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Véronique Davienne d’ATD-Quart Monde.
Recueilli par TONINO SERAFINI Libération.
A l’origine de la Journée mondiale du refus de la misère (commémorée tous les ans le 17 octobre) ATD-Quart Monde s’interroge sur la modification du baromètre auquel veut procéder le gouvernement pour quantifier le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté monétaire (lire ci-dessous). Pour Véronique Davienne, déléguée nationale adjointe d’ATD-Quart Monde, cette nouvelle mesure proposée par le haut commissaire aux Solidarités Martin Hirsch est criticable.
Si on appliquait ce baromètre à la période 2000-2005, il en ressortirait une diminution de 22 % du nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté monétaire. Or les associations engagées dans lutte contre l’exclusion n’ont pas du tout constaté cela sur le terrain. La précarité a tendance à empirer.Les gens nous disent que la vie est de plus en plus dure. Les produits de base et les charges incontournables (loyers, énergie…) ont fortement augmenté. Cet indicateur nous laisse donc perplexe. Pour la période 2000-2005 la baisse de la pauvreté n’a été que de 3 % en utilisant l’indicateur actuel.
Martin Hirsch a fait du RSA le fer de lance de la politique gouvernementale de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Il a envie que ça marche, et nous aussi. Encore faut-il que le mode d’évaluation et le calcul statistique ne soient pas contestables.
ATD-Quart Monde a beaucoup bataillé pour que la mesure de la pauvreté ne repose pas uniquement sur des critères monétaires. Il est indispensable de prendre en compte d’autres mesures : l’accès au soin, au logement, à l’emploi, à l’éducation à la formation. Il est important aussi d’observer l’évolution du surendettement ou de l’illettrisme. Ces indicateurs nous conviennent.