Conférence de presse de Sarkozy: les réactions
PARIS (AFP) — Le premier secrétaire du PS François Hollande a déclaré mardi que le président Nicolas Sarkozy avait "évité de répondre aux questions essentielles de la croissance et du pouvoir d'achat" lors de sa conférence de presse.
"Pendant près de deux heures, Nicolas Sarkozy a tenté de créer l'illusion du mouvement. (...) Il a disserté philosophie et civilisation pour éviter de répondre aux questions essentielles où il était attendu : celles de la croissance, du pouvoir d'achat, de la vie chère, des salaires et de l'emploi", a affirmé M. Hollande dans un communiqué.
Selon le numéro un socialiste, le "long propos" présidentiel "a eu au moins un mérite : celui de révéler l'absence de résultat depuis huit mois, le défaut de propositions immédiates pour la vie de nos concitoyens".
L'UMP a salué le "volontarisme" de Nicolas Sarkozy, "le président qui fait ce qu'il dit", et qui a montré qu'il "tiendrait tous les engagements pris".
Le Président de la République a montré une "France qui ne baisse pas les bras et qui veut changer de logique économique", écrit dans un communiqué au nom du parti présidentiel Frédéric Lefebvre, secrétaire national chargé de l'Economie.
L'UMP "entend être à la pointe du changement en profondeur" que le Président "a engagé depuis 8 mois et qu'il veut accélérer", poursuit M. Lefebvre.
Le sociologue Edgar Morin s'est déclaré "très attentif" aux propos de Nicolas Sarkozy mardi durant sa conférence de presse, et "prêt à entrer dans un débat" autour du concept de "politique de civilisation" auquel le chef de l'Etat s'est référé.
"J'ai vu un mélange des deux Sarkozy, le Sarkozy d'avant la +politique de civilisation+ et le Sarkozy d'après. Il rejoint certains des thèmes, notamment l'idée qu'il faut faire primer la qualité sur la quantité, le mieux sur le plus, mais il y a encore beaucoup de +plus+ dans ce qu'il dit : la croissance, la quantité d'heures de travail...", a-t-il déclaré sur France Info.
"Quand il a repris une de mes formules, qu'il faut mettre l'homme et la femme au centre de la politique, c'est absolument évident", a poursuivi Edgar Morin, auteur en 1997 d'un livre intitulé "Pour une politique de civilisation".
Les députés du Nouveau Centre (NC) se sont quant à eux félicités de "la politique de civilisation" annoncée par Nicolas Sarkozy lors de sa conférence de presse, y voyant l'affirmation d'une "ambition" pour la France sur la scène internationale".
"Il a réaffirmé son ambition pour la France, la volonté qui était la sienne de jouer un rôle renouvelé, une politique de civilisation. Il a eu raison de placer l'homme au coeur des préoccupations, au coeur de la politique", s'est réjoui le président du groupe François Sauvadet, lors de son point de presse hebdomadaire.
Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout La République, estime dans un communiqué "Nicolas Sarkozy a renoué avec un volontarisme de campagne dont (Nicolas Dupont-Aignan) réclame depuis longtemps nombre de propositions (...) Mais Nicolas Sarkozy se rend-il compte que mai 2007 est depuis longtemps derrière nous et qu'il est désormais aux commandes?"
La secrétaire nationale du PCF Marie-George Buffet a dénoncé mardi la vision "ultra-réactionnaire et destructrice du changement" qu'a exposée Nicolas Sarkozy dans ses voeux à la presse à l'Elysée.
"Il est tout simplement faux d'expliquer que l'on peut faire mieux avec moins, les services publics ont besoin d'investissement humain et financier pour répondre aux besoins", a déclaré Mme Buffet dans un communiqué.
Dans un communiqué intitulé "Touche pas au préambule!", SOS Racisme s'est inquiétée mardi de la volonté du président Nicolas Sarkozy de faire figurer "le respect de la diversité" dans le préambule de la Constitution, y voyant des "logiques de discrimination positive basées sur la référence ethnique".
"Nous nous inquiétons de la volonté exprimée par Nicolas Sarkozy de modifier le préambule de la Constitution afin d'y faire désormais figurer le +respect de la diversité+", écrit le président de l'association, Dominique Sopo.
Le député UMP François Goulard (villepiniste) a estimé mardi que le président Nicolas Sarkozy s'était livré lors de sa conférence de presse à "une reprise en main, après des sondages qui étaient moins bons".
"La forme était brillante, avec un président qui est apparu offensif, avec un sens de la formule et de la dialectique. C'était tonique", a déclaré M. Goulard dans les couloirs de l'Assemblée nationale. "Il y a peut-être un excès de personnalisation et le risque qu'il soit surexposé", a-t-il toutefois ajouté. "J'ai eu l'impression que c'était une reprise en main après des sondage s qui étaient moins bons et des voeux diversement appréciés. Il a voulu montrer que l'animal politique est vivant et bien vivant. On a l'impression que c'est quelqu'un en sur-régime", a aussi affirmé le député du Morbihan.
Pour le Mouvement des Jeunes Socialistes, la conférence de presse de Nicolas Sarkozy ressemble à "un show de campagne très loin du quotidien des Français et du malaise social. (...) A défaut d'une politique de civilisation Sarkozy pratique une politique de l'illusion".