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C'est fou !" Choquée, Françoise de Panafieu regarde les poutres métalliques dans la cage d'escalier, les murs noircis, les fils électriques qui pendent. La candidate UMP à la Mairie de Paris visitait, vendredi soir, un immeuble insalubre, 25, rue Stephenson (18e). Les mains enfouies dans les poches, elle suit Roxane Decorte, tête de liste UMP dans le 18e, qui s'indigne: "Cet immeuble accueille le "point d'accès au droit" (permanence juridique) inauguré en grande pompe par les socialistes. Mais il a été répertorié insalubre il y a moins d'un an, après un incendie!"

A l'étage, Nadia invite les élues à entrer chez elle. Elle vit ici depuis 30 ans: "Je n'ai pas de douche, pas d'eau chaude, c'est le Moyen Age." Elle dort sur un matelas posé au sol, collée à ses trois enfants, la peur au ventre: "En un an, on a eu cinq incendies." Elle craint aussi les toxicos qui fréquentent l'immeuble.

"J'ai préparé mes cartons, raconte-t-elle. Mais le bailleur n'a pas fait les travaux à l'endroit où on doit être relogés. J'ai peur de me retrouver à la rue." Françoise de Panafieu tente de la rassurer. A peine sortie de l'immeuble, une demi-heure plus tard, elle tempête: "En 2001, Bertrand Delanoë s'engageait à résorber l'insalubrité à Paris, soit 1 200 immeubles. Il n'en a même pas traité un tiers!"

La candidate proclame: "Si je suis élue, je m'engage à éradiquer l'insalubrité de la totalité de ces immeubles. Quitte à demander à l'Etat de les réquisitionner s'ils sont privés et que les propriétaires ne font pas les travaux." Elle propose de consacrer à la politique du logement "50 % des droits de mutation aujourd'hui perçues par la Mairie de Paris à chaque transaction immobilière", soit plus de 450 millions d'euros (chiffre 2007).

Puis la députée-maire du 17e regagne sa mairie d'arrondissement. Depuis le 24 décembre, des SDF y sont accueillis pour la nuit. Vingt et un lits sont installés dans des locaux qui, à terme, accueilleront une crèche et une halte-garderie. Les sans-abri peuvent manger, boire un café ou regarder la télé dans la salle principale. Françoise de Panafieu leur serre la main et file: "Ils ne viennent pas ici pour être dérangés."

Panafieu veut créer une "agence contre la pauvreté"

Sur place, elle salue aussi les responsables d'Emmaüs et du Samu social qui participent à l'opération. Ainsi que Françoise et Sauveur, les gardiens de la mairie - "des saints laïcs", affirme-t-elle - qui fournissent une aide précieuse. Certains y verraient-ils un plan com? "Cela fait plus de sept ans que, de la fin octobre à la mi-mars, la mairie du 17e sert des repas chauds, le soir, à ceux qui en ont besoin", se défend Françoise de Panafieu. L'accueil des SDF se poursuit au moins jusqu'à demain soir.

La candidate en profite tout de même pour décliner ses propositions en faveur des sans-abri et du logement. Par exemple, elle propose de "créer au moins une maison-relais dans chacun des 80 quartiers de Paris" pour les SDF, des structures d'une dizaine de lits sur le modèle londonien. Mais aussi d'ouvrir les restaurants des personnels de la Ville, le soir, aux associations servant des repas. De créer une "agence contre la pauvreté". De vendre 10% des logements sociaux aux locataires qui le souhaiteraient. De lancer 4000 logements neufs par an...

Ce week-end, la candidate UMP diffuse d'ailleurs un tract sur le sujet. Le PS réplique déjà. Jean-Yves Mano, l'adjoint au logement de Delanoë, explique: "Les engagements de Panafieu en matière de logements sont inférieurs à ceux de la municipalité, qui a prévu d'y consacrer 530 millions d'euros en 2008." Quant à l'insalubrité, l'élu rappelle: "L'équipe précédente, dont faisait partie Mme de Panafieu, recensait 136 immeubles insalubres, source jdd.

savons trouvé plus de 1000 en mars 2001, qui sont aujourd'hui traités ou en cours de traitement."
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