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Edito de René Poujol : ''Emploi des jeunes : l’ascenseur social est en panne''

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Pèlerin (Paris) - Lundi 16 janvier, le Premier ministre a annoncé un nouveau train de mesures en faveur de l’emploi des jeunes de 18 à 25 ans dont la création d’un Contrat première embauche (CPE).
 

En la matière, la France fait piètre figure au plan européen. Près d’un jeune sur quatre, dans cette tranche d’âge, est à la recherche d’un emploi et l’embellie constatée sur le front du chômage depuis plusieurs mois n’a guère profité aux plus jeunes.

Refus de travailler ? Si l’accusation continue de fleurir ici ou là, chacun sent bien qu’elle n’est pas, qu’elle n’est plus, justifiée. Au moins pour une immense majorité de la jeunesse pour laquelle l’entrée dans le monde du travail est perçue comme une promesse d’autonomie financière et d’accès à un véritable statut d’adulte.

Chacun connaît, autour de soi, souvent au sein même de sa famille, l’un de ces jeunes qui galèrent, de stage en stage, de CDD en CDD, se heurtant au silence méprisant des entreprises auprès desquelles ils font offre de candidature, pénalisés, selon les cas, par un déficit de formation, un excès de diplômes ou un inévitable manque d’expérience.

Alors, comme souvent face à la « pénurie », ce sont les relations familiales et le piston qui font la différence. A qualification équivalente, ce n’est pas toujours le meilleur qui l’emporte, loin de là ! Autant dire que le combat pour l’égalité des chances est devenu, plus que jamais, la plus ardente des obligations.

L’embrasement des cités, à l’automne, disait à sa manière la désespérance d’une partie de la jeunesse lorsqu’elle sait, précisément, ne pas pouvoir compter, face au chômage, sur des appuis familiaux rendus impossibles par des situations d’exclusion.

« L’ascenseur social en panne » concerne aujourd’hui, hélas, une large frange de la jeunesse française, qu’elle soit ou non issue de l’immigration. Et il est de notre devoir d’aider les uns et les autres, sans discrimination aucune. Un pays qui ne mobiliserait pas le meilleur de lui-même pour permettre à sa jeunesse de se forger un avenir et de croire en la vie serait, de toute évidence, un pays résigné à son déclin.

René Poujol

René Poujol est directeur de la rédaction de Pèlerin

 

 

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