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Publié le 23/09/2008 à 20:38 - Modifié le 24/09/2008 à 12:19 Le Point.fr
Par Charlotte Chaffanjon
Ségolène Royal, Bertrand Delanoë et Martine Aubry © BENAROCH / Christophe Petit Tesson / DELPHINE GOLDSZTEJN / MAXPPP / SIPA
Des mois de tractations, de basses manoeuvres et de grandes négociations ont abouti, mardi soir, à la Mutualité, à Paris. Les
socialistes ont déposé six motions en vue du congrès de Reims de novembre où François Hollande laissera vacant le poste de premier secrétaire du PS. François Rebsamen, numéro 2 du parti, les
énumère à la tribune, dans l'ordre défini par un tirage au sort : "Numéro 1 : Bertrand Delanoë. Numéro 2 : Le pôle écologique. Numéro 3 : Benoît Hamon. Numéro 4 :
Martine Aubry. Numéro 5 : Tous ensemble et fiers d'être socialistes. Premier signataire : Gérard Collomb. Dernière signataire : Ségolène Royal ( sic ). Numéro 6 :
Utopia".
Premier à s'exprimer devant les membres du Conseil national, Bertrand Delanoë, donc, très en forme. Le maire de Paris peut se targuer d'avoir rallié Pierre Moscovici, qui briguait le poste de premier secrétaire. Le député du Doubs aura hésité jusqu'à la dernière minute, après neuf mois d'une campagne active sur le thème "pas de présidentiable à la tête du PS", à présenter sa propre motion. Lâché par tous ses soutiens, il n'aura eu d'autre choix que l'alliance. Pourquoi Delanoë ? En arrivant à La Mutualité, "Mosco" explique au point.fr "avoir discuté avec Delanoë sur le fond" et s'être mis d'accord sur trois points : Préparer un programme de travail pour rénover le parti - avec notamment l'organisation de trois conventions thématiques - la désignation du candidat à la présidentielle par les militants et, de fait, ne pas confondre la désignation du premier secrétaire avec celle du candidat à la présidentielle. Delanoë lui rend hommage à la tribune, se disant "heureux" que son équipe ait pu "se rassembler avec Pierre Moscovici". Mais surtout, Delanoë s'emporte, quitte à "aggraver son cas" : "je suis candidat au poste de premier secrétaire. J'assume toute l'histoire du Parti socialiste, de Mitterrand à Hollande, de Jospin à Rocard, de Fabius à Emmanuelli". Façon de se différencier de Ségolène Royal et de Martine Aubry, qui ne sont pas officiellement candidates, et de balayer les critiques. Certains lui reprochent en effet sa proximité avec Jospin et sa récente union avec Hollande, plaidant le manque de renouveau, voire l'archaïsme de la démarche.
Hamon candidat au poste de premier secrétaire
Le renouveau, Benoît Hamon souhaiterait l'incarner. Le jeune leader du Nouveau Parti socialiste (NPS) présente avec "fierté et émotion" la motion dont il sera le premier signataire, fusion de sept contributions (texte de pré-congrès non soumis au vote des militants) sur les 21 déposées fin juin. D'Henri Emmanuelli à Marie-Noëlle Lienemann, de Jean-Luc Mélenchon à Pierre Larrouturou, le jeune quadra se targue d'avoir réuni toute la gauche du PS. Et annonce : "J'ai l'honneur d'être candidat au poste de premier secrétaire." "Logique", selon lui, puisque son rassemblement a vocation à "construire une majorité". Au point.fr, Hamon confie que sa motion "peut être dans le tiercé de tête", lors du vote des militants, le 6 novembre prochain.
Martine Aubry lui succède à la tribune. La maire de Lille, qui n'a pas confirmé qu'elle était candidate à la succession de
Hollande samedi alors qu'elle annonçait qu'elle serait première signataire d'une motion, n'a qu'un mot à la bouche : "collectif". Son équipe ? Les fabiusiens, des strauss-kahniens, les amis
d'Arnaud Montebourg, les siens... Aubry a "deux ambitions". La première : "Réaffirmer la nécessité du retour de la politique, et la politique, dit-elle, ce n'est pas tout de dire nous allons
faire ce que vous voulez ". Une pique à sa meilleure ennemie Ségolène Royal et à sa démocratie participative... Autre objectif : "retrouver nos valeurs". "Les Français nous le demandent, ils ne
veulent pas d'une gauche étroite, ils ne veulent pas d'une gauche qui épie les réactions de l'opinion pour mieux la chevaucher." Et une deuxième pique à sa médiatique rivale...
Le rassemblement selon Royal
C'est un trio qui vient défendre la motion "Royal". La jeune Najat Belkacem, le "baron local" Vincent Feltesse, président de la communauté urbaine de Bordeaux, et François Rebsamen. Ce dernier tient à clarifier un point à la tribune : celui des alliances. "Nous voulons que les socialistes se rassemblent, tout commence par le rassemblement. Ensuite, il faut rassembler la gauche. Personne n'a dit le contraire. Ensuite, il faut se tourner vers l'extrême gauche, pour voir jusqu'où elle ne veut pas aller. Et enfin, nous devons discuter avec les démocrates qui ne veulent pas de Nicolas Sarkozy." Une sortie pour balayer les critiques de nombreux socialistes face aux multiples mains tendues de Ségolène Royal à François Bayrou, de la présidentielle aux municipales.
Christophe Caresche pour le Pôle écologique et Franck Pupunat pour Utopia ont également exposé leurs convictions. Le premier, député de Paris, a clamé qu'un congrès "ne doit pas se résumer aux questions de personnes", mais aussi qu'une "sensibilité écologique" doit être représentée à Reims. Le second dévoile le nom de sa motion : "Socialistes, altermondialistes et écologistes". À l'énoncé de cet intitulé, il lâchait au point.fr un peu plus tôt dans la journée : "Tout est dit."
François Hollande conclut, sibyllin : "Le contexte justifie que nous prenions comme un atout d'avoir plusieurs motions, mais aussi comme un risque de divisions."