Jack Lang, victime à retardement de l’«ouverture» de Nicolas Sarkozy
Eric Feferberg AFP ¦ Jack Lang à l'Elysée le 29 octobre 2007
C'est un effet inattendu de l'«ouverture». La voix de Jack Lang, que Nicolas Sarkozy avait convaincu de participer au
comité Balladur sur le rééquilibrage des institutions, aura finalement été
déterminante lors du vote très serré qui s'est déroulé
au Congrès lundi. Personne ne s’y attendait. Pas même lui, qui répétait que son vote serait «secondaire».
«En recrutant Jack Lang, Nicolas Sarkozy pensait qu'il pourrait être le porteur du projet à gauche et qu'il aiderait à convertir une partie du PS à cette réforme, remarque le politologue Dominique
Reynié. De ce point de vue-là, c'est un échec, la réforme est restée celle d'un camp contre l'autre mais, ironie de l'histoire, la voix de Jack Lang a fait en partie basculer le Congrès.»
Presque exclu du groupe PS
Si la voix de Jack Lang n'a pas été directement déterminante (s'il avait voté «contre», la réforme serait quand même passée), le résultat étriqué du vote fait se tourner tous les regards vers
l'ex-ministre de la Culture. Avec une pointe d'ironie du côté de l'UMP, comme Jean-François Copé qui déclare mardi avoir «une pensée» pour Jack Lang.
Au Parti socialiste, le cas Jack Lang ne fait rire personne. Jean-Marc Ayrault, chef de file des députés socialistes, a pris ses responsabilités mardi en marginalisant l'élu du Pas-de-Calais sans l'exclure formellement du groupe
PS: «On a pris acte que Jack Lang s'est mis lui-même en dehors du groupe socialiste».
«Personne ne peut me rayer de la carte»
Dominique Reynié ne croit pas à l'hypothèse d'une exclusion du Parti socialiste: «Ce serait une mauvaise idée qui serait interprétée comme une forme de sectarisme. Les dirigeants socialistes vont
plutôt essayer de le rétrograder, il ne sera plus l'éminent membre du parti socialiste qu'il était. D'autant que les militants, très attachés à une opposition frontale à Nicolas Sarkozy, vont lui
demander des comptes».
Si l'avenir de Jack Lang s'assombrit au PS, peut-il rebondir ailleurs? «Il n'est au pouvoir de personne de me rayer de la carte du paysage politique français», a déclaré ce mardi le député du
Pas-de-Calais. Un ralliement à la majorité semble exclu: «Je demeure un opposant déterminé à la politique de régression sociale du gouvernement», rappelle l'ex-ministre de la Culture.
Un job en or?
Reste la voix médiane: une nomination prestigieuse pour le récompenser des ses bons et loyaux services pour la réforme des institutions. La rumeur le place favori pour le poste de
Défenseur des droits, créé par la révision constitutionnelle, un job de rêve qu'il a beaucoup défendu au sein du comité Balladur. Mais Jack Lang
dément toute velléité en la matière.
Eric Feferberg AFP ¦ Jack Lang à l'Elysée le 29 octobre 2007
Vincent Glad
20Minutes.fr, éditions du 22/07/2008 - 16h07
dernière mise à jour : 22/07/2008 - 16h24