Vincent Peillon, l'un des proches de Ségolène Royal, a affirmé « ne pas faire acte de candidature » à la tête du Parti socialiste. Photo :
AFP
Traversés par des ambitions contraires, des désaccords, les proches de Ségolène
Royalsont sous pression et entament une semaine très compliquée.
• L'introuvable premier secrétaire du Parti socialiste.Mise au défi par François Hollande de
« proposer une orientation majoritaire », le camp Royal a bon espoir qu'un accord sera trouvé dans les deux jours sur le nom d'un premier secrétaire. C'est Vincent
Peillon, l'un des proches de l'ancienne candidate à la présidentielle, qui l'a affirmé hier.
Peut-être un peu optimiste. Ségolène Royal ne peut pas être, elle-même, candidate, car elle perdrait le soutien d'élus de grandes villes qui lui ont permis de l'emporter. Ni Gérard Collomb, le
maire de Lyon, ni Jean-Noël Guérini, le président du conseil général des Bouches-du-Rhône (Marseille), ne veulent d'un PS dirigé par un présidentiable.
Autre difficulté : les candidats de consensus, issus des rangs royalistes pour la tête du PS, ne sont pas d'accord sur la stratégie. Vincent Peillon, 48 ans, dont le nom a circulé, penche pour
une alliance avec Martine Aubry. Hier, il a affirmé « ne pas faire acte de candidature ». François Rebsamen, le Bourguignon, préfère Bertrand Delanoë. Minimisant les
divergences, Julien Dray veut « rassembler » à partir des élus de l'Assemblée.
• L'opinion contre les éléphants?Harlem Désir, proche de Bertrand Delanoë, a expliqué, hier, qu'on pouvait arriver en tête et
avoir du mal à rassembler une majorité.Peut-être le signe qu'un front du refus est en train de se constituer. Claude Bartolone, un proche de Fabius n'a pas manqué, lui aussi, de souligner le grand
écart entre la Ségolène candidate à la présidentielle et les idées qu'elle a soutenues pendant la campagne interne. Et de railler : « On ne sait plus s'il faut écouter ce qu'a dit
Ségolène Royal ou Royal Ségolène. » Un front du refus que condamne Manuel Valls et sans doute nombre de sympathisants du PS. Dans un sondage publié par le Journal du
dimanche, Ségolène Royal reste la favorite de ces sympathisants pour mener la gauche face à Sarkozy (26 % devant Strauss-Kahn et Delanoë (21 %), loin devant Martine Aubry
(11 %). Par ailleurs, 51 % des Français pensent qu'elle ferait un bon premier secrétaire, selon un sondage Viavoice pour Libération.
• Hamon toujours en piste.Fort de ses 19 %, le leader de l'aile gauche est toujours candidat au poste de premier secrétaire et n'écarte pas la possibilité ¯ pas
simple à comprendre ¯ de devenir un candidat soutenu par le camp Royal. Ségolène Royal qui continue de prôner une ouverture du PS au centre !
• Delanoë en seconde position.La motion deSégolène Royal est bien arrivée en tête, avec 29,58 % des votes des militants, selon un document interne au PS, mais c'est
dorénavant la motion Delanoë qui arrive en seconde position avec 25,35 % des votes. Elle devance d'une courte tête la motion Aubry (24,68 %) donnée jusqu'à présent à égalité. Pour obtenir
les résultats définitifs, il manque encore la zone Pacifique, la Martinique et la Guadeloupe. Par ailleurs, Martine Aubry conteste les résultats de La Réunion où Bertrand Delanoë l'a emporté avec
58 % des voix et où elle n'a obtenu que 2 %.