Mercredi 17 septembre 2008
Publié le 17/09/2008 à 10:26 - Modifié le 17/09/2008 à 15:04 Le Point.fr
Le tandem Delanoë-Hollande en course pour le congrès de Reims
Par Charlotte Chaffanjon
François Hollande et Bertrand Delanoë ont tenu à se montrer comme un tandem sans hiérarchie préétablie © JACQUES BRINON/AP/SIPA
Bertrand Delanoë et François Hollande se lancent main dans la main dans la bataille du congrès de Reims en novembre. Depuis l'université d'été du PS à La Rochelle,
ils ne cachaient plus leur volonté
de rapprochement,
"Ce congrès, nous allons le faire ensemble avec Bertrand Delanoë, il était légitime, naturel, évident de le faire ensemble", s'est ainsi exclamé le futur ex-premier secrétaire à la tribune
installée dans le gymnase des Roulants de Cergy. Cette union déconcerte un observateur avisé de la Rue de Solférino : "Ils semblent dire qu'à eux deux, ils ont la vérité révélée et que les autres
doivent s'aligner. Ils se prennent pour les dépositaires du saint Graal de la Rue de Solférino, alors que leur alliance donne plutôt le sentiment d'un parti tourné sur son passé."
Sur le fond, les deux hommes se sont employés à se définir comme des "réformistes qui s'assument comme tels, au service d'une efficacité de gauche, et nous sommes résolument des soldats de l'idéal
européen", ainsi que l'a déclaré le maire de Paris. Il a ajouté que leur contribution pour le congrès faisait "la même analyse : il faut mettre le paquet sur l'économie de la connaissance, investir
sur la performance, les PME innovantes". Selon François Hollande, "ce que nous assumons, Bertrand et moi, c'est le réformisme de gauche, qui prend en compte l'exigence de régulation et en même
temps la réalité telle qu'elle est", car, pour distribuer, "il faut produire de la richesse". Rejetant toute alliance avec le MoDem au profit d'un bon vieux "rassemblement de la gauche", le premier
secrétaire a pris nettement position pour une désignation du candidat à l'élection présidentielle "par les adhérents", et non par les sympathisants socialistes. Ce principe de primaires est
ardemment défendu par le député de Saône-et-Loire Arnaud Montebourg. maintenant actée par le meeting commun tenu mardi soir à Cergy-Pontoise. Cette alliance tactique se scelle donc entre deux
hommes ayant bénéficié du soutien de Lionel Jospin. Le maire de Paris était, avec l'ancien Premier ministre, l'un des piliers de la "bande du 18e", composée également de Claude Estier et de Daniel
Vaillant. Une amitié qui se poursuit aujourd'hui, Jospin ayant en outre symboliquement passé le flambeau à Delanoë, il y a un an, lors d'une réunion de leur courant. François Hollande est, lui,
devenu patron du PS adoubé par Lionel Jospin en 2002. Aujourd'hui, Delanoë, qui a traîné des années le surnom de "Petit Chose", veut jouer sa partition. Dans cette tâche, Hollande sera un soutien
de poids.
Par Gaullisme populaire et Sociaux . Daniel Hentzé
-
Publié dans : Le parti socialiste
-
0
-
Recommander