Publié le 06/09/2008 à 11:57 - Modifié le 06/09/2008 à 16:53 Le Point.fr
Les élus lorrains manifestent contre la carte militaire
lepoint.fr (avec agence)
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Près de 2.500 personnes selon les
organisateurs et 1.000 selon la police, ont battu le pavé samedi matin à Metz contre la réforme des armées. Objectif de la manifestation ? Obtenir un maximum de concessions de la part du
gouvernement sur la réforme de la carte militaire.
Sous la pluie, rangés derrière une banderole "Mobilisons-nous pour l'avenir de Metz", entre 250 et 300 élus, toutes tendances politiques confondues, conduisaient la manifestation, ceints de leur
écharpe tricolore. Au passage du cortège, les commerçants éteignaient leur enseigne tandis que les cloches de la cathédrale Saint-Etienne sonnaient à la volée. "Aujourd'hui, la Lorraine est unie
pour montrer à l'Etat qu'elle refuse la saignée que veut lui imposer le gouvernement et pour demander à la nation un effort de solidarité au travers des compensations qui lui ont été promises par
le président" Nicolas Sarkozy, a déclaré le maire de Metz, Dominique Gros (PS). "C'est une nouvelle Lorraine qui s'est mise en marche avec l'ambition d'avoir, unie, d'autres rapports avec l'Etat",
a ajouté le maire de Nancy André Rossinot (UMP), dont la présence à Metz a été remarquée en raison de la vieille rivalité opposant les deux villes.
"Metz et la Moselle ont été sacrifiés"
Le président du conseil régional de Lorraine, Jean-Pierre Masseret (PS) , les présidents des conseils généraux de la Moselle et de la Meurthe-et-Moselle, Philippe Leroy et Michel Dinet, tous les
deux UMP, de nombreux maires et adjoints, dont certains venus de la Meuse, ont également défilé pour que "la France n'oublie pas la Moselle", a souligné la députée Marie-Jo Zimmermann (UMP).
Etaient également représentés à cette manifestation, le conseil économique et social, les corps constitués, le patronat - Medef et CGPME - les artisans et commerçants, l'Ordre des avocats,
l'université Paul-Verlaine et des syndicats comme la CGT, la CFDT et la CGC.
Lors de la manifestation, plusieurs élus ont exhorté le chef de l'Etat à tenir les promesses de compensations faites à Metz et à la Moselle. "Metz et la Moselle ont été sacrifiés sur l'autel de
l'intérêt national. Ces promesses doivent être tenues pour ne pas bafouer l'engagement patriotique séculaire de la ville et du département", a estimé le député Denis Jacquat (UMP). Cette manifestation fait
suite à une rencontre, mardi à l'Elysée, entre une délégation de parlementaires et de maires de Moselle et Nicolas Sarkozy. Pour tenter de désamorcer la colère des élus lorrains, le chef de
l'État a ainsi annoncé plusieurs mesures de compensation comme le désenclavement routier du département ou la délocalisation de 1.500 emplois publics.
La Moselle est le département le plus touché par la restructuration du secteur de la Défense annoncée fin juillet par le gouvernement, qui devrait se solder par le départ de quelque 7.000
militaires d'ici à 2011. La ville de Metz est celle qui va payer le plus lourd tribut avec la perte de six unités, dont la base aérienne 128 de Metz-Frescaty qui compte 2.502 hommes. Le 57e régiment
d'artillerie de Bitche sera également dissout tandis que le 13e régiment de dragons parachutistes de Dieuze (Meurthe-et-Moselle) doit être transféré en Gironde.