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Belfort Le sénateur Dreyfus-Schmidt meurt durant sa campagne



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Sénateur du Territoire de Belfort depuis 1980, Michel Dreyfus-Schmidt était candidat à sa propre succession, sans l’aval de son parti. Photo Céline Mazeau

Le sénateur du Territoire de Belfort est décédé à l’âge de 76 ans, deux semaines avant les élections sénatoriales du 21 septembre. Il briguait son quatrième mandat.

Il voulait décrocher un quatrième mandat de sénateur. Le sort en a décidé autrement. Michel Dreyfus-Schmidt est décédé à la suite d’un infarctus dans la nuit de samedi à dimanche à son domicile. Né le 17 juin 1932, il avait été élu sénateur pour la première fois en 1980 à l’âge 48 ans, puis réélu en 1989 et en 1998. Son épouse exerce toujours à temps partiel la profession de dentiste dans la cité du Lion.

« Je suis en général très Mai 68 »

Michel Dreyfus-Schmidt avait une santé fragile. Il avait subi un pontage en 1994 et a réussi à vaincre un cancer du poumon découvert en 2005. Pourtant, c’était un fervent défenseur de l’usage du tabac. Il s’était opposé avec Jean-François Humbert, sénateur UMP du Doubs, à l’interdiction totale du tabac dans les lieux publics. « Je ne sais pas d’où vient mon cancer. On a tendance à dire que c’est le tabagisme… Ce qui est sûr c’est que la maladie ne m’a pas fait changer d’avis », nous avait-il confié en 2006 en précisant : « Je suis en général très "Mai 68". Du genre il est interdit d’interdire ». Il avait tout de même reconnu avoir essayé plusieurs fois d’arrêter de fumer.
Malgré ces problèmes de santé, le sénateur Michel Dreyfus-Schmidt avait trouvé prématuré de passer la main. Il avait hérité le virus politique de son père, Pierre Dreyfus-Schmidt, ancien maire de Belfort. Un virus qui saute de génération en génération puisque l’un de ses deux enfants, Alain, outre sa carrière d’avocat, a tenté la politique à plusieurs reprises. Il était d’ailleurs le suppléant de son père pour le scrutin du 21 septembre.

Comme Forni, il n’a jamais été ministre

Dès 1964, il est élu conseiller municipal dans la même ville. Il sera également conseiller général et député. Mais c’est au Sénat qu’il fera le plus gros de son parcours politique jusqu’à accéder plusieurs fois à la vice-présidence de la Haute-Assemblée où il était estimé à gauche comme à droite. Mais, comme son compagnon de route Raymond Forni, il ne sera jamais ministre. Dans le Territoire de Belfort, les ministères revenaient à Jean-Pierre Chevènement… Ce qui ne l’a pas empêché de dérouler un curriculum vitae aussi long qu’un train de sénateur. Il a été président de la section française du Congrès juif mondial, juge titulaire de la Haute Cour de justice, membre de l’Observatoire interministériel sur les sectes.
La carrière politique de Michel Dreyfus-Schmidt a également été jalonnée de moments forts comme son plaidoyer contre la peine de mort, son combat pour la défense de la présomption d’innocence, sa prise de position pour la légalisation de l’euthanasie… Plus récemment, il a proposé une loi visant à permettre le mariage aux couples de même sexe et une autre facilitant l’exercice de la parentalité pour les parents divorcés en cas de garde alternée.

Il savait soigner les détails…

Chaque réunion du Congrès du Parlement à Versailles était l’occasion pour Michel Dreyfus-Schmidt d’envoyer une carte postale à son réseau. La dernière remontait au 21 juillet 2008 à l’occasion de la réforme constitutionnelle. Il savait que le cachet d’un jour apposé sur la carte intéresserait les collectionneurs. Il ne se privait donc pas du plaisir d’enrichir leurs collections. Il savait soigner les détails et laissera le souvenir d’un homme extrêmement courtois.


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