Vendredi 9 mai 2008
SARKOZY VS LES MEDIAS

"Sarkozy confond le journalisme et la communication"

Le président de la République met en cause l'honnêteté de l'AFP, de L'Express, du Parisien, du Journal du Dimanche, de Marianne… Est-ce à dire qu'il y aurait un complot de l'ensemble de la presse contre Nicolas Sarkozy ?

- Le président a le droit de penser ce qu'il veut, et il ne s'agit pas de déclarations publiques puisqu'il s'exprimait devant des députés UMP. Ceci étant rappelé, ces propos constituent tout de même un aveu de faiblesse. On peut aussi y voir une stratégie de victimisation.
Que Nicolas Sarkozy s'en prenne nommément à des entreprises de presse n'est pas nouveau. Ce qui est grave, c'est que Nicolas Sarkozy et l'UMP confondent le journalisme et la communication. Par définition, le journaliste doit faire des choix éditoriaux. Il n'est pas la courroie de transmission du pouvoir!

L'UMP attaque également l'AFP pour sa "situation de quasi-monopole". N'est-ce pas là un argument que l'on peut entendre ?

- Non, car les journaux sont dotés de services politiques avec leurs propres réseaux d'information. Cette accusation montre surtout une méconnaissance totale de ce qu'est le journalisme.

Les pressions de l'Elysée et de l'UMP peuvent-elles amener certains médias à modifier leur traitement de l'information ?

- Ce serait dramatique si c'était le cas, mais je ne le pense pas. A mon avis, ces critiques vont même se montrer contreproductives.
Il faut cependant être bien conscient que le président lance ses anathèmes dans un contexte de grave crise économique et financière pour la presse, notamment la presse quotidienne. Ce mélange entre fragilité économique et pressions politiques risque de se révéler détonnant: un média peut hésiter à froisser le président s'il appartient à un grand groupe industriel dépendant de la commande publique.
Plutôt que de critiquer, il serait bon que les pouvoirs publics et les partis politiques se réunissent autour d'une table pour réfléchir aux bouleversements de notre profession et aux moyens de garantir l'indépendance de la presse.

Interview de Jean-Michel Dumay par Baptiste Legrand
(le vendredi 9 mai 2008)
par Gaullisme populaire et Sociaux . Daniel Hentzé publié dans : Nicolas Sarkozy Président de la République. communauté : La communauté des Gaullistes .
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Vendredi 9 mai 2008
Par Albert Ricchi Agoravox - il y a 1 heure 37 minutes

Cet article a été rédigé par un reporter d'AgoraVox, le journal média citoyen qui vous donne la parole.

L’annonce de la suppression de la majoration unique des allocations familiales à l’âge de 14 ans, pour les 1 698 000 bénéficiaires de cette allocation, a suscité un véritable tollé de l’Union nationale des associations familiales (UNAF) et de la Confédération syndicale des familles (CSF).

Avec la sortie du décret officialisant cette décision, au JO du 29 avril 2008, le gouvernement de Nicolas Sarkozy confirme qu’il entend grignoter tout ce qui peut l’être encore, principalement sur le dos des salariés et de leurs familles. Il espère ainsi réaliser une nouvelle économie de 138 millions d’euros en vue de renflouer les caisses de l’Etat et de la Sécurité sociale qui restent désespérément vides après le "paquet fiscal" et le cadeau de plusieurs milliards d’euros, accordé chaque année, aux catégories sociales les plus aisées du pays.

Mais si une politique familiale du jeune enfant ne peut se réduire à une pitoyable ponction des crédits déjà affectés aux familles, il convient également de dénoncer les nombreuses anomalies et injustices des modalités de versement des allocations familiales…

A la tête d’un réseau de 123 caisses locales, la caisse nationale des allocations familiales (CNAF) mobilise environ 34 000 agents pour gérer plus de 11,5 millions d’usagers dont 6 720 000 familles avec au moins un enfant à charge (5 780 000 couples et 940 000 personnes isolées).

Les prestations familiales sont destinées à compenser les charges de famille des personnes physiques françaises ou étrangères, résidant en France. Elles sont dominées par des aides ciblées vers les familles ayant de jeunes enfants à charge, les familles nombreuses et les familles monoparentales qui sont dans leur immense majorité des femmes.

