Partager l'article ! C'est Gérard Larcher qui devrait succéder à Christian Poncelet .: Publié le 24/09/2008 à 14:27 - Modifié le 24/09/2008 à 17:03 Le P ...
Publié le 24/09/2008 à 14:27 - Modifié le 24/09/2008 à 17:03 Le Point.fr
Par Cyriel Martin
Gérard Larcher et Jean-Pierre Raffarin © Capture Public Sénat
Changement d'ère à la Chambre haute. Le 1er octobre prochain, c'est Gérard Larcher qui devrait succéder à Christian Poncelet au
"plateau", la présidence du Sénat. En effet, le candidat désigné par l'UMP est assuré de prendre la tête de la Chambre haute, structurellement ancrée à droite. L'ancien ministre de Jean-Pierre
Raffarin et de Dominique de Villepin a été désigné lors d'une primaire interne à l'UMP, qui s'est tenue mercredi, pour la première fois sous l'oeil des caméras.
Philippe Marini et Jean-Pierre
Raffarin étaient également candidats à cette fonction capitale. Le président du Sénat est le deuxième personnage de l'État après le président de la République, et il peut être
appelé à tout moment à assurer l'intérim à l'Élysée en cas de "défaillance" du chef de l'État.
15 h 54 - Le président du groupe UMP au Sénat Henri de Raincourt annonce la désignation de Gérard Larcher, comme candidat UMP à la présidence du Sénat. Il recueille 78 voix sur les 152
inscrits. La majorité absolue, nécessaire pour obtenir l'investiture du groupe, était à 76 voix. Jean-Pierre Raffarin recueille 56 suffrages, Philippe Marini 17. A l'issue des résultats, la
déception était lisible sur le visage de l'ancien Premier ministre (voir notre photo).
15 h 40 - Le vote s'achève, les opérations de dépouillement s'engagent, sous l'oeil du sénateur des Hauts-de-Seine et ancien ministre de l'Intérieur Charles Pasqua, et des caméras de
télévision.
15 h 20 - Au palais du Luxembourg, les opérations de vote commencent.
15 h 08 - "Le Sénat incarne une nature et une manière différente de conduire l'action publique"
C'est au tour de GÉRARD LARCHER de s'exprimer, "22 ans jour pour jour" après son entrée au Sénat. L'ancien ministre délégué du Travail de Jean-Pierre Raffarin et de Dominique de Villepin
juge cette élection comme un "moment important de notre démocratie". Après un hommage appuyé au président sortant Christian Poncelet, il présente son projet.
Gérard Larcher présente sa candidature comme un acte d'"amour" pour la Chambre haute. "Le Sénat m'a beaucoup donné, je souhaite aujourd'hui pouvoir le lui rendre." Pour lui, "le Sénat incarne une nature et une manière différente de conduire l'action publique. Nous avons une relation au temps qui n'est pas la même qu'à l'Assemblée nationale."
"Nous avons une liberté de ton, de proposition et d'action. Nous avons des commissions dont la qualité est le coeur du réacteur nucléaire de notre Assemblée", poursuit celui qui appelle au "renforcement du travail" de sénateur, notamment en abordant les "questions éthiques."
L'ancien ministre appelle également à une plus grande "clarté dans la gestion administrative de notre institution : la lumière est le meilleur moyen de dissiper les fantasmes d'une certaine littérature". Pour Gérard Larcher, qui envisage le rôle de président du Sénat comme celui d'un "sénateur parmi les sénateurs", aucun doute, il faut "engager la réforme [du] règlement de la Chambre haute".
14 h 51 - "Un Sénat exemplaire dans sa gouvernance"
PHILIPPE MARINI prend la parole. Il se présente comme un élu persévérant et met en avant sa réélection triomphale à la mairie de Compiègne, en mars dernier. "Mes valeurs chrétiennes
m'incitent à être d'autant plus ouvert aux autres, assure-t-il. Je suis indépendant d'esprit mais je sais aussi être discipliné. Si j'ai dit la vérité sur les choses du budget, jamais on n'a pu
me prendre à défaut de donner des armes à mes adversaires." "Cette démarche repose sur trois maîtres mots", qu'il détaille :
- L'indépendance de jugement : " Et pas l'indépendance du Sénat. Nous avons une majorité, nous avons une opposition. Tant que nous avons la majorité, nous devons exercer cette majorité. Il serait contre nature que l'on accorde une commission à l'opposition. Nous avons besoin d'un statut de l'opposition. Avec un porte-parole officiel."
