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Une fronde contre l'autoritarisme de François Bayrou est en train de se développer au sein du 92 à l'approche des élections régionales. Récit de ce soulèvement des cadres.
Des élus s'élèvent contre l'autoritarisme de Bayrou
Tout a commencé par un article paru dans le Parisien dans lequel le Président du MoDem annonçait préparer un "coup" pour les prochaines régionales, étant sous-entendu qu'il avait déjà pris sa décision quant à la désignation d'une prochaine tête de liste : "une tête de liste atypique en Ile-de-France. Une « surprise » dont, pour l’instant, il ne dira pas plus. Il veut faire émerger une génération du MoDem née après l’UDF".
Il n'en a pas fallu plus pour que les autres candidats à la tête de liste, notamment ceux qui ne sont pas de cette "génération MoDem née après l'UDF" s'en offusquent, et à juste titre. Le motif de leur colère n'était d'ailleurs pas forcément de ne pas avoir été eux-mêmes désignés mais du fait, qu'une fois de plus, Bayrou piétinait les règles démocratiques internes pour les investitures. Alors que l'appel à candidature n'était pas encore clos, le président du MoDem s'affichait comme ayant pris sa décision, comme il le fit d'ailleurs dans une autre région de France récemment.
Il y a deux jours, j'ai révélé que le "coup" de François Bayrou était Christophe Grébert. Les choses se sont alors précipitées. Antoine Dupin, conseiller régional sortant, président du MoDem 92, n'a pas accepté ce deni de démocratie et a écrit une lettre ouverte au Président du Modem, lettre dont voici quelques passages.
"La coupe est pleine au Mouvement Démocrate, le ras le bol, visible et permanent"
"Pourquoi as-tu (François Bayrou) a ce point laissé disparaître la réflexion dans ce parti ?... Pourquoi as-tu laissé s'installer la confusion dans ton mouvement ? ... Pourquoi, élection après élection, sacrifie-t-on systématiquement les parlementaires et les élus locaux ? ... Nous sommes paralysés par des querelles de personnes et les arbitrages de cour princière sur fond de sondages calamiteux."
Et la lettre ouverte de se terminer par cette supplique : "ne nous déçois pas".
Piqués au vif par ce message et se sentant directement visés, Bernard Lehideux, directeur de cabinet de François Bayrou et Denis Badré, Sénateur et membre du bureau exécutif, tous deux cadres "supérieurs" du MoDem enracinés dans le 92, nommés par le Président et non pas élu par les militants comme l'est Dupin, se sont empressés de réagir par un e-mail à tous les adhérents :
"La "lettre ouverte" qu'Antoine Dupin vient d'adresser à François Bayrou fait beaucoup de tort à notre famille politique. Elle dessert notre mouvement départemental des Hauts-de-Seine. Elle nous fragilise en un temps où toutes nos forces devraient être dirigées vers la préparation des échéances électorales du printemps."
Argument fallacieux et totalement irrecevable sur le mode enfantin du "c'est-celui-qui-dit-qui-est". D'autant que par expérience, je ne suis pas certain que ce soient les adhérents et la base qui fassent le plus de mal au MoDem.
Bref, la lettre ouverte est devenue pétition et dans un entretien au JDD.fr, Antoine Dupin, répondant à une question sur la disparition éventuelle du MoDem, affirme : "Si je lance un cri d'alarme, c'est justement pour qu'il ne disparaisse pas. Si, élection après élection, nous tombons dans le même piège de la personnalisation du scrutin et que, dans le même temps, nous ne répondons pas aux interrogations des citoyens, on passe à côté de quelque chose, c'est sûr"
La démarche des élus du 92 me conforte dans la posture que j'avais prise en juin dernier lorsque j'avais créé Les Promoteurs du Mouvement Démocrate, un groupe de cadres, d'adhérents et de sympathisants qui avaient eux aussi interpellé François Bayrou sur ces mêmes dysfonctonnements. Et je suis heureux que certains, dont des présidents de sections qui n'avaient pas compris ma démarche à l'époque, signent aujourd'hui cette lettre ouverte.
Finalement, je n'ai qu'un seul regret : que François Bayrou n'ait jamais voulu écouter sa base et qu'il n'ait pas voulu entendre ce que je lui disais à l'époque.