Parmi ces prestations, les allocations familiales sont dues sans condition de ressources, à partir du deuxième enfant à charge. Leur montant est fixé en pourcentage de la base mensuelle de calcul des allocations familiales (BMAF) et varie en fonction, du nombre d’enfants à charge :

- 120,92 € pour deux enfants,

- 275,84 € pour trois enfants,

- 430,76 € pour quatre enfants,

- 154,92 € par enfant supplémentaire.

Une majoration de 34,01 € était versée par enfant de 11 à 16 ans, 60,46 € par enfant de plus de 16 ans. Après la dernière mesure gouvernementale, c’est une seule allocation de 60,46 € qui sera versée pour chaque enfant à partir de 14 ans. La majoration cesse d’être versée au vingtième anniversaire de l’enfant ; la majoration n’est pas versée pour l’enfant le plus âgé d’une famille de deux enfants ; elle est due au titre de chaque enfant pour les familles de trois enfants et plus.

Première anomalie très choquante : un couple avec un enfant à charge (souvent un jeune couple venant de débuter dans la vie, voire un couple en difficulté financière dont l’un des conjoints est au chômage, en temps partiel subi, etc.) ne touche pas d’allocations familiales. La France reste avec cette vieille idée de l’après-guerre qui consiste à favoriser les naissances en ne donnant pas d’allocations familiales aux familles dès le premier enfant. Aujourd’hui, l’éducation d’un enfant coûte aussi cher, sinon plus proportionnellement, que celle de deux enfants et plus !

Seconde anomalie non moins révoltante : les familles modestes ayant deux enfants à charge au moins perçoivent exactement les mêmes montants d’allocation que les familles aisées vivant très confortablement (cadres supérieurs, professions libérales, PDG, etc.). Au nom d’une apparente égalité de traitement des familles, les notions de solidarité ou d’aide sociale sont ainsi bafouées en permanence et ce « principe d’égalité » creuse en fait, chaque jour un peu plus, les inégalités sociales.

Enfin, dans le but de ponctionner encore le pouvoir d’achat des familles, le législateur a prévu une retenue de 0,5 % au titre de la contribution au recouvrement de la dette sociale (CRDS) et les montants bruts de ces allocations deviennent en réalité :

- 120,32 € nets pour deux enfants,

- 274,47 € nets pour trois enfants,

- 428,61 € nets pour quatre enfants,

- 154,15 € nets par enfant.

La base mensuelle de calcul des allocations familiales : un système bien utile pour ponctionner davantage le pouvoir d’achat des familles.

Le montant des différentes prestations familiales est fixé en pourcentage de la base mensuelle de calcul des allocations familiales (BMAF). Elle était de 377,86 € au 1er janvier 2008.

C’est ainsi que le montant des allocations familiales pour deux enfants est égal à 32 % de la BMAF (soit 120,92 € bruts), le montant de la majoration unique à 14 ans est égale à 16 % de la BMAF (soit 60,46 € bruts) le montant de l’allocation de parent isolé est égal à 150 % de la BMAF (soit 566,79 € bruts), etc.

Cette base est revalorisée chaque année par décret, mais sans tenir compte de l’augmentation réelle du coût de la vie. Son montant de 374,12 € au 1er janvier 2007, est passé à 377,86 € le 1er janvier 2008, soit une augmentation de 1,0 % alors que l'inflation a été de 2,6 % en 2007 !

On peut donc en conclure que le gouvernement de François Fillon a réduit de 1,6 % le montant des prestations familiales en 2007 alors que certains médias « bien-pensants » nous présentent cette revalorisation d'1 % comme un progrès !

Il en est ainsi de très nombreuses allocations qui diminuent d'année en année, tout comme d’autres prestations, pensions, rentes, indemnités diverses servies par d’autres organismes de Sécurité sociale et qui ne sont pas indexées sur le taux réel annuel de l’inflation.

Ce phénomène de non-indexation systématique des avantages sociaux sur le coût de la vie (c’est aussi le cas pour les salaires depuis le tournant de la rigueur en 1983…) conduit à une véritable paupérisation de l’ensemble des salariés et de leurs familles.

Et, aujourd’hui, cette situation est très préoccupante, en particulier pour les 7,1 millions de personnes pauvres (12,1% de la population), au sens des critères retenus par l’Union européenne, qui touchent 60 % du revenu médian et qui vivent avec moins de 817 € par mois. Sans compter les quelque deux millions de salariés payés au Smic (12,9 % des salariés du privé, hors entreprises agricoles et intérim) ou les 30 % des salariés à temps plein (hors intérim) qui touchent un salaire inférieur à 1,3 Smic (1 700 € bruts par mois).

Une réforme indispensable et urgente

Depuis 1978, les prestations « familles » et « maternité » ont été étendues à l’ensemble de la population, sans condition d’activité professionnelle et elles représentent aujourd’hui, en masse financière, environ 44 milliards d'euros versés par la CNAF, soit 2,8 % du PIB.

Parmi ces prestations familiales, les allocations familiales et les autres prestations légales, attribuées aujourd’hui sans aucune condition de ressources, constituent près de la moitié des prestations versées !

Aucune réforme sérieuse n’a jamais été entreprise par les pouvoirs publics pour revenir à un principe de solidarité et une réduction des injustices sociales et fiscales. Seul Lionel Jospin avait tenté maladroitement de fixer un plafond de ressources au-delà duquel les familles aisées n’y avaient pas droit, ce qui déclencha immédiatement, à cause des effets de seuil, la réprobation des familles, plutôt bourgeoises et aisées, il est vrai…

Alain Juppé, Premier ministre, avait envisagé un moment de continuer à verser les mêmes montants d’allocations familiales à toutes les familles, mais en les déclarant ensuite dans l’impôt sur le revenu. Il y renonça finalement…

Au cours de la dernière campagne présidentielle, aucun candidat n’avait proposé véritablement de réformer le système d’attribution de ces allocations. Chacun se souvient des propos de Ségolène Royal évoquant tantôt la possibilité de leur mise sous tutelle pour les familles qui ne « tiendraient pas correctement leurs enfants », tantôt le droit des femmes notamment dans les pays scandinaves, mais ignorant par exemple qu’en Norvège, les allocations familiales sont versées dès le premier enfant…

Quant à Nicolas Sarkozy, il proposa bien, pendant la campagne, à un interlocuteur, sur le plateau de l’émission A vous de juger d'Arlette Chabot sur France 2, de les attribuer dès le premier enfant, mais cette promesse, comme tant d’autres, s’est volatilisée depuis…

Et, aujourd’hui, s’il y a lieu d’être outré, ce n’est sans doute pas à cause de leur versement à quelques familles qui seraient laxistes dans l’éducation de leurs enfants, mais plutôt à cause de l’absence de versement aux familles n’ayant qu’un seul enfant à charge, leur revalorisation inférieure à l’inflation ou leur attribution à des familles très aisées qui n’en ont nullement besoin…

La meilleure solution consisterait donc à les attribuer à toutes les familles, dès le premier enfant, mais selon un barème dégressif en fonction des revenus de la famille tels que déclarés à l’administration fiscale. Cette dernière solution aurait l’avantage de concilier le maintien des allocations à toutes les familles, leur montant, pour la tranche de revenus la plus élevée, pouvant être bloqué à son niveau actuel jusqu’à l’existence d’un barème cohérent et complet.

Cette absence de proposition de réforme du système d’attribution des allocations familiales de la part de l’UMP et du PS, dont les programmes en la matière restent d’un vide « sidéral », devrait conduire les organisations syndicales et les associations familiales à mieux se faire entendre et à ne pas se contenter d’un timide communiqué de dénonciation rituelle, chaque année, lors de la sortie du décret de revalorisation de la BMAF…

par Gaullisme populaire et Sociaux . Daniel Hentzé publié dans : Gaullistes populaires: info, sondages ,photos. communauté : La communauté des Gaullistes .
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Vendredi 9 mai 2008

«Pascal était un grand seigneur de la variété»

C.J. (lefigaro) avec AFP et AP
09/05/2008 | Mise à jour : 16:33 |
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Pascal Sevran se produit sur scène à Bordeaux en 1986. (AFP)
Pascal Sevran se produit sur scène à Bordeaux en 1986. (AFP)

Hommes politiques et artistes rendent hommage à «l'amoureux sincère de la chanson française, qui aura célébré cet art populaire».


