Mercredi 17 septembre 2008

Publié le 17/09/2008 à 17:07 Reuters  Le point.

Le Parti socialiste a un favori mais cherche encore une majorité

Le Parti socialiste a un favori mais cherche encore une majorité

Après le retrait, au moins temporaire, de sa principale concurrente et son adoubement par François Hollande, Bertrand Delanoë fait désormais figure de favori de la bataille pour la conquête du PS mais les socialistes demeurent profondément divisés avant le Congrès de Reims, en novembre. /Photo prise le 29 août 2008/REUTERS/Stéphane Mahé


Après le retrait, au moins temporaire, de sa principale concurrente et son adoubement par François Hollande, Bertrand Delanoë fait désormais figure de favori de la bataille pour la conquête du PS mais les socialistes demeurent profondément divisés.

Mardi soir, le maire de Paris et l'actuel premier secrétaire du Parti socialiste, qui fut le compagnon de Ségolène Royal, ont scellé leur alliance et lancé un appel au rassemblement.

"Dans notre perspective commune, il n'y a pas d'arrière-pensées tactiques, il n'y a pas de combinaisons", a déclaré Bertrand Delanoë à la tribune lors d'une réunion publique dans le Val-d'Oise.

"Il y un accord de fond. Nous sommes ensemble, d'abord des réformistes qui s'assument, comme tels au service d'une efficacité de gauche pour la vraie justice sociale."

Bertrand Delanoë a ignoré l'appel de Ségolène Royal, qui avait invité lundi l'ensemble de ses concurrents à mettre de côté leurs ambitions personnelles après avoir annoncé qu'elle ne faisait plus de sa candidature un préalable.

Soutenu par la majorité sortante du parti, il fait désormais figure de favori incontesté, selon Gaël Sliman, directeur de BVA Opinion, pour qui le maire de Paris "dans la séquence de ces douze derniers mois, et singulièrement de ces dernières semaines, est (...) celui qui s'en sort le mieux".

"MONSTRE"

Le dernier baromètre BVA pour L'Express publié mercredi crédite Bertrand Delanoë d'une avance de onze points sur la présidente du conseil régional de Poitou-Charentes chez les sympathisants socialistes alors que la maire de Lille, Martine Aubry, fait du surplace, a précisé Gaël Sliman à Reuters.

Si le PS a un favori, le scénario des semaines à venir avant le Congrès de Reims demeure des plus incertains. Au lendemain de la démonstration d'unité du tandem Hollande-Delanoë, les divisions semblent encore nombreuses au sein du parti.

"Les alliances et les coalitions, les combinaisons, tout cela ne fait pas une majorité et j'ai bien peur que ce congrès accouche d'un monstre, c'est-à-dire, finalement, une absence de majorité", a mis en garde Arnaud Montebourg sur LCI.

"Ça veut dire que personne ne gagnera et nous aurons devant nous un parti fracturé, divisé, incapable de dégager une majorité claire, forte.", a-t-il ajouté.

Le député de Saône-et-Loire, qui a écrit à Pierre Moscovici et Martine Aubry pour leur proposer une rencontre, a estimé qu'il y avait encore "trop de candidatures" à quelques jours du dépôt, le 23 septembre, des motions, les projets politiques qui seront soumis aux militants.

L'une des inconnues porte notamment sur la réaction du camp de Ségolène Royal, dont l'entourage s'est employé mardi à décoder les déclarations, assurant qu'elle n'avait pas abandonné définitivement la partie.

"Je suis déçue par l'attitude de repli choisie hier à Cergy par Bertrand Delanoë et François Hollande en réponse au geste d'ouverture de Ségolène Royal", déclare la députée des Deux-Sèvres, Delphine Batho, une proche de l'ex-candidate à l'élection présidentielle. Malek Boutih de son côté a déploré une "occasion ratée".

"NÉGOCIATIONS OISEUSES"

A Strasbourg, où elle présentait son livre d'entretiens "Et si on se retrouvait", Martine Aubry, qui n'est pas officiellement candidate, a quant à elle réaffirmé son intention de déposer une motion le 23 septembre.

"Si certains ces derniers jours ont essayé de faire croire qu'il y avait une alliance Aubry-Fabius contre tout le monde alors que justement nous, nous faisons venir des gens qui viennent de partout, c'est bien peut-être parce que ce que nous sommes en train de faire les gêne", a-t-elle déclaré.

Pour Michel Rocard, en revanche, Bertrand Delanoë est le seul à même de réaliser l'unité du parti lors du congrès de Reims "car il est le seul dont la campagne (...) se fasse sans compromis ni négociations oiseuses", a-t-il déclaré sur BFM-TV.

Selon le député des Landes Henri Emmanuelli, le dépôt la semaine prochaine des motions devrait permettre d'y voir un plus clair. Le vote des militants sur ces motions, le 6 novembre, donnera un premier indicateur du rapport de forces entre les différentes tendances avant le congrès.

"Ce que je crains pour le Parti socialiste, c'est à la fois des divisions, une incapacité à pouvoir proposer une ligne cohérente (..) et du coup préparer idéalement un deuxième quinquennat de Nicolas Sarkozy", a déclaré le directeur de BVA Opinion.

Édité par Gilles Trequesser

Par Gaullisme populaire et Sociaux . Daniel Hentzé - Publié dans : Le parti socialiste - Communauté : La communauté des Gaullistes .
- Voir les 0 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil
 
definir blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus