L'interdiction de fumer élargie aux lieux de convivialité
Challenges.fr | 31.12.2007 | 18:22 |Roselyne Bachelot a expliqué qu'aucun assouplissement de la loi n'aurait
lieu.

(c) Reuters
L'interdiction de fumer dans les lieux de convivialité entre en application mardi
1er janvier à minuit. Le ministère de la Santé a fait savoir qu'il y aura une “tolérance“ pour la nuit du réveillon et le jour de l'an.
En revanche, Roselyne Bachelot confie au Parisien lundi qu'"il n'y aura aucun assouplissement de la loi" sur l'interdiction de fumer dans les bars, restaurants et discothèques. Interrogée sur
éventuelle dérogation pour les bars-tabac, elle répond: "il n'y aura aucun assouplissement de la loi. Afin de les aider, le gouvernement a mis le paquet, notamment avec des aides
financières".
La ministre explique que dans les autres pays ayant adopté une législation similaire, "la fréquentation des lieux de convivialité a même augmenté: plus de 7% en Irlande, plus de 11% dans les pubs
écossais".
Santini réclame d'autres solutions
Un argument qui ne convainc pas son collègue André Santini, secrétaire d'Etat à la Fonction publique et... président du Club des parlementaires amateurs de cigares. "On est en train de nous
objecter tous les exemples étrangers, alors que l'Espagne va bien: ce sont les patrons de bistros qui disent 'ici on fume, ici on fume pas'. On aurait peut-être pu faire ça", a-t-il expliqué sur
RTL.
"J'essaie de plaider pour qu'on trouve des solutions, en province surtout", a-t-il ajouté, avant de juger que, face à la décision du gouvernement, seul Nicolas Sarkozy pouvait peut-être infléchir
les choses.
Le ministre du Travail, Xavier Bertrand, a lui relevé que la solution espagnole n'était pas applicable en France, en rappelant l'existence d'une "décision de la Cour de Cassation de juin 2005
stipulant que tous les salariés doivent être protégés".
Les buralistes en colère
La cigarette sera donc bannie en France à partir du 2 janvier, comme dans d'autres Etats européens, et ce malgré, les dissonances entre les buralistes et le gouvernement.
"On nous avait annoncé que le décret d'interdiction de fumer au 1er janvier allait passer comme une lettre à la poste. Nous avons aujourd'hui de bonnes raisons d'en douter", a déclaré René Le
Pape, le président du puissant groupe de pression des buralistes.
Le patron de la Confédération des débitants de tabac (CDT) menace d'interpeller systématiquement les ministres lors de leurs déplacements en province: "d'après les informations qui nous remontent
du terrain, les signes de confusion et d'énervement se multiplient: la signalétique nécessaire à l'information des clients n'est pas encore arrivée dans tous les établissements et les
instructions auprès des forces de l'ordre semblent contradictoires, d'un service à l'autre, d'un département à l'autre“.
Inquiétudes des maires
Par ailleurs, René Le Pape a souligné la "forte inquiétude des maires qui sont de plus en plus sollicités sur les problèmes d'aménagements de terrasses et de troubles éventuels de voisinage".
Il note aussi "une forte incrédulité des clients fumeurs qui cohabitent jusqu'à présent sans problème avec des non-fumeurs dans les bars-tabacs".
Policiers et gendarmes participeront au contrôle du respect de la loi interdisant de fumer dans les cafés et les restaurants, mais "avec discernement", selon des directives du ministère de
l'Intérieur.