Nicolas Sarkozy a exprimé son «immense tristesse après la mort de son ami Pascal Sevran», saluant «un homme aux multiples talents» qui «pour les Français, restera avant tout celui qui a œuvré avec brio pour la chanson française». «Dans La chance aux chansons, il mettait à l'honneur les textes, mais aussi de jeunes artistes. Homme pétillant et rigoureux, il accompagnait nos après-midi», a relevé le président, qui avait reçu lors de sa campagne le soutien de ce mitterrandiste historique. «La maladie l'a emporté, mais nous nous souviendrons de lui, avec tendresse, encore très longtemps», a-t-il assuré.

«Il était fou de musique et de chansons. Durant deux décennies, il a transmis sa passion de la musique à des millions de téléspectateurs lors de rendez-vous qui auront marqué l'histoire de la télévision. Sa personnalité attachante nous manque déjà», a déclaré Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication.

A France Télévisions, Patrick de Carolis et l'ensemble des collaborateurs du groupe honorent «un être passionné, qui a su transmettre son amour inconditionnel de la chanson française à un public extrêmement fidèle». «Sa disparition émeut tous ceux qui ont eu la chance de travailler à ses côtés mais aussi ses très nombreux téléspectateurs avec lesquels il avait su créer une relation unique», ajoute le président du groupe.

Bertrand Delanoë a exprimé sa «profonde émotion». «Amoureux sincère de la chanson française, Pascal Sevran aura servi et célébré cet art populaire en animant des émissions télévisées qui ont rassemblé un large public, accueillant des figures connues et révélant de nouveaux talents». «Au-delà des excès de certaines de ses positions qui avaient suscité la polémique, je retiendrai la sensibilité et l'intelligence de l'homme», a souligné le maire de Paris.

L'ancien ministre de la Culture Jack Lang, qui l'avait rencontré dans l'entourage de François Mitterrand, s'est déclaré «bouleversé par l'annonce de la mort» d'un «un ami incomparable» dont il aimait «la générosité, la finesse, la drôlerie, l'intelligence décapante, la passion pour l'art et la musique». «Sa disparition est un déchirement et aujourd'hui ce sont des millions de Français qui pleurent son départ», a-t-il confié.

Pour François Fillon, Pascal Sevran était «un artiste populaire, amoureux passionné et infatigable défenseur de la chanson française» qui fut «à la fois le gardien d'une certaine tradition et artisan de la découverte de nombreux nouveaux talents». «Le succès de ses émissions, témoignage de la qualité de son», a estimé le premier ministre.

«Pascal s'en va beaucoup trop tôt. Je l'ai connu débutant. Il était déjà passionné. Il aura consacré sa vie à la chanson française et il a fait beaucoup pour cultiver ce patrimoine qu'il a fait découvrir aux jeunes», a déploré Line Renaud. «On l'ironisait à tort. Il a été un protecteur de la chanson. Qui va faire cela maintenant ?» s'est demandée l'actrice.

Le comédien Jean Piat, qui avait fait une émission avec lui, a salué «un homme de qualité qui s'est comporté remarquablement dans tous les domaines de son activité. On dit beaucoup de bien de gens quand ils s'en vont, mais là c'est justifié», a-t-il dit sur France-2, rappelant que ce «passionné savait un peu remuer les foules».

«Pascal était entier dans ses passions, ses enthousiasmes et ses colères. C'est ce qui faisait son charme. Il était un ami exigeant, sans concessions et dupe de rien», a témoigné Marc-Olivier Fogiel. «Sa fidélité sans réserve à François Mitterrand quand il était moins facile de l'être, en dit long sur son sens de l'amitié et de l'honneur. Il était le contraire d'un opportuniste. Il incarnait le politiquement incorrect», a-t-il estimé.

