Jeudi 25 septembre 2008 4 25 /09 /2008 21:11

Exclusion: la rencontre de Fillon avec les associations tourne au dialogue de sourds

PARIS (AFP) — Une réunion entre le Premier ministre, François Fillon, et les associations défendant les sans-abris et les mal-logés qu'il recevait mercredi après-midi à Matignon, a tourné au dialogue de sourds.

François Fillon, à la sortie de sa rencontre avec les associations à laquelle assistaient également la ministre du Logement, Christine Boutin, et le député Etienne Pinte, auteur d'un rapport sur "l'hébergement d'urgence et l'accès au logement", s'est pourtant voulu rassurant. Les 250 millions qu'il avait promis aux associations, en janvier, pour lutter contre l'exclusion, ont bien été "délégués aux préfets et aux organismes chargés de mettre en oeuvre" cette lutte, a-t-il assuré.

Les associations de défense des mal-logés - au premier rang desquelles Emmaüs, la Fondation Abbé Pierre, le Secours catholique  qui avaient demandé, l'an dernier, entre 1,5 et 1,7 milliard pour lutter efficacement contre l'exclusion, ont exprimé au Premier ministre leur "colère" face aux "promesses non tenues".

Etienne Pinte (UMP, Yvelines) a pour sa part précisé qu'il avait obtenu du Premier ministre une "rallonge" de 50 millions d'euros "pour finir l'année".

"J'ai demandé la pérennisation des 250 millions mais je n'ai pas obtenu de réponse pour le budget 2009", a-t-il ajouté.

Le Premier ministre a également défendu devant les associations et la presse le projet de loi sur la modernisation du logement qui sera présenté cet automne aux parlementaires par Christine Boutin.

Aux associations qui ont souligné qu'aucune des mesures qu'elles préconisent pour lutter contre l'exclusion et faciliter l'accès au logement n'est incluse dans le projet, François Fillon a répondu que la nouvelle loi va pourtant "permettre de continuer à augmenter le nombre de logements sociaux".

"C'est un projet de loi vide", s'est exclamé Christophe Deltombes, président d'Emmaüs France. "On nous dit aujourd'hui que le projet de Mme Boutin va être amendé mais ce que nous voulons, c'est entendre les propositions du gouvernement", a-t-il ajouté.

"On est très surpris, on nous dit que tout va bien mais des amendements ne changeront pas la donne", a pour sa part estimé Christophe Robert de la Fondation Abbé Pierre qui juge "répressives" plusieurs mesures de l'avant-projet Boutin. Parmi ces mesures, la proposition de réduire de trois à un an le délai de suspension d'expulsion pour les locataires ainsi que la proposition d'intégrer les logements en accession sociale à la propriété dans les 20% de logements sociaux que la loi SRU rend obligatoire.

Etienne Pinte a pour sa part dit "comprendre la frustration des associations".

"On va encore passer un mauvais hiver. Il manque encore 500 places d'urgence sur Paris et la petite Couronne!", a-t-il dit avant de regretter que l'"on soit toujours à la recherche de marges de manoeuvres financières".

Par Gaullisme populaire et Sociaux . Daniel Hentzé - Publié dans : Paris solidarite metro. - Communauté : LES EXCLUS EN FRANCE
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