- La cohérence : "Il faut nous doter d'un programme de législature. Concentrer nos moyens. Nous n'avons pas à dire chaque jour quelque chose sur une actualité. Nous ne pouvons pas accepter que l'on nous annonce que, dans trois mois, les orientations seront prêtes pour une réforme de la taxe professionnelle. Il nous appartient, à nous sénateurs, d'être celles et ceux qui bâtiront les propositions autour desquelles la réforme se fera."
- L'ouverture d'esprit : "Nous sommes dans une société très complexe et très contradictoire. Notre premier rôle est d'assumer nos contradictions. Il nous appartient de jouer tout notre rôle pour définir pour l'avenir la place de l'outre-mer dans la République. Il y a de fortes contradictions pour nos collectivités et départements d'outre-mer. Chacune de ces régions du monde a ses cultures, ses spécificités."
"La voie que je propose pour cette rénovation est qu'il faut d'abord changer d'image, explique Marini. La communication n'est pas une enveloppe pour envelopper le vide. Le premier test de la
modernisation du Sénat est de surprendre l'opinion, et d'élire celui auquel on ne s'attend pas (rires de l'assistance)."
"Je propose un Sénat exemplaire dans sa gouvernance, poursuit-il. Sachons innover, sachons surprendre. Modernisons. En 2011,
nous savons bien que la majorité sera aléatoire. Ces trois années seront cruciales pour le Sénat. Sachons défendre la singularité et la culture du Sénat."
14 h 34 - "Nous ne faisons pas la course avec le gouvernement"
JEAN-PIERRE RAFFARIN est le premier candidat à s'exprimer devant les sénateurs de la majorité, alors que les deux autres candidats sont invités à quitter la salle.
L'ancien Premier ministre, pour qui cette primaire est un "moment grave", commence par rendre un certain nombre d'hommages. Et
se lance dans son discours pour convaincre ses collègues. "Mon projet, c'est un sursaut pour le Sénat, un Sénat libre et moderne", explique Jean-Pierre Raffarin, qui prône une "modernisation"
de la Chambre haute. "Si la tendance se poursuit, la gauche risque probablement de diriger notre Assemblée en 2011", prévient le sénateur de la Vienne pour qui "il faut s'organiser (...) pour
faire face à cette échéance". "Le Sénat est trop critiqué", affirme l'ancien Premier ministre, qui détaille ses "trois objectifs principaux" pour le Sénat : renforcer la légitimité du Sénat,
défendre les territoires, et réussir la nouvelle donne institutionnelle.
Il prône ensuite l'ouverture du Sénat "sur tous les problèmes de société".
"Le Sénat est le lieu de proximité avec la profondeur de la France. La démocratie moderne est une démocratie de confrontation.
Notre silence est coupable. C'est par notre présence qu'on pourra défendre notre légitimité", assure Raffarin.
" Nous ne faisons pas la course avec le gouvernement, pas avec l'Assemblée nationale, poursuit-il. Nous faisons du bon travail
législatif, nous avons la qualité pour nous. Il nous faut faire un grand travail sur l'identité nationale. Beaucoup de citoyens ne savent plus aujourd'hui ce qu'est être français. Il y a une
unité à être français aujourd'hui. Il faut s'ouvrir au monde. Si je ne retenais qu'une seule chose de mes trois ans à Matignon, c'est que la France a les volets clos sur le reste du
monde."
Concernant son troisième objectif - réussir la nouvelle donne institutionnelle, l'ancien Premier ministre affirme : "Maintenant que les textes seront débattus en commission, il nous faut trouver des débats sur des sujets. Le sénateur est la pierre angulaire du Sénat. Il nous faut veiller à ce que tous les moyens soient autour du sénateur. Tout concentrer sur ces 346 personnes."