AVRILLE, Maine-et-Loire (Reuters) - Venu visiter une école pratiquant les "stages de remise à niveau", François Fillon a critiqué lundi les villes qui refusent de mettre en place cette mesure, garante selon lui de "justice sociale".
"Certaines communes n'ont pas voulu mettre de locaux à disposition, c'est leur droit", a dit le Premier ministre en marge de sa visite à Avrillé (Maine-et-Loire), à quelques jours de la rentrée scolaire.
"Dans ces villes, les parents d'élèves pourront simplement se demander pourquoi ils n'ont pas droit au soutien scolaire gratuit. Ils devront avoir recours à des sociétés privées, qui explosent actuellement leur chiffre d'affaires", a-t-il ajouté.
D'une durée de quinze heures, à raison de trois heures maximum par jour, les stages de remise à niveau se concentrent sur le français et les mathématiques, les deux matières "les plus importantes", selon François Fillon.
Ils sont destinés aux élèves de CM1 et CM2, qui travaillent en petits groupes, et sont actuellement testés dans 200 lycées.
"Lors du stage, les enfants osent nous poser des questions, ce qui n'est pas le cas tout au long de l'année", a constaté Martine Charbonneau, 44 ans, volontaire pour encadrer à l'école Antoine de Saint-Exupéry Romane, Rémi, Marie et Amélie, tous âgés de 11 ans.
Pendant cette semaine, l'enseignante gagne 300 euros, payés en heures supplémentaires défiscalisées. "Certains collègues nous en veulent d'avoir accepté, mais je crois qu'il faut tout tenter contre l'échec scolaire", estime Martine Charbonneau.
Les stages de remise à niveau sont la seule mesure ayant trouvé grâce aux yeux de Jack Lang, ancien ministre (PS) de l'Education nationale, dans sa récente "lettre ouverte" à son successeur Xavier Darcos.
"Cela prouve qu'il sait faire preuve de bon sens, car on ne peut pas dire tout le temps des contrevérités", a réagi l'actuel ministre de l'Education nationale, qui accompagnait François Fillon.
Guillaume Frouin