«Pascal était un grand seigneur de la variété. Si les tournées de chanteurs des années 60 ont autant de succès, c'est à lui qu'on le doit. Pascal invitait des chansons», a rappelé Nicoletta.

par Gaullisme populaire et Sociaux . Daniel Hentzé publié dans : Informations Générales. communauté : La communauté des Gaullistes .
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Vendredi 9 mai 2008
L’AFP mise en cause par Sarkozy, le PDG défend ses journalistes
«Libération» publie la note interne envoyée par Pierre Louette à sa rédaction après les attaques contre la presse lancées mercredi par le chef de l’Etat.
Liberation.fr
LIBERATION.FR : jeudi 8 mai 2008

  
Après les attaques de Nicolas Sarkozy mercredi contre la presse, et notamment contre l'AFP, accusée de ne pas avoir suffisamment relayé la condamnation de Ségolène Royal dans l’affaire de ses ex-collaboratrices, Pierre Louette, le PDG de l'agence, a fait parvenir jeudi après midi une note interne à ses journalistes, dans laquelle il défend la neutralité de l'agence.










« Alors que des accusations particulièrement injustes sont formulées à l'encontre de la rédaction de l'AFP, je tiens à rappeler, très simplement mais très fermement, le travail souvent remarquable accompli par l'ensemble des journalistes de l'Agence, dans tous les pays et y compris en France.
Essentiel à l'information de centaines de millions de lecteurs à travers le monde et donc à la démocratie, ce travail de recherche des "éléments d'une information complète et objective" prévue dans les statuts est reconnu par plus de 10.000 clients, dont la satisfaction se reflète dans la croissance continue de nos recettes commerciales.
La qualité de notre travail de couverture, son sérieux et son équilibre, ne peuvent être sérieusement contestés par personne, pas plus que l'indépendance de l'Agence, voulue et garantie par le législateur de 1957.
La vigueur des attaques venues de la gauche, hier, avec Madame Royal, ou de la droite aujourd'hui, sont le meilleur indicateur externe de notre neutralité et absence de parti pris. Notre meilleure défense est le respect scrupuleux des règles éditoriales qui sont les nôtres.
Quant à l'absolue exigence de relayer chaque déclaration émanant d'un porte-parole de l'un des partis politiques de notre pays, elle n'est prévue par aucun texte, ni conforme aux règles de notre Rédaction : être journaliste, c'est toujours faire des choix, décider ce qui est une information et ce qui ne l'est pas. La plupart des acteurs économiques ou politiques l'ont compris depuis longtemps.
Gageons que la poursuite de la négociation du COM saura montrer l'attachement renouvelé de la République à une Agence qu'elle a voulu indépendante, professionnelle et dotée des moyens de se projeter dans le monde comme de préparer son avenir. »
par Gaullisme populaire et Sociaux . Daniel Hentzé publié dans : Nicolas Sarkozy Président de la République. communauté : La communauté des Gaullistes .
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Vendredi 9 mai 2008
Sarkozy et la mauvaise presse
Persuadé que les journaux sont responsables de sa baisse de popularité, le chef de l’Etat somme l’UMP de contre-attaquer.
ANTOINE GUIRAL et NATHALIE RAULIN
QUOTIDIEN : vendredi 9 mai 2008     libération.

L’homme qui fait cette semaine la couverture de Paris Match tout en œillades et roucoulades pour sa nouvelle épouse, est odieusement maltraité par la presse. L’injustice ayant apparemment échappé aux députés UMP reçus mercredi à l’Elysée, Nicolas Sarkozy leur a détaillé ces manquements destinés à lui nuire. Une formule lapidaire plus tard, l’Express, le Parisien mais aussi l’AFP en avaient pris pour leur grade sous les ors de la salle des fêtes (Libération n’était pas dans le lot). Leur faute : ne pas avoir assez relayé la condamnation de Ségolène Royal en conflit aux prud’hommes avec deux ex-collaboratrices.









