mépris, si on est simple spectateur, ou bien ça incite au coup d’état, si on se sent concerné. Mais ça n’est plus un exemple à suivre. Par contre, puisque nous sommes en France, c’est clairement Philippe de VILLIERS qui relève le gant contre l’hégémonisme nazislamique. Pour le moment, il est encore un peu seul. Mais de droite comme de gauche, de plus en plus de Français prennent conscience de la réalité de ses allégations. Et si en 2007 le compte n’est pas encore bon, il le sera certainement en 2012.
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- Avec mes salutations.
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- Henri DAHAN, le 10 avril 2006.
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