Partager l'article ! "une commande politique"?: Procès Clearstream Le réquisitoire contre Villepin, "une commande politique"? ...
Par LEXPRESS.fr, publié le 21/10/2009 10:29 - mis à jour le 21/10/2009 11:36
AFP / MARTIN BUREAU
Dominique De Villepin le 6 octobre 2009, à son arrivée au Palais de justice de paris pour l'ouverture du procès Clearstream.
Le réquisitoire du parquet contre Dominique de Villepin fait du bruit dans la classe politique. Le procureur a été critiqué tant pour la faiblesse de son argumentation que pour son manque d'indépendance à l'égard du pouvoir.
Jean-Claude Marin est sur le grill. Le procureur de la République de Paris a requis mardi une peine de 18 mois avec sursis contre Dominique de Villepin. Il l'accuse d'avoir cautionné "par son silence" la manipulation des fameux listings bancaires.
Un réquisitoire qui a été critiqué au sein de la classe politique. La charge la plus violente est venue d'Arnaud Montebourg, député PS de Saône-et-Loire.
Invité sur Public Sénat, l'avocat de profession a dénoncé le manque d'indépendance du procureur Jean-Claude Marin. "C'est une honte, la manière dont il exerce sa fonction car il est devenu une sorte de préfet judiciaire, aux ordres du gouvernement", a-t-il estimé. Et il a rajouté: "Il n'a même pas, à mes yeux, le droit de porter plus longtemps une robe de magistrat".
Arnaud Montebourg s'en également pris au chef de l'Etat, partie civile dans ce procès, et a fustigé "ces dévoiements de la justice", qui résultent du "sarkozysme judiciaire" selon lui.
Sur France 2, la première secrétaire du PS, Martine Aubry, a jugé "l'affaire très grave pour la politique". "Cela donne l'image d'hommes et de femmes qui, pour garder le pouvoir, sont prêts à tout, même si encore une fois on ne sait pas aujourd'hui ce que va décider la justice".
Un duel pour assainir l'ambiance à droite?
"Je ne commente jamais les décisions et même les propositions de justice puisqu'on en est aujourd'hui aux propositions du procureur, a déclaré Martine Aubry. Ce que je veux simplement dire c'est que tant de haine entre le président de la République actuel et un ancien Premier ministre ça me paraît quand même très grave. On voit là qu'on a atteint un niveau extrêmement dramatique et puis l'histoire qui est derrière est quand même effrayante."
A droite, les élus proches de Dominique de Villepin ont eux aussi critiqué le réquisitoire du procureur Jean-Claude Marin.
"Le procureur a rempli jusqu'au bout une commande politique. Son réquisitoire incohérent en est l'éclatante illustration", a déclaré le député de l'Hérault Jean-Pierre Grand à l'AFP.
Invité de LCI, son collègue de la Drôme, Hervé Mariton, a jugé "la démonstration très fragile". "Est-ce que ne rien faire est une qualification pénale? Ce reproche d'abstention, on peut le faire à beaucoup de monde dans cette affaire", a-t-il expliqué. Avant d'ajouter, dans un sourire: "En d'autres temps, cela se serait réglé par un duel, cela aurait assaini le climat dans la majorité!"
De son côté, le président du Mouvement démocrate, François Bayrou, s'est inquiété des dégâts sur la justice de cette affaire Clearstream. "Le président de la République ne peut pas être accusé devant un tribunal ni appelé à témoigner. Il est garant de l'indépendance de la justice et se trouve au sommet de la pyramide hiérarchique des magistrats du parquet. Et, il est parti civile dans cette affaire", a rappelé le leader centriste sur France Info.
"Le moins que l'on puisse dire, c'est que le fléau de la justice n'est pas impeccablement équilibré et, en tous cas, que ce n'est pas une situation normale pour une démocratie", a-t-il estimé.