Mercredi 7 mai 2008
  

mercredi 7 mai 2008, mis à jour à 21:24  L'express.

PARIS

Devant les députés UMP, Sarkozy s'en prend à Chirac et à la presse

AFP

Recevant mercredi les députés UMP pour son premier anniversaire à l'Elysée, Nicolas Sarkozy les a appelés à "soutenir" ses réformes et à être "plus pugnaces" face à l'opposition tout en lançant une charge contre son prédécesseur Jacques Chirac et contre la presse.

De l'avis quasi général, le chef de l'Etat, qui a très longuement pris la parole, voulait avant tout recadrer sa majorité, jugée trop rétive à appuyer les réformes, notamment sur les institutions.

Selon l'Elysée, 262 députés de l'UMP, sur quelque 320, avaient répondu présents à cette cérémonie dans la salle des fêtes, suivie d'un buffet dans le jardin d'hiver et le parc.

"Le message était très clair: je ferai la réforme, toute la réforme, tout de suite et en même temps. Pas question de changer de stratégie. J'ai besoin de votre plein soutien et de votre pugnacité face au PS", a résumé le député Benoist Apparu.

"On s'est pris une rincée. Il nous a reproché de ne pas être assez +pêchus+", a commenté un autre.

"N'ayez pas peur d'être de droite! L'opinion est avec nous", a-t-il aussi lancé à Valérie Boyer qui regrettait que, sur des questions comme celle des sans-papiers, l'UMP "passe systématiquement pour les méchants".

Certains ont évoqué plus sobrement "un exercice de pédagogie". "C'était du bon Sarko. On en est à une soixantaine de réformes. Ca peut perturber, y compris dans nos propres rangs", est convenu Philippe Gosselin.

Beaucoup d'élus ont toutefois été étonnés, voire déconcertés, par la charge du chef de l'Etat contre son prédécesseur.

Selon plusieurs participants, il a lâché pêle-mêle: "Chirac a mis 21 ans à se faire élire. Moi, je l'ai été du premier coup". "Il a fait une réforme et demie, son premier septennat s'est arrêté en décembre 1995 sur un recul sur la réforme des régimes spéciaux". "Moi, je n'ai pas l'obsession de durer et je mène tout de front", a lâché le chef de l'Etat en évoquant longuement sa prise du pouvoir en 2007 et en revenant sur l'affaire Clearstream.

Quant au général de Gaulle, "il n'a eu qu'une voix de majorité en 1967", a relevé M. Sarkozy.

Des attaques que certains ont minimisées: "tout le monde sait qu'il est comme ça", ont lancé des députés en souriant. "C'est Sarko. Tout le monde parle d'une annus horribilis pour lui. Il a voulu remettre ça en perspective dans l'Histoire", analyse Jean Leonetti.

D'autres ont peu goûté ces "piques". "Je l'ai trouvé plutôt bon sur le fond. Mais je vais lui offrir le bouquin de Finkielkraut +L'Ingratitude+. Il faut assumer notre héritage! Il a beaucoup d'atouts, il n'est pas obligé de dire du mal des autres", a jugé Hervé Mariton.

"Il a été assez agressif", pour l'ancienne ministre Catherine Vautrin. "On ne va pas se raconter le film des élections pendant 15 ans! Ce qui importe, c'est ce qu'on fait maintenant!"

Le chef de l'Etat a accusé la presse de ne pas avoir suffisamment relayé la condamnation de Ségolène Royal dans l'affaire de ses ex-collaboratrices. Il a cité L'Express, Marianne, Le Parisien, l'AFP et le Journal du Dimanche, selon des participants.

"Il a fait une charge très importante contre la presse en disant que dans un pays où il n'y a plus d'opposition, la presse s'attribue la fonction d'opposition", a relaté l'ex-ministre Marie-Anne Montchamp.

"Son message, c'était en gros: +je ne suis pas aidé par la presse+. C'est classique en période de difficultés", selon un autre participant.

"Chirac et la presse en ont pris plein la gueule", résume le villepiniste Jean-Pierre Grand.

par Gaullisme populaire et Sociaux . Daniel Hentzé publié dans : Gaullistes populaires: info, sondages ,photos. communauté : La communauté des Gaullistes .
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Mercredi 7 mai 2008
Sarkozy, héros d'un jour en Normandie
Pourquoi avoir choisi Ouistreham, une plage du débarquement, pour commémorer le 8 mai 1945 ? Pour rompre avec la tradition, soupçonne The Independent, mais aussi pour redonner courage et bravoure à des Français déprimés.
Les Français du commando Kieffer débarquent à Ouistreham le 6 juin 1944
DR
Le président Nicolas Sarkozy s'apprête à envahir la Normandie. Du moins si le temps le permet. La commémoration de la victoire de la France sur l'Allemagne le 8 mai 1945 (avec l'aide de quelques Américains, Anglais et Canadiens) ne se fera pas sous l'Arc de triomphe, à Paris, comme l'exige la tradition. Au lieu de cela, Nicolas Sarkozy présidera jeudi une cérémonie sophistiquée et coûteuse dans la petite ville d'Ouistreham, au nord de Caen.

Le gouvernement français au grand complet ou presque, les ambassadeurs des pays alliés et des centaines d'anciens combattants parcourront les 200 kilomètres qui séparent la capitale de la Basse-Normandie dans des avions et un train spécialement affrétés pour l'occasion. On a dû construire des plate-formes d'observation et un escalier. La plage a été passée au crible au cas où l'une des 2 millions de mines posées par le général Erwin Rommel il y a soixante-quatre ans aurait échappé à plusieurs générations de vacanciers.

Pourquoi Ouistreham ? C'est la ville la plus à l'est du secteur du débarquement. Sa plage faisait partie de Sword Beach, où 28 845 soldats britanniques ont abordé le 6 juin 1944. Le jour J, 156 000 hommes au total envoyés par les armées alliées ont débarqué en France.

Le président Sarkozy va certes rendre un hommage vibrant au sacrifice des soldats américains, britanniques et canadiens, mais cela n'explique pourquoi Ouistreham a été choisi pour accueillir la première commémoration officielle du 8 mai hors de la capitale. Pourquoi n'a-t-on pas opté pour la plage où a coulé le plus de sang, Omaha ? Ou pour Courseulles, où le général de Gaulle a enfin foulé le sol de la métropole le 14 juin 1944 ?

L'explication est simple : sur les 156 000 soldats du jour J, 177 étaient français, autrement dit 0,11 %. Et ils ont débarqué… à Ouistreham précisément. C'était un petit détachement de fusiliers marins sous les ordres de Philippe Kieffer, qui a ensuite réussi à prendre le blockhaus du casino. En déblayant le terrain, ils ont permis aux Anglais d'avancer vers l'intérieur du pays et de prêter main-forte aux soldats arrivés en planeur qui avaient pris Pegasus Bridge (le pont de Bénouville) quelques kilomètres plus au sud.

Il peut paraître étrange cependant que le président Sarkozy réquisitionne ces plages où des milliers de soldats alliés se sont battus pour rendre un hommage aussi élaboré et ostentatoire à un petit bataillon français. Apparemment, célébrer le 8 mai 1945 ailleurs qu'à Paris s'inscrit dans la volonté de Nicolas Sarkozy de rompre avec "la tradition pour la tradition" et de faire les choses différemment de ses prédécesseurs. Très bien.

En fait, en attirant l'attention sur une action française, modeste certes mais héroïque et souvent oubliée, le président Sarkozy poursuit une autre idée. Car il ne veut pas seulement réformer le gouvernement français, il veut aussi mettre fin au défaitisme et à l'introspection, et refaire de la France un pays fier et dynamique. Mais l'héroïsme a ses limites. Et si les prévisions météo pour jeudi sont mauvaises, la cérémonie sur la plage sera annulée et rapatriée sous l'Arc de triomphe.
par Gaullisme populaire et Sociaux . Daniel Hentzé publié dans : Nicolas Sarkozy Président de la République. communauté : La communauté des Gaullistes .
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Mercredi 7 mai 2008
La commémoration de la victoire alliée en France
depuis 1945

   Depuis 1945, la commémoration de la victoire alliée sur l'Allemagne nazie a connu bien des vicissitudes 1 ).

   En 1946, pour ne pas retarder l'effort de production qui conditionnait la réussite de la reonstruction économique de la France, il a été décidé de reporter la célébration de la victoire de 1945, le dimanche 12 mai.
    Le général de GAULLE invité par le président Félix GOUIN, à participer à cette commémoration, déclina cette invitation et annonça que le dimanche 12 mai il se rendrait sur la tombe de Georges CLEMENCEAU.

   Le 7 mai 1946, l'Assemblée Constituante a voté une loi 2 ) qui fixait pour les années à venir cette commémoration au 8 mai si ce jour était un dimanche, ou au premier dimanche suivant le 8 mai, le même jour que la fête traditionnelle de Jeanne d'Arc, qui avait délivrée Orléans le 8 mai 1429.
   Cet amalgame permettait de rassembler les combattants des deux guerres mondiales et d'exalter la Résistance, tout en prônant la réconciliation nationale.
   Ainsi, le culte de la « bonne Lorraine » a fait l'objet d'une remarquable continuité : arme de combat de la droite nationaliste et cléricale avant-guerre, utilisée par le régime de Vichy sous l'Occupation pour dénoncer à la fois l' « esprit de jouissance » et la gauche anticléricale du Front populaire, accusée d'être responsable de la défaite de 1940, le culte de Jeanne d'Arc a été repris à son compte par la gauche laïque et anticléricale, majoritaire à l'issue des élections d'après-guerre.

   En 1948, François MITTERRAND, alors ministre des anciens combattants, a confirmé le caractère non férié de la célébration du 8 mai 1945.

   En 1951, le gouvernement a décidé de commémorer la victoire alliée de 1945 le 8 mai, sans attendre le dimanche.

  À la demande des associations d'anciens combattants, résistants et déportés, la loi du 20 mars 1953 a déclaré le 8 mai jour férié, mais non chômé.

   Après le retour au pouvoir du général de GAULLE, le décret du 11 avril 1959 a décidé que le 8 mai ne serait plus férié et qu'il serait célébré le deuxième dimanche du mois. Cette décision, qui faisait suite à la suppression de la retraite du combattant, entraîna la protestation des associations d'anciens combattants.

   En 1965, le 8 mai a été exceptionnellement et ponctuellement rétabli jour férié à l'occasion du 20ème anniversaire de la victoire alliée.

   Le décret du 17 janvier 1968  a rétabli la célébration du 8 mai, mais en fin de journée.    

   
En 1975, le président de la République, Valéry GISCARD D'ESTAING, déclarant qu'il était « temps d'ouvrir la voie de l'avenir », a décidé de mettre fin à la célébration de la victoire alliée de 1945, au nom de la réconciliation franco-allemande.
Il a annoncé sa décision aux membres du Conseil européen en ces termes :

   J'ai décidé avec le gouvernement français [ présidé alors par Jacques CHIRAC ], de ne plus commémorer désormais cet anniversaire, qui sera ainsi le 30ème et le dernier .

   Cette annonce a provoqué une vive émotion dans le milieu des anciens combattants, résistants, déportés.

   Le 1er juin 1981, au lendemain de l'élection de François MITTERRAND à la présidence de la République, le nouveau secrétaire d'État aux anciens combattants a annoncé qu'une loi allait rétablir le 8 mai comme commémoration nationale.

   La loi du 23 septembre 1981 a redonné au 8 mai son caractère férié, qu'il a conservé depuis.


La commémoration de la victoire alliée
à Reims depuis 1945

Le premier anniversaire en 1946

   À Reims, le 7 mai 1946, le premier anniversaire de la capitulation de l'Allemagne nazie a fait l'objet d'une cérémonie courte et discrète sur les lieux devenus historiques de la Salle de guerre conservée dans les bâtiments du collège moderne et technique de la ville.
   En présence du capitaine RINGWOOD, officier américain attaché à la radiodiffusion française qui, à cette occasion, établit une liaison radio avec les États-Unis, le sous-préfet, Maurice PICARD, ancien déporté de Dachau, puis le maire de Reims, Michel SICRE, ancien président du Comité départemental de Libération, ont dégagé la signification pour les Rémois et les Français, de l'« armistice ( sic ) du 7 mai 1945 », et remercié les Alliés, en particulier les Américains, pour « l'aide immense » qu'ils leur ont apportée. La chorale du collège a chanté La Marseillaise, Le Chant du départ, puis l'hymne national américain, The Star Spangle Banner.

L'Union, 8 mai 1946

   Cette cérémonie a été relatée en quelques lignes à la Une de L'Union daté du 8 mai 1946, journal issu de la Résistance, qui, dans son édition du 9 mai 1946, rappelait que « c'était le 8 mai, à 19 heures 45 ( sic ), que l'acte de reddition marquant l'écrasement total des armées allemandes fut signé à Berlin », et que la commémoration nationale aurait lieu le dimanche 12 mai, ce qui contribuait déjà à effacer Reims et le 7 mai.

L'Union, 9 mai 1946


La commémoration de 1955

   À partir de 1955, à Reims, les commémorations décennales de la victoire de 1945, ont revêtu un éclat particulier, que l'on retrouve à la Une du journal L'Union.

L'Union, 7 et 8 mai 1955

   Le 8 mai 1955, à l'occasion de la fête de Jeanne d'Arc et du 10ème anniversaire de la victoire de 1945, a été inauguré le Monument aux martyrs de la Résistance érigé dans les Promenades à proximité du monument aux morts de la ville de Reims, en présence de Monseigneur MARMOTTIN, et du maire de Reims, René BRIDE.

   La veille, une délégation d'anciens déportés rémois s'était rendue à l'Hôtel de Ville de Saint-Mandé une urne, contenant les cendres de déportés recueillies dans les camps de concentration, leur a été remise solennellement par Madame JARDELLE, vice-présidente de l'Associations des familles de résistants et otages, en présence du général ZELLER, gouverneur militaire de Paris et du sénateur-maire de Saint-Mandé, Jean BERTAUD. Cette urne, ramenée à Reims, a été déposée au pied du monument des martyrs de la Résistance inauguré le 8 mai 1955.

L'Union, 9 mai 1955

   René JARDELLE, ancien maire de Reims et président du Comité d'érection de ce monument prononça une allocution :

   Nous devons avoir une seule pensée, tendue entièrement vers ceux dont les noms sont gravés sur ces pierres et vers tous ceux, connus ou inconnus, qui, de leur vie, nous ont donné l'indépendance.
   C'est au culte de nos morts que cette cérémonie est vouée et particulièrement à tous ceux qui, sous le signe de la résistance, ont donné leur vie pour que la France soit sauvée du déshonneur et de la défaite.
   Il convient de souligner l'héroïsme de ceux qui ne sont présents ici que parce que nous restons fidèles à leur mémoire.
   Ils ont donné le meilleur d'eux-mêmes et en élevant ce monument à leur gloire, nous avons voulu grouper en un seul faisceau de reconnaissance tout ce qui vibre en nos cœurs, tout ce que chacun ressent avec ferveur.

   Le journal L'Union daté du 9 mai 1955, a rendu compte de cette inauguration « dans Reims, la cité martyre et sans cesse renaissante » en ces termes :

   L'étendard de la liberté est le même depuis des siècles.
   C'est celui fièrement brandi le jour du sacre, par Jeanne la Lorraine.
   C'est celui qui rallia après le drame de 1870 les glorieux combattants de la clandestinité, fils courageux et magnifiques de ceux de 14-18 [...]

   Le même jour a été inaugurée, en présence d'un représentant de l'ambassade des États-Unis, la plaque commémorative érigée sur la façade de l'immeuble dont le général EISENHOWER avait fait sa résidence, boulevard Lundy.

17, boulevard Lundy

Dwight D. Eisenhower
généralissime des Armées alliées
a résidé dans cette maison
du 20 février 1945 au 25 mai 1945
La Ville de Reims
à son illustre citoyen d'honneur
8 mai 1955

   Le général EISENHOWER, devenu président des États-Unis, invité par la Ville de Reims, avait fait parvenir un télégramme au maire, René BRIDE, dans lequel il regrettait de ne pouvoir être présent.

