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PARIS  - La France a rendu un hommage national aux dix militaires tués lundi en Afghanistan, plus grande perte française au combat depuis la guerre d'Algérie.

Dans son éloge funèbre, le président Nicolas Sarkozy a associé tous les Français au deuil des familles et a lié l'issue du conflit en Afghanistan à la sécurité de la France.

"Aujourd'hui, c'est un jour de deuil pour la nation française", a dit le chef de l'Etat dans la cour des Invalides, devant les dix cercueils recouverts du drapeau tricolore.

"Aujourd'hui, la tristesse et le chagrin anéantissent les familles mais l'émotion étreint chaque Français. Aujourd'hui, c'est le temps du recueillement", a-t-il ajouté.

Le chef de l'Etat s'est adressé aux morts, dont il a lu les noms devant les familles et des membres des régiments dont ils faisaient partie.

"La mort vous a fauché dans la fleur de l'âge", a-t-il dit, en référence à la jeunesse de plusieurs des militaires tués dans l'embuscade non loin de Kaboul.

"Vous étiez unis par un même idéal et vous aviez fait le choix du même engagement au service de votre patrie."

Nicolas Sarkozy a qualifié le conflit de "combat contre la barbarie, contre l'obscurantisme et le terrorisme".

Il a justifié la présence militaire française en Afghanistan alors qu'un débat sur cette question doit se tenir au parlement lors de la session extraordinaire qui débute le 22 septembre.

"Vous vous battiez là-bas contre le terrorisme, terrorisme qui a ravagé des familles sur le sol de la République française et qui, pour une large part, prend naissance là-bas", a-t-il dit.

"Nous n'avons pas le droit de perdre là-bas, nous n'avons pas le droit de renoncer à défendre nos valeurs, nous n'avons pas le droit de laisser les barbares triompher car la défaite à l'autre bout du monde se paiera d'une défaite sur le territoire de la République française", a ajouté Nicolas Sarkozy.

Le chef de l'Etat a ensuite remis aux défunts la croix de chevalier de la Légion d'honneur à titre posthume et annoncé que la Croix militaire leur avait été décernée.

Une cérémonie oecuménique s'était auparavant tenue dans la cathédrale Saint-Louis-des-Invalides en présence du président et de nombreux membres du gouvernement ou de l'opposition.

Jean-Baptiste Vey

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