Alain Griotteray est mort

PARIS (NOVOpress) – Alain Griotteray, ancien député-maire de Charenton-le-Pont, écrivain,
journaliste et patron d’émission sur Radio Courtoisie est décédé samedi matin à cinq heures des suites
d’une longue maladie. Un parcours atypique, une carrière politique et militante d’une exceptionnelle longévité : voilà ce qui pourrait qualifier le défunt.
Le 11 novembre 1940, Alain Griotteray est, à 17 ans, l’un des instigateurs de la manifestation étudiante qui défie dans Paris
l’occupant allemand en commémorant l’armistice de la première Guerre mondiale. Il rejoint alors le réseau d’Henri d’Astier de la Vigerie et en prend le commandement en 1943, devenant ainsi le
plus jeune chef de réseau de la résistance. En 1947, il adhère au RPF de Charles de Gaulle, puis, en mai 1958, il participe aux événements qui vont ramener de Gaulle au pouvoir. Il rejoint
ensuite l’UNR, qu’il quitte en 1960 par fidélité à l’Algérie française. Il rejoint alors les Républicains indépendants de Valéry Giscard d’Estaing et sera un des fondateurs de la Fédération
nationale des clubs Perspectives et Réalités. Il a été conseiller de Paris (1959-1965), maire de Charenton-le-Pont (1973-2001), député du Val-de-Marne (1967-1973, puis 1986-1997) et
vice-président du conseil régional d’Île-de-France.
En 1963, il est l’un des actionnaires fondateurs de Minute. En 1978, il fonde avec Louis Pauwels le Figaro
Magazine dont il est directeur délégué et éditorialiste. Très eurosceptique, il finit par entrer en conflit éditorial avec la direction plus europhile du journal, qu’il doit quitter en
2001. Il est l’une des personnalités qui apportent leur soutien à la Révolution bleue, mouvement libertarien lancé en novembre 2005 par Claude Reichman.
Partisan déclaré d’ententes entre la droite régimiste et le Front national, il apporte son soutien à la candidature de Marine Le
Pen dans la 14e circonscription du Pas-de-Calais à Hénin-Beaumont lors du second tour des élections législatives de juin 2007, « parce qu’il se fait une certaine idée de l’Europe » et
que la candidate du Front national est une « ardente défenseur de l’Europe des patries ». Lors de l’élection municipale de mars 2008, il soutient Louis Aliot, tête de liste FN à
Perpignan pour contrer le maire Jean-Paul Alduy qui se considère comme « l’homme le plus à gauche du département ». Mais il soutient également la candidature de Rachida Dati dans le 7e
arrondissement de Paris, le Garde des Sceaux illustrant selon lui le « génie » assimilationniste de la France.
Alain Griotteray était également animateur du « Libre journal » sur Radio Courtoisie et il se consacrait à l’écriture.
Hospitalisé depuis près de trois mois, c’est sa fille Michèle qui l’avait remplacé à la tête de l’émission. Joint par téléphone, Henri de Lesquen, le directeur de Radio Courtoisie a confié à
Novopress que celle-ci allait très prochainement lui rendre hommage. Jean-Yves Le Gallou, ancien député et animateur de Polémia, nous a pour sa part décrit Alain Griotteray comme quelqu’un qui s’est « toujours situé à la charnière
de toutes les droites et sur une ligne que l’on pourrait qualifier de nationale et patriotique », ajoutant « chez lui, le politique n’a jamais étouffé le militant
».
[cc] Novopress.info, 2008,
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