   Je suis très honoré de votre aimable invitation à assister aux cérémonies du 8 mai. Je regrette beaucoup de ne pouvoir être présent , mais je vous adresse mes plus chaleureux sentiments et mes meilleurs voeux pour vous et les citoyens de Reims qui ont une place toute particulière dans ma mémoire.

Dwigh D. Eisenhower    

La commémoration de 1965

   La commémoration du 20ème anniversaire de la Victoire a eté marquée par la participation de Gilbert GRANDVAL, ministre du Travail, aux cérémonies commémoratives organisées par la Ville de Reims.
   Compagnon de la Libération, le colonel GRANDVAL avait commandé,
en 1943-1944, la Région C dont faisait partie Reims et le département de la Marne dans la Résistance. À cette occasion, il a été reçu dans les locaux de L'Union, journal régional issu de la Résistance, qui inaugurait ses nouvelles installations modernisées

L'Union, 8-9 mai 1965

   Gilbert GRANDVAL ( à gauche ) serre la main d'André VANDRENA ( à droite ), chef photographe du journal, en présence de Pierre BOUCHEZ ( au centre ), ancien chef départemental des FFI de la Marne, devenu directeur de L'Union.

   Les cérémonies commémoratives du 20ème anniversaire se sont déroulées le dimanche 9 mai, toujours associées à la fête de Jeanne d'Arc.

L'Union, 10 mai 1965

   Le drapeau et le fanion du colonel GRANDVAL, commandant de la Région C, ont été présentés devant le Monument aux martyrs de la Résistance, puis, à l'issue de la cérémonie, le ministre du Travail, après avoir remis la cravate de commandeur de la Légion d'honneur à Robert LANGLET, a inauguré les allées " 7 et 8 mai 1945 " devant le monument aux morts de la Ville

L'Union, 10 mai 1965

   Dans la soirée une fête populaire a été organisée avec la participation de Georges GUÉTARY.

La commémoration de 1975

L'Union, 7-8 mai 1975

   Le 8 mai 1975, les cérémonies du 30ème anniversaire de la Victoire de 1945 à Reims, ont été totalement effacées par la venue du président de la République, Valéry GISCARD d'ESTAING au camp militaire de Mourmelon, où s'achevaient des manœuvres nationales placées sous le signe de l'arme tactique nucléaire.
   Le président de la République en tant que chef constitutionnel des Armées, avait tenu à y présider une grandiose parade militaire retransmise par la Télévision, et qui a mobilisé 7 000 hommes de troupe et 200 chars alignés dans la nuit champenoise, au cours d'une veillée où il déclara : « Comme il y a trente ans, il faut veiller dans ce monde tourmenté à la sécurité de la France ».

L'Union, 9 mai 1975


 


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Mercredi 7 mai 2008

8 mai 1945
 

 
Singulier paradoxe: il ne s’est rien passé le 8 mai 1945, date à laquelle est rituellement commémorée la capitulation allemande au terme de la Seconde Guerre mondiale. C’est en effet la veille, le 7 mai, à Reims, que fut signée la reddition inconditionnelle des armées allemandes. Et c’est à 0 h 43, le 9 mai, que cette reddition a été solennellement confirmée à Berlin. Simplement, les choses ont tramé un peu plus que prévu. Mais le général Eisenhower, commandant en chef des armées alliées occidentales, avait annoncé que la capitulation serait effectivement proclamée le 8 mai. Ce que révéla prématurément un journaliste, malgré les consignes de discrétion reçues, ainsi que la radio allemande. Et c’est donc cette date que, depuis plus d’un demi-siècle, l’Histoire a retenue. 

Ce n’est d’ailleurs pas la seule bizarrerie de cette période confuse. Ainsi oublie-t-on souvent qu’avant la capitulation générale était intervenue, le 29 avril, alors même que Hitler était encore vivant et contrairement aux ordres formels de celui-ci, celle des armées allemandes d’Italie - le cessez-le-feu devant entrer en vigueur le 2 mai. On oublie aussi que le III° Reich n’a pas cessé d’exister avec le suicide de son fondateur dans le bunker de la chancellerie, le 30 avril. Il perdura jusqu’au 23 mai sous la présidence du grand amiral Dönitz, que Hitler avait très officiellement désigné comme successeur. Et c’est ce gouvernement qui, en fait, fut chargé de négocier la reddition des forces armées allemandes, avant que les autorités alliées ne décident sa dissolution et l’arrestation de ses membres. 

Plusieurs des principaux acteurs de l’immense tragédie que fut la Seconde Guerre mondiale n’en verront pas le terme. Le 28 avril 1945, Benito Mussolini, qui n’est plus qu’un fugitif après avoir tenu l’Italie entre ses mains pendant plus de vingt ans, est assassiné par des partisans communistes en compagnie de sa maîtresse, Clara Petacci. 

Hitler, se suicide le 30 avril, ainsi que sa compagne, Eva Braun, devenue son épouse quelques heures plus tôt. Son ministre de la Propagande, Joseph Goebbels, et la femme de celui-ci le rejoignent le lendemain dans la mort après avoir empoisonné leurs cinq enfants. Le secrétaire particulier de Hitler, Martin Bormann, que le führer a promu ministre du Parti dans le gouvernement Dönitz, a disparu, probablement tué en voulant s’échapper du bunker de la chancellerie avant l’assaut final des troupes soviétiques. 
Le 2 mai, Dönitz, qui se trouvait à Plön, non loin de Lübeck, a transféré son gouvernement à Flensburg, près de la frontière danoise. Son objectif, puisque la guerre est irrémédiablement perdue, est de traiter au plus vite avec les Occidentaux tout en contenant la poussée de l’armée Rouge afin de permettre aux populations allemandes de l’Est de se réfugier à l’Ouest. De fait, il obtient, le 4 mai, une reddition des forces allemandes sur le seul front nord-ouest, face à Montgomery.

Mais Eisenhower, qui s’est résigné à cette concession pour ménager la susceptibilité légendaire du maréchal britannique, exige dans la foulée la capitulation sans conditions de toutes les armées allemandes. Dönitz donne l’ordre à Jodl, chef de l’état-major général (et futur pendu de Nüremberg), d’accepter les termes de l’ultimatum.

La signature intervient dans une école de Reims, où Eisenhower a installé son PC, le 7 mai à 2 h 41. Le général Bedell-Smith signe pour Eisenhower, Jodl pour Dönitz. Sont également présents, en qualité de témoins, le général soviétique Sousloparov et le général français Sevez. Le dernier acte se joue dans la nuit du 8 au 9 mai. Là encore dans le cadre d’une ancienne école, à Karlshorst, dans la banlieue orientale de Berlin. Trois maréchaux vont se retrouver face à face : le Soviétique Joukov, le Britannique Tedder, mandaté par le général Eisenhower, et l’Allemand Keitel, chef du haut commandement des armées vaincues. Introduit peu après minuit, celui-ci sursaute : « Il y a même les Français ! C’est un comble ! » 
Les Français sont là, en effet, en la personne du général Jean de Lattre de Tassigny, que le généraI de Gaulle a désigné pour représenter la France en ce moment historique. Ce n’est pas sans mal que de Lattre s’est fait admettre. Effectuant des repérages dans la salle de conférences préparée pour la séance de signatures, de Lattre découvre, blême de fureur, qu ‘il n’y a pas de drapeau français accroché au mur, à côté des drapeaux américain, soviétique et britannique. Il fait un scandale, finit par obtenir que l’on réquisitionne deux femmes soldats de l’armée Rouge pour en confectionner un, avec un morceau de « bleu » de mécanicien. un bout de drap et un fragment d’emblème nazi.

Tout n’est pas réglé pour autant. Seuls doivent figurer sur l’acte de capitulation les signatures du maréchal Joukov pour le front est, du maréchal Tedder pour le front ouest. Une nouvelle fois, de Lattre explose: « Le général de Gaulle m’a donné mission de signer pour la France. Je suis venu pour cela au nom de mon pays qui a suffisamment donné de souffrances à la cause commune, au nom de mon armée qui a donné son sang pour la victoire. » On aboutit finalement à un compromis : le général de Lattre et le général américain Spaatz signeront également l’acte de capitulation. Comme « témoins ». 
Sur l’une des photos prises lors de la cérémonie de capitulation, le maréchal Keitel se tient assis, très raide, flanqué de l’amiral von Friedeburg, successeur de Dönitz au commandement de la marine allemande, et du général d’aviation Stumpf. Arrêté quelques jours plus tard, Keitel finira au bout d’une corde à Nüremberg. Friedeburg se suicidera.