Très en verve, Sarkozy étend alors sa chasse à Marianne dont il a peu goûté la une («Putain, 4 ans !») et au Journal du Dimanche (dont le directeur de la rédaction vient d’être débarqué), coupable de ne pas avoir publié dimanche un sondage un peu moins mauvais que les autres sur sa récente intervention télévisée. Et le Président de gronder les députés : «J’ai été obligé de décrocher mon téléphone et d’appeler certains d’entre vous» pour qu’ils rédigent des communiqués. Et de houspiller des élus passablement perplexes : «Dans un pays où il n’y a plus d’opposition, la presse s’attribue la fonction d’opposition.» Cette analyse, Nicolas Sarkozy la développe auprès de tous ses interlocuteurs depuis qu’il chute dans les sondages. Il estime que la presse s’acharne contre lui pour des «raisons davantage commerciales qu’idéologiques» , persuadé que le «Sarko bashing» fait vendre.


Reste que cette attaque de mercredi contre les médias, punching-ball récurrent de l’hôte de l’Elysée, aurait pu passer relativement inaperçue. Telle n’était apparemment pas l’intention du chef de l’Etat. Tard mercredi soir, l’UMP décide de faire monter la pression d’un cran en accusant carrément l’AFP de «censure» dans un communiqué titré : «Deux poids deux mesures.»

Hic. Signés des trois porte-parole de l’UMP, le texte d’avant-hier est en réalité inspiré par un seul : Frédéric Lefebvre, ex-porte-flingue du Sarkozy ministre de l’Intérieur, devenu député sans avoir été élu, suite à l’entrée au gouvernement d’André Santini, député et maire d’Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), toujours sous le coup d’une mise en examen. Le départ de Cécilia - qui le détestait - a accompagné son retour en grâce auprès de Sarkozy, et sa récente nomination comme porte-parole de l’UMP. Or, Frédéric Lefebvre a un petit compte à régler avec l’AFP depuis le 30 avril. Ce jour-là, Nicolas Sarkozy, à nouveau en chute dans les sondages, a «rincé» , selon un participant, les dirigeants de l’UMP réunis à l’Elysée. Il leur a reproché leur manque d’initiative et de combativité pour le défendre. Sommés de se remuer, les proches de Sarkozy sont sur le gril. D’où l’initiative de Lefebvre lobbyiste, prolixe en déclarations superfétatoires, qui, le jour même, enjoint une journaliste de l’agence de presse de diffuser un énième communiqué stigmatisant, au nom de l’UMP, la condamnation de Ségolène Royal.

Le hic, c’est que, remontant déjà au 10 avril, l’arrêt de la Cour d’appel de Rennes qui condamne la présidente du Poitou-Charentes a déjà été abondamment commenté sur le fil AFP, notamment par Jean-Pierre Raffarin, son prédécesseur (UMP). Le communiqué de Lefebvre du 30 avril n’apportant rien de nouveau au débat, la journaliste l’éconduit. Fureur du porte-parole qui se fend dans l’heure qui suit d’une lettre cinglante au directeur de l’AFP. Et, dopé mercredi par Sarkozy, finit par accuser l’agence de «censure» . Cette «affaire» a eu des répercussions au sein de l’AFP, puisque le PDG de l’agence, Pierre Louette, s’est fendu hier soir d’une note interne dans laquelle il dénonce «la vigueur des attaques» et précise : «Notre meilleure défense est le respect scrupuleux des règles éditoriales qui sont les nôtres.»

«Défiance». La charge du Président a été jugée «indigne» par François Hollande. «Décidément, Nicolas Sarkozy ne change pas. Il pense que s’il est en difficulté aujourd’hui dans les sondages et rencontre la défiance des Français à son égard, c’est la faute de la presse», s’est désolé le premier secrétaire du PS.

Au-delà de cette polémique, Jean-Pierre Mignard, avocat de Ségolène Royal, estime que «cette exploitation de l’arrêt de la cour d’appel est indécente. Le Président veut le transformer en tract de l’UMP». Estimant diffamatoires les commentaires de Raffarin sur l’affaire qu’il a qualifiée de «délinquance sociale», il annonce son intention de saisir le procureur de la République : «On est aux prud’hommes, pas devant un tribunal correctionnel!» Un procès Raffarin-Royal : voilà une affaire que la presse devrait couvrir abondamment.

par Gaullisme populaire et Sociaux . Daniel Hentzé publié dans : Nicolas Sarkozy Président de la République. communauté : La communauté des Gaullistes .
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