À LA ROCHELLE, PAR HERVÉ FAVRE
desk@lavoixdunord.fr PHOTO « LE PARISIEN »
À La Rochelle, ce qui se passe dans les restaurants du port est toujours plus suivi que les ateliers sur les grands sujets du
moment. Ainsi hier midi, tous les regards étaient braqués vers le restaurant Les Flots sur le port. Cela fait bien longtemps en effet qu'on n'avait pas vu à une même table Martine Aubry,
Laurent Fabius, Arnaud Montebourg et le strauss-kahnien Jean-Christophe Cambadélis.
Une photo de groupe qui faisait apparaître encore plus cruelle la solitude de l'autre lieutenant de DSK, Pierre Moscovici, à la
terrasse voisine ! Il y a quinze jours, il était l'invité d'honneur d'Arnaud Montebourg à sa « fête de la rose » de Frangy-en-Bresse hier, le député de Saône-et-Loire est passé sans
un mot devant lui. De quoi méditer sur la solidité de certaines alliances par ces temps de pré-congrès.
En refusant de faire allégeance à une candidature Aubry et en maintenant ses propres ambitions pour le poste de premier
secrétaire, Moscovici est le caillou dans la chaussure des « reconstructeurs », ce regroupement inattendu des amis de Strauss-Kahn et de Fabius autour de Martine Aubry. D'autant
qu'hier soir, il a rallié à son camp les « barons » régionaux menés par Jean-Noël Guérini de la grosse fédération des Bouches-du-Rhône et le maire de Lyon, Gérard
Collomb.
Sitôt le café avalé avec ses nouveaux amis, Laurent Fabius avait rendez-vous avec les journalistes pour prôner cette
« majorité de renouveau qui commence à se mettre en place ». En introduction, il dresse un bilan de l'ère Hollande en forme de réquisitoire : « pipolisation »,
« failles très importantes dans la direction », « propositions ressenties comme peu crédibles ».
Guerrede succession
Bref, « il faut changer ». Et puisqu'il faudra bien passer rapidement du travail collectif des
« reconstructeurs » à la désignation d'un(e) chef d'équipe, Laurent Fabius ne fait pas mystère de son choix : « J'ai déjà dit que si Martine l'accepte et que si le collectif en
décide, elle pourrait extrêmement bien remplir ce rôle. » Quant à 2012, « on verra le moment venu », sachant que l'ancien Premier ministre, qui entend « rester au-dessus de
la mêlée », n'a en rien renoncé à un destin présidentiel.
« On m'a souvent reproché la synthèse, et j'en vois qui en font des plus miraculeuses que les miennes », ironise
François Hollande qui prononcera aujourd'hui son dernier discours de clôture de l'université d'été. L'occasion de dire qui il soutiendra dans la guerre de succession ?
Jusqu'à présent il semblait pencher plutôt du côté de Bertrand Delanoë. « Partir avec Hollande, c'est partir avec son
bilan », souligne le député de l'Essonne François Lamy, proche de Martine Aubry. Mais c'est aussi partir avec un soutien qui, chez les militants, pèse sans doute plus lourd que ne le
pensent ses nombreux détracteurs... •