Quant aux membres du gouvernement Dönitz, ils seront arrêtés sans ménagement par les Britanniques le 23 mai ( les hommes devront même subir une humiliante fouille au corps, après avoir baissé leur pantalon ). Le jour même, Heinrich Himmler, chef des SS et de la Gestapo - dont Dönitz n’avait pas voulu dans son gouvernement -, se donnait la mort en croquant une ampoule de cyanure, après avoir été arrêté en tentant de disparaître sous une fausse identité. 

Naufrage du paquebot « Wilhelm-Gustloff »

Il a sombré le 30 janvier 1945 dans les eaux froides de la Baltique avec à son bord plus de 9 000 personnes, dont au moins 4 000 femmes et enfants. La plupart sont des civils allemands essayant d'échapper à l'avance de l'Armée rouge dans la Prusse-Orientale. La plus grande catastrophe maritime de tous les temps, qui, par le nombre de morts et l'horreur d'un torpillage exécuté de sang-froid par un sous-marin soviétique, laisse loin derrière le naufrage du « Titanic ».
Le « Gustloff », avec ses huit ponts superposés, ses salles de jeux, ses salons, sa piscine, ses équipements hyperluxueux, ses tavernes, fut le palace flottant du national-socialisme triomphant. Avec ses quarante-quatre croisières pour la Norvège entre 1937, date de son lancement, et sa transformation en navire-hôpital pendant la guerre, il est une allégorie et un résumé des douze triomphantes années du IIIe Reich. 

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Mercredi 7 mai 2008
8 mai 1945
Fin de la guerre en Europe


La Seconde Guerre mondiale se termine officiellement en Europe le 8 mai 1945, à 23h01, au lendemain de la capitulation sans condition de l'Allemagne nazie (celle-ci a été signée le 7 mai à Reims).

André Larané.
Défaite totale de l'Allemagne nazie

À partir de la bataille d' El-Alamein (23 octobre 1942), les armées allemandes ont subi défaite sur défaite et reculé sur tous les fronts. Le 25 avril 1945, les troupes soviétiques et anglo-américaines font leur jonction au milieu de l'Allemagne, sur l'Elbe, à Torgau.

Hitler, terré dans son bunker de Berlin, avec son dernier carré de fidèles, se suicide le 30 avril. Il revient à son successeur, l'amiral Dönitz (ou Doenitz), de demander la cessation des combats aux puissances alliées, les Anglo-Saxons et les Soviétiques.

Karl Dönitz envoie le général Alfred Jodl, chef d'état-major de la Wehrmacht, à Reims (France), au quartier général des forces alliées du général Dwight Eisenhower. Celui-ci est installé dans le grand bâtiment de briques rouges de l'École professionnelle de Reims (c'est aujourd'hui un collège qui porte le nom de lycée Roosevelt).

Signature de la capitulation à Reims (7 mai)

Le général Alfred Jodl (55 ans) signe dans la nuit du 7 au 8 mai, à 2h 41, la capitulation sans condition de l'Allemagne (*)... Quelques mois plus tard, il sera déféré au Tribunal de Nuremberg et condamné à mort pour avoir contresigné des ordres contraires au droit international (exécution d'otages ou de prisonniers). Il sera pendu le 16 octobre 1946.

Côté vainqueurs, l'acte de capitulation est signé par le général Walter Bedell-Smith, chef d'état-major du général Eisenhower, commandant suprême des Alliés, et le général soviétique Ivan Sousloparov. Le général français François Sevez, chef d'état-major du général de Gaulle, est invité à le contresigner à la fin de la cérémonie en qualité de simple témoin.

La cessation des combats est fixée au lendemain 8 mai, à 23h 01 (mais certaines troupes allemandes résisteront au-delà de cette date, notamment dans la place forte de Saint-Nazaire).

Ratification de la capitulation à Berlin (8 mai)

Pour Staline, l'allié soviétique, il ne suffit pas que la capitulation ait été signée à Reims, dans la zone occupée par les Anglo-Saxons. Il faut aussi qu'elle soit ratifiée à Berlin, au coeur du IIIe Reich, et accessoirement dans la zone d'occupation soviétique.

Cette formalité est accomplie le lendemain 8 mai 1945, à 15 heures, au quartier général des forces soviétiques du maréchal Joukov, dans le quartier de Karlshorst.

Après cela, les chefs d'État et de gouvernement alliés, dont le général de Gaulle, peuvent annoncer simultanément sur les radios la cessation officielle des hostilités en Europe. Aux États-Unis, l'annonce de la victoire revient au président Harry Truman, son prédécesseur Franklin Roosevelt étant mort d'épuisement et de maladie le mois précédent, le 14 avril 1945.

La capitulation n'est pas la paix

La guerre ne se termine cependant pas avec la capitulation de l'Allemagne nazie... Le Japon de l'empereur Showa, allié de Hitler, poursuit un combat désespéré contre les Américains dans l'océan Pacifique. Il faudra les deux explosions atomiques de Hiroshima et Nagasaki, les 6 et 9 août 1945, pour amener ce pays à résipiscence.

C'est seulement avec la capitulation du Japon le 2 septembre 1945, près de quatre mois après celle de l'Allemagne, que prend donc véritablement fin la Seconde Guerre mondiale.

Les Américains distinguent ainsi le V-E (Victory-Europe) Day, jour de la victoire en Europe et le V-J (Victory-Japan) Day, jour de la victoire sur le Japon.

La capitulation vue de Paris...

La France est, depuis 1981, le seul pays qui commémore par un jour férié et chômé le 8 mai 1945, fin de la guerre en Europe !

Charles de Gaulle avait convaincu Winston Churchill d'accorder une place à son gouvernement, lors de la signature de la capitulation allemande, aux côtés de l'Angleterre, des États-Unis et de l'URSS, bien que la France se fut officiellement retirée de la guerre avec l'armistice du 22 juin 1940. Pour le chef de la France libre, le conflit qui s'achevait avait commencé non pas en 1939 mais en 1914. Au terme de cette guerre de trente ans, il estimait que son pays avait bien mérité de la Victoire.

Le gouvernement de De Gaulle est donc représenté à Berlin par le chef de la 1ère armée française, le général Jean de Lattre de Tassigny. Lorsque celui-ci exige qu'un drapeau français soit joint aux drapeaux anglais, américain et soviétique dans la salle de capitulation, il s'attire cette réflexion d'un officier britannique : «Et pourquoi pas le drapeau chinois ?» Le maréchal Keitel, commandant en chef de l'armée allemande, s'exclame pour sa part en voyant le drapeau français : «Ah, il y a aussi des Français ! Il ne manquait plus que cela !»

Négligeant de commémorer la capitulation du 7 mai, à Reims, à laquelle ils n'ont eu aucune part, les Français ont choisi par la suite de commémorer exclusivement le 8 mai 1945. En 1975, le président Giscard d'Estaing a prétendu mettre un terme à cette commémoration par souci de réconciliation avec les Allemands... mais au grand scandale des associations d'anciens combattants.

En 1981, le 8 mai est redevenu férié... et chômé qui plus est. L'attention portée à cette célébration paraît d'autant plus incongrue que le 8 mai 1945 est aussi marqué par la répression sanglante de Sétif.

À noter que ni les Anglais, ni les Américains ne chôment le 8 mai bien qu'ils aient les meilleures raisons du monde de commémorer cet anniversaire. Quant aux Russes, c'est le 9 mai qu'ils célèbrent la capitulation de l'Allemagne nazie, la cessation des combats ayant été enregistrée ce jour-là à Moscou en raison du décalage horaire...

par Gaullisme populaire et Sociaux . Daniel Hentzé publié dans : Charles de Gaulle communauté : La communauté des Gaullistes .
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