Jeudi 2 octobre 2008

PARIS (Reuters) - Par Noëlle Mennella

Sanofi-Aventis annonce un projet de réorganisation de ses activités en France qui devrait se traduire par la suppression de 927 postes.

Cette restructuration touchera 817 postes dits "de terrain" (visiteurs médicaux et directeurs régionaux) et 110 postes au siège du quatrième laboratoire pharmaceutique mondial.

Ce dernier emploie environ 100.000 personnes dans le monde dont près de 28.000 en France. Sa force de vente dans l'Hexagone compte 3.432 personnes dont 2.481 oeuvrent sur le terrain tandis que 951 sont salariés au siège à Paris.

La direction de Sanofi-Aventis s'est engagée auprès des organisations syndicales "à limiter au maximum les licenciements secs", mais celles-ci constatent d'ores et déjà que le sort de près de 200 visiteurs médicaux reste en suspens.

De fait, la direction de Sanofi-Aventis a déclaré jeudi en comité d'entreprise que les suppressions de postes de terrain passeraient pas 150 départs volontaires, 272 cessations anticipées d'activités, 161 postes vacants non remplacés et qu'elle prévoyait de créer 47 nouveaux métiers.

La perte des 110 postes au siège devrait s'effectuer par des cessations anticipées d'activité.

"Près de 200 personnes dans la visite médicale se trouvent dans une situation délicate", commente Florence Faure, déléguée syndicale CFDT. A la CGT, Thierry Bodin évoque "une casse sociale sans précédent qui fait craindre des licenciements".

La direction du groupe a présenté aux organisations syndicales - qui s'attendaient à près de 800 suppressions de postes de visiteurs médicaux mais pas à celles qui vont frapper le siège - trois explications.

"On nous a dit que les mesures étaient justifiées par la politique de santé dans le monde, et particulièrement en Europe, par la générification de produits et par l'arrivée plus difficile de nouvelles molécules", rapporte Florence Faure.

"L'ESSENTIEL C'EST LA SANTÉ... FINANCIÈRE"

Dans un communiqué, Sanofi-Aventis a indiqué que son projet "de sauvegarde de la compétitivité" vise "à mettre en place une organisation qui tienne compte des nouveaux enjeux de l'environnement".

Le groupe a ainsi évoqué "la montée en puissance rapide des génériques, la révision des conditions d'accès au marché, les nouvelles exigences pour reconnaître l'innovation, la pression sur les prix du médicament".

Plusieurs centaines de salariés se sont rassemblées jeudi dans plusieurs sites du groupe à l'appel d'une intersyndicale (CFDT, CGC, CFTC, CGT, FO, Pharmacadres, Solidaires, UNSA,

USAPIE).

Sur les banderoles déployées devant le siège à Paris, le message le plus souvent envoyé contestait le fondement des mesures annoncées au regard des profits réalisés.

"L'essentiel c'est la santé... financière", proclamait l'un d'eux, ajoutant un adjectif au slogan publicitaire du groupe.

Pour le deuxième trimestre 2008, Sanofi-Aventis a publié un bénéfice net part du groupe de 1,6 milliard d'euros (-4,4%) sur un chiffre d'affaires de 6,7 milliards d'euros (-3,6%).

Parmi les manifestants, plusieurs salariés dénonçaient aussi les conditions financières accompagnant le prochain départ de Gérard Le Fur de la direction générale du groupe et celles qui devraient être proposées à son successeur Chris Viehbacher.

"Nous n'avons pas de parachute. Il faut organiser la lutte", ont scandé les manifestants.

L'intersyndicale doit se réunir dans l'après-midi pour définir les suites à donner à leur mouvement.

Le britannique GlaxoSmithKline a lui aussi annoncé mardi qu'il prévoyait de supprimer jusqu'à 850 postes dans la recherche et développement en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Cette réduction, équivalente à 6% des effectifs totaux de R&D du laboratoire, s'ajoute aux 350 suppressions d'emplois qu'il avait annoncées en juin.

Avec Julien Ponthus et Benjamin Mallet, édité par Jacques Poznanski

Par Gaullisme populaire et Sociaux . Daniel Hentzé - Publié dans : Gouvernement. - Communauté : Communauté de l'opposition
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