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L'affaire de l'occupation ce week-end de la villa corse de l'acteur Christian Clavier par des militants indépendantistes a pris un tour polémique mardi, après l'annonce de la mutation du coordinateur des forces de sécurité de l'île Dominique Rossi. François Hollande juge que le policier a été sanctionné pour ne pas avoir su protéger "un ami du président de la République", tandis que François Bayrou a dénoncé le "fait du prince".
L'Elysée n'a fait aucun commentaire.
Samedi, après une manifestation à Porto-Vecchio (Corse-du-Sud), une cinquantaine de militants nationalistes avaient brièvement occupé la villa de l'acteur, ami personnel de Nicolas Sarkozy. Ils entendaient protester contre la "spoliation foncière" des Corses sur leur île.
Cette action a coûté son poste à Dominique Rossi, à qui le ministère de l'Intérieur reproche une "erreur d'appréciation" et a entraîné sa mutation à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN, la "police des polices").
Pour le premier secrétaire du Parti socialiste François Hollande, "ça ne devrait même pas être une affaire". La police, a-t-il déclaré sur RTL, "a fait ce qu'elle pensait devoir faire et c'était sans doute difficile d'intervenir".
"Et voilà que le haut fonctionnaire qui est chargé de la coordination de l'ensemble des forces de sécurité en Corse se trouve limogé pour insuffisance de protection d'un ami du président de la République", a souligné M. Hollande. Cette affaire "n'éclaire que la protection que Nicolas Sarkozy accorde à ses propres amis", a-t-il ajouté.
Pour le président du Modem François Bayrou, "c'est révélateur du régime dans lequel nous sommes, c'est le fait du prince". "Parce que M. Christian Clavier, qui est un ami de vacances du président de la République, a eu a faire à des manifestants chez lui (...), on met à la porte le coordinateur de l'ensemble de la sécurité publique de la Corse", a déploré M. Bayrou sur France Inter.
M. Bayrou a dénoncé des "décisions arbitraires et disproportionnées qui montrent à quoi on arrive quand tous les pouvoirs sont ainsi concentrés entre les mêmes mains et quand le copinage avec les puissants remplace la raison d'Etat".
Du côté de la place Beauvau, on assure que "cette décision est une décision du ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie, en raison d'une erreur d'appréciation de M. Dominique Rossi qui est pourtant un fonctionnaire d'expérience et de grande qualité".
Selon le porte-parole du ministère de l'Intérieur Gérard Gachet, "c'est une mutation, ce n'est pas, contrairement à ce qu'on a entendu, un limogeage" même si "ce n'est pas une promotion". M. Rossi "est muté à l'IGPN, il garde son grade de contrôleur général de la police".
"Il lui est reproché d'avoir reçu la veille au soir une note de la direction centrale du renseignement intérieur qui l'avertissait que parmi les manifestants qui devaient se regrouper le lendemain certains avaient l'intention précise d'aller occuper ce lotissement" et de n'avoir "pas mis en place un dispositif pour leur barrer le chemin", a-t-il ajouté sur France Info.
"Cette amitié entre le président de la République et M. Christian Clavier n'a absolument pas été prise en compte dans la décision du ministre", a assuré M. Gachet sur France Info.
Le président de l'Assemblée de Corse Camille de Rocca Serra, qui possède une maison voisine de celle de l'acteur, a de son côté dementi avoir demandé la tête de Dominique Rossi: "Je n'ai pas d'autorité sur les services de l'Etat, je ne nomme, ni ne révoque qui que ce soit".
"Il y aurait eu une information sur une occupation qui devait se produire à la suite de la manifestation à Porto-Vecchio le samedi, je m'interroge sur le point de savoir pourquoi on ne m'a pas prévenu puisque j'habite aussi ce domaine, je pense que le minimum aurait été de m'avertir, puisque j'aurais su prendre des dispositions sur un plan purement politique", a indiqué sur France Info M. de Rocca Serra.
"Il y a eu intrusion et occupation de plusieurs propriétés privées, non seulement celle de Christian Clavier mais en amont de deux autres propriétés privées", a précisé M. de Rocca Serra, également député UMP de la Corse-du-Sud.
M. de Rocca Serra a démenti par ailleurs que Christian Clavier ait demandé au personnel de sa villa de servir des boissons aux intrus, comme cela avait été rapporté dans la presse: "ils n'ont pas su faire autrement que de les laisser boire", a-t-il déclaré, assurant qu'à leur départ les militants corses ont "enlevé les bouteilles pour éviter de laisser des empreintes". AP
MAM fait sourir en disant que la violation de domicile doit être punie.
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