Lundi 18 août 2008

PARIS - La disparition le 20 juillet à l'âge de 91 ans de l'ancien député de Paris Michel Junot devrait mettre un terme à la procédure judiciaire ouverte en 2000 pour "complicité de crimes contre l'humanité" dans laquelle cet ancien sous-préfet de Pithiviers (Loiret) durant l'Occupation avait été entendu comme témoin assisté.

En février 2000, le parquet de Paris avait ouvert une information judiciaire contre X à la suite de la plainte déposée un mois plus tôt contre Michel Junot par Marc Korenbajzer. La demi-soeur de ce dernier avait été interpellée lors de la rafle du Vel d'Hiv le 17 juillet 1942 avait été internée au camp de Beaune-la-Rolande d'où elle avait été déportée le 25 août 1942 vers Auschwitz. Elle y est morte le 31 août, jour de ses trois ans.

Dans sa plainte, M. Korenbajzer expliquait avoir retrouvé aux Archives nationales et départementales du Loiret des documents démontrant que l'ancien fonctionnaire de Vichy, en poste dès le 16 juin 1942, avait un pouvoir de contrôle et de supervision sur les camps d'internements de Beaune-la-Rolande et Pithiviers. Sous-préfet de Pithiviers de juin 1942 à août 1943, nommé à Nice moins de deux mois, M. Junot a repris ses fonctions à Pithiviers fin octobre 1943 avant d'être nommé en janvier 1944 secrétaire général de la préfecture du Loiret.

Entendu comme témoin puis comme témoin assisté, un statut entre celui de témoin et de mis en examen, M. Junot a toujours affirmé avoir pris officiellement ses fonctions le 26 août 1942, même si son procès-verbal d'installation avait été signé le 16 juin. Entre ces deux dates, s'était-il expliqué, il avait continué d'exercer ses fonctions administratives au Secrétariat général de l'administration à Vichy et pris des vacances avant de rejoindre son nouveau poste fin août.

Mais surtout, il a toujours réfuté avoir eu le moindre pouvoir sur les camps d'internement de sa circonscription qui relevaient, selon ses explications, de la préfecture du Loiret. Ce n'est que le jour de son installation administrative qu'il avait appris leur existence, avait-il assuré.

M. Junot s'est toujours défendu d'avoir participé, en tant que chef de cabinet du Secrétaire général pour l'administration, à la réunion du 6 juillet 1942 à Paris des préfets régionaux où fut évoquée la mise en place de la politique d'arrestation massive des juifs conformément aux accords Onerg-Bousquet. La partie civile avait retrouvé un document attestant de sa présence. Lors de ses différentes auditions, M. Junot a répété n'avoir aucun souvenir de cette réunion.

Joint par l'Associated Press, Me Stéphane Lilti, avocat de la partie civile, a estimé qu'un coin de voile avait été levé sur les responsabilités de l'ancien sous-préfet. "La justice s'est hâtée lentement et rien n'a été fait qui ne vienne de la partie civile, c'est-à-dire de Marc Korenbajzer", a-t-il ajouté.

De son côté, l'avocat de M. Junot a souligné que le dossier ne comportait "aucune charge" à l'encontre de l'ex-député de Paris et ancien maire-adjoint de la capitale. "Il a des titres indiscutables de sa participation à la résistance et il a, au péril de sa vie, protégé des personnes juives à une époque où cela était très dangereux", a expliqué Me Etienne Tarride.

Le dossier avait été communiqué il y a quelques mois par le juge d'instruction au parquet de Paris pour qu'il prenne ses réquisitions. Le décès de M. Junot devrait clore cette procédure, l'une des dernières visant un Français pour son rôle présumé dans la déportation des juifs.

Le milicien Paul Touvier et l'ancien secrétaire général de la préfecture de la Gironde sous l'Occupation, Maurice Papon, ont été condamnés pour complicité de crimes contre l'humanité. Le premier à la réclusion criminelle à perpétuité en avril 1994, le second à dix ans de réclusion criminelle en avril 1998. AP

par Gaullisme populaire et Sociaux . Daniel Hentzé publié dans : Nicolas Sarkozy Président de la République. communauté : La communauté des Gaullistes .
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