Vendredi 27 juin 2008

La misère est aussi pénible au soleil


 

A 10 h du matin, leurs tentes plantées aux abords d'un gymnase du 15e ressemblent déjà à des étuves. Brigitte, 34 ans, et Michel, 55 ans, compagnons d'infortune, attaquent leur troisième verre de rhum-coca en guise de « petit déjeuner », comme ils disent. Pas une bouteille d'eau à l'horizon. Et pourtant, la température grimpe. Ce cocktail peut les mener droit à la déshydratation, symptôme le plus redouté en été par les policiers de la brigade d'assistance aux personnes sans-abri (Bapsa). Actif l'hiver, le service l'est tout autant à l'arrivée des fortes chaleurs, redoutées des SDF. 20 Minutes a suivi la brigade hier.

« L'hiver, c'est mieux que l'été. Avec nos duvets, on peut rester à température ambiante, mais avec la chaleur on crame », relève Michel. « Vous n'avez pas trop chaud sous les tentes ? », questionne Fabrice, gardien de la paix. « Ça va encore, mais bientôt, ça va être la fournaise », soupire Brigitte.

Depuis début juin, le niveau 1 du plan Canicule, dit de « veille », a été activé. En temps de très fortes chaleurs, le plan monte jusqu'au niveau 3, qui entraîne la réquisition de locaux climatisés. Dans une semaine, les 66 fonctionnaires de la Bapsa distribueront de l'eau aux SDF rencontrés lors des maraudes effectuées entre 6 h 30 et 23 h. « L'été, les riverains nous signalent moins les personnes vulnérables dans la rue. Alors que paradoxalement, elles souffrent plus », reconnaît le chef de la Bapsa, Jean-François Molas. « Vous avez besoin de vêtements ? », poursuit le policier au cours de la conversation. Les sans-abri sautent sur l'occasion. Pour eux, la transpiration commence à devenir un problème. « L'hiver, on se douche deux fois par semaine, l'été c'est quatre fois », assure Michel, vêtu d'un chaud sweat gris et d'un jean. Rendez-vous est pris, la Bapsa les emmènera chercher quelques habits dans un centre social dès le lendemain. « Sans rien faire, on transpire déjà. Et quand on fait la manche, c'est en plein cagnard », souligne Brigitte, tee-shirt noir sur le dos. En plaisantant, elle explique qu'elle emprunterait bien la casquette d'un des policiers. Beaucoup plus sérieux, ils lui rétorquent qu'elle devra s'en procurer une en allant chercher des vêtements.


Carole Bianchi - ©2008 20 minutes


20 Minutes, éditions du 25/06/2008 - 06h58

dernière mise à jour : 25/06/2008 - 06h58

Par Gaullisme populaire et Sociaux . Daniel Hentzé - Publié dans : Paris solidarite metro. - Communauté : LES EXCLUS EN FRANCE
- Voir les 0 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Commentaires

cette photo  m'a toujourrs troublée,cette femme venant retirer de l'argent et n'ayantt même pas un regard  pour ce malheureux,certes l'hiver est rude  pour les sans logis,mais  la chaleur doit ètre  encore plus pénible,la soif,la sueur,peut ètre  encore plus  pour les femmes pour des  raisons physiologiques,fut un temps à Paris il existait les fontaines wallace,où  les sdf puvaient au moins se désaltérer,existent  t'elles encore,et la soif plus que la faim est pénible à supporter,il  faudrait qu'il y ait des établissements où ils puissent,  aller se laver et se changer  à tous moments de la journée et gratuitement ,un verre d'eau c'est peu de chose et pourtant  c'est beaucoup  et combien  parmi les passants qui les regardent  penseraient à leur offrir un  peu de chaleur humaine  et de quoi se rafraichir? 
Commentaire n° 1 posté par max le 28/06/2008 à 01h06
 
Blog : Automobile sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus