Lundi 5 mai 2008

Sondage: 85% des Français pensent que l'action de Nicolas Sarkozy a été un échec en matière de pouvoir d'achat

Un an après son élection, les Français jugent sévèrement Nicolas Sarkozy. Plus de huit Français sur dix (85%) considèrent que l'action de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement a été plutôt un échec en matière de pouvoir d'achat, et 72% pensent qu'elle a été un échec pour la croissance économique, selon le baromètre LH2 pour le nouvelobs.com, rendu public lundi.

Sur les thèmes principaux de sa campagne, le président n'a pas convaincu les Français qui ne sont que 5% à juger que son action a été un succès pour le pouvoir d'achat, tandis que 7% ne se prononcent pas. En matière de croissance économique, ils sont 13% à considérer que l'action de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement est un succès (dix pour cent ne se prononcent pas).

En matière d'emploi et de fiscalité, 60% des sondés portent également un avis négatif sur l'action de l'exécutif, (22% y voient un succès dans la fiscalité et 25% en matière d'emploi).

Malgré le Grenelle de l'Environnement, 44% des personnes interrogées voient plutôt un échec dans l'action du président et du gouvernement pour l'environnement.

Seule l'action pour l'Europe est vue comme un succès (43%).

Au second tour de la présidentielle, Ségolène Royal l'emporterait aujourd'hui avec 53% des voix, contre 47% pour Nicolas Sarkozy, soit les résultats inverses de la présidentielle de 2007.

Parallèlement, les cotes de popularité de Nicolas Sarkozy et de François Fillon accusent une baisse de quatre points. Le chef de l'Etat ne recueille que 36% d'opinions positives en mai (40% en mars), ce qui constitue le score le plus bas enregistré par LH2 depuis son élection, et le chef du gouvernement 46% (50% en mars).

Ils sont 53% à avoir une opinion négative de Nicolas Sarkozy et 41% pour François Fillon.

- sondage réalisé par téléphone les 2 et 3 mai 2008, auprès d'un échantillon de 1.004 personnes, représentatif de la population française, âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. AP

 

par Gaullisme populaire et Sociaux . Daniel Hentzé publié dans : Nicolas Sarkozy Président de la République. communauté : La communauté des Gaullistes .
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Lundi 5 mai 2008
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L'action de Sarkozy ne convainc pas les Français
Challenges.fr | 05.05.2008 | 15:19 | 

En revanche, les Français adhèrent à plusieurs des mesures prises depuis l'arrivée du chef de l'Etat aux affaires, il y a un an.

Nicolas SarkozyNicolas Sarkozy (c) Reuters

Un sondage OpinionWay paru lundi 5 mai dans Le Figaro montre le mécontent des Français sur l'action de Nicolas Sarkozy depuis son élection à la présidence.
Seuls 32% des sondés sont satisfaits des résultats de la politique menée (contre 66% de mécontents), 36% sont satisfaits du respect des engagements de campagne (contre 61% de mécontents), 35% sont satisfaits de la manière dont le chef de l'Etat exerce la fonction (contre 63% de mécontents) et 40% sont satisfaits des réformes engagées (contre 58% de mécontents).
En revanche, un Français sur deux est satisfait de la façon dont le président défend les intérêts de la France à l'étranger, contre 48% de mécontents.




82% de satisfaits sur la réforme des droits de succession

Ce bilan négatif est en partie contredit par l'adhésion des Français à plusieurs des mesures prises depuis l'arrivée de Nicolas Sarkozy à l'Elysée il y a un an.
Ainsi, 84% des Français juge positivement "la possibilité de pouvoir disposer plus vite de la participation aux bénéfices de son entreprise", 82% la réforme des droits de succession, 80% l'instauration de peines plancher, 73% la défiscalisation des heures supplémentaires, ou encore 73% la loi sur le service minimum dans les transports.
En revanche, 72% jugent négativement le renforcement du contingent français en Afghanistan, 72% la création des franchises médicales, et 54% la réforme de la carte judiciaire.
Concernant les mesures envisagées et pas encore mises en œuvre, les Français adhèrent à 69% au Revenu de solidarité active (RSA) et à 54% au passage à 41 ans de cotisation pour la retraite à taux plein. En revanche, ils sont contre la réforme de la carte hospitalière à 60% et contre le non-remplacement de 11.200 postes d'enseignants en 2009 à 66%.

Seule l'action pour l'Europe est vue comme un succès

Un autre sondage révèle l'insatisfaction des Français, notamment en matière de pouvoir d'achat. Selon le baromètre LH2 publié lundis pour le nouvelobs.com, plus de huit Français sur dix (85%) considèrent que l'action de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement a été plutôt un échec en matière de pouvoir d'achat, et 72% pensent qu'elle a été un échec pour la croissance économique,
En termes de croissance économique, ils sont 13% à considérer que l'action est un succès (10% ne se prononcent pas), et en matière d'emploi et de fiscalité, 60% des sondés portent un avis négatif sur l'action de l'exécutif, (22% y voient un succès dans la fiscalité et 25% en matière d'emploi).
Seule l'action pour l'Europe est vue comme un succès (43%).

Ségolène l'emporterait aujourd'hui tre conclusion de l'enquête: si le second tour de la présidentielle avait lieu actuellement, Ségolène Royal l'emporterait avec 53% des voix, contre 47% pour Nicolas Sarkozy (c'est l'inverse des résultats de la présidentielle de 2007).
Parallèlement, les cotes de popularité de Nicolas Sarkozy et de François Fillon accusent une baisse de 4 points. Le chef de l'Etat ne recueille que 36% d'opinions positives en mai (40% en mars), ce qui constitue le score le plus bas enregistré par LH2 depuis son élection, et le chef du gouvernement 46% (50% en mars).

Le sondage Opinionway a été réalisé en ligne du 30 avril au 2 mai auprès d'un échantillon de 1.005 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas. Celui de LH2 a été réalisé par téléphone les 2 et 3 mai 2008, auprès d'un échantillon de 1.004 personnes.
par Gaullisme populaire et Sociaux . Daniel Hentzé publié dans : Nicolas Sarkozy Président de la République. communauté : La communauté des Gaullistes .
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Lundi 5 mai 2008

Nicolas Sarkozy promettait un « choc de confiance ». Mais un an après son élection, les indicateurs sont au rouge et, pour la France, il importe plus que jamais d'entrer dans l'ère de la réforme. Vite.

DOSSIER
Sarkozy un an déjà

Un an après, la déconvenue et l'inquiétude sont à la hauteur de l'espérance d'hier. Souvenons-nous : on n'avait pas vu ça depuis la victoire de la bande à Zidane lors de la Coupe du monde de football, en 1998. Le rebond de la courbe de confiance des ménages était formel : pendant la campagne présidentielle de 2007, les Français ont bel et bien connu un regain d'optimisme et d'enthousiasme. Et il n'a cessé de s'accentuer au fur et à mesure que se rapprochait l'échéance du 6 mai. L'envie de croire que la France pouvait enfin entrer dans le xxie siècle. Mais aussi un vrai coup de cœur pour Nicolas Sarkozy, figure de proue d'une nouvelle génération de dirigeants déjà à la manœuvre à Londres, Madrid ou Berlin.

Aujourd'hui, la rupture a pris des allures de simple ajustement de trajectoire, les Français n'ont jamais été aussi déprimés, et la redoutable machine de campagne du gagnant de la course à l'Elysée s'est transformée en usine à fabriquer de la déception.

Trop de promesses, sans doute. Mais difficile de ne pas en faire dans un pays qui gâche autant d'atouts. Jacques Attali, en portant sur les fonts baptismaux sa « commission pour la libération de la croissance française », évoquait l'objectif incroyable de 5 %. Une provocation ? Pas tant que ça. L'Europe ne fait plus de bébés et se trouve confrontée à un choc démographique sans précédent ? Pas nous. En 2006, le taux de fécondité est passé à 1,98 enfant par Française, contre 1,71 en 1995, ce qui place l'Hexagone au premier rang des nations les plus fécondes, au coude à coude avec la Suède et les Etats-Unis. Il faudra travailler plus pour payer les retraites : pas de problème. Personne ne travaille aujourd'hui aussi peu que les Français : moins de mille six cents heures par personne et par an, contre plus de mille huit cents en moyenne dans les grands pays industrialisés, selon l'OCDE.

La plupart des familles croulent sous les dettes en Espagne, au Royaume-Uni, voire en Allemagne, sans parler des Etats-Unis ? Pas les Français. « Le matelas d'épargne est énorme », constate Cyril Blesson, directeur au Bipe. 3 200 milliards d'euros de placements divers et variés, dont l'emblématique livret A. Autant de carburant pour la consommation. La plupart des pays, qu'ils soient libéraux comme le Canada ou les Etats-Unis, ou sociaux-démocrates comme les pays scandinaves, ont modernisé leur administration ? Pas la France ! Résultat, la dépense publique, soit presque 55 % de la richesse produite chaque année dans l'Hexagone, est mal utilisée, voire gaspillée. Les statistiques sont impitoyables. 100 euros de déficits publics en plus ne génèrent que 77 euros de richesse supplémentaire, contre 315 en Irlande, 134 en Espagne et 105, en moyenne, dans la zone euro. Et quand l'Etat se réforme, gare à l'illusion d'optique. Selon l'Institut français pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques, la très médiatisée fusion des directions des impôts et de la comptabilité publique, véritable « village Potemkine » de la modernisation du service public, augmenterait finalement de plus de 100 millions d'euros chaque année les dépenses de personnel !

Les entreprises doivent pouvoir se battre à armes égales avec leurs concurrents du monde entier ? Dans aucun pays on ne leur complique autant la tâche qu'en France. Symptôme le plus évident de cette maladie : le manque cruel de ces grosses PME de 50 à 250 salariés qui font la force de frappe de l'industrie allemande. Il y en a dans l'Hexagone 10 000 de moins qu'outre-Rhin. Les explications sont multiples : délais de paiement trop longs, ceux de l'Etat en tête, fiscalité trop lourde (les entreprises françaises acquittent chaque année 100 milliards d'impôts de plus que leurs concurrentes allemandes), manque d'investisseurs prêts à prendre des risques, sans parler du maquis administratif et juridique et des effets de seuil assassins quand la société passe le cap des 10 ou des 20 salariés.

Ces handicaps, les experts de tout poil les ont identifiés depuis longtemps. La route du gouvernement Fillon paraissait donc toute tracée, puisque la denrée la plus rare en temps de réforme, le courage, ne semblait pas manquer. Sauf que la France va plus mal aujourd'hui qu'il y a un an (voir nos indicateurs).

Son premier gros pari, créer un « choc de confiance », Nicolas Sarkozy l'a perdu. La faute en partie à pas de chance. Il faut le reconnaître : la malédiction qui veut que la croissance se dérobe dès que la droite revient au pouvoir a de nouveau frappé. La déflagration financière provoquée par la crise des crédits hypothécaires, la pire depuis 1945, l'envolée de l'euro et des matières premières à des niveaux record, le retournement de l'immobilier, la récession aux Etats-Unis ont fabriqué un cocktail assassin pour le moral des ménages.

Mais le président peut aussi s'en prendre à lui-même. Excepté l'UMP - et encore -, les soutiens à sa politique économique se font rares. Même les économistes libéraux, a priori enclins à soutenir les mesures d'une majorité de droite, ont renoncé à essayer de justifier la trajectoire suivie. « Je suis bien en peine de trouver une logique économique à la politique menée aujourd'hui », concède le chef économiste du Groupe Scor, Philippe Trainar. « Sur tous les sujets clefs, on ne voit pas ce qui pourrait vraiment débloquer la croissance », abonde Christian Saint-Etienne, professeur à Dauphine. Et les récentes bourdes de communication du gouvernement, comme la vraie-fausse suppression de la carte de famille nombreuse, les coupes dans les allocations familiales ou la baisse du remboursement des paires de lunettes sont du miel pour les opposants au duo Sarkozy-Fillon : « Il y a un goutte-à-goutte du supplice, c'est la rigueur annoncée chaque jour », n'a pas manqué de déclarer le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande. « Nicolas Sarkozy est en train de rendre la réforme haïssable », s'inquiète de son côté le député UMP Hervé de Charette. « Plus grave, les Français ont perdu le fil de l'histoire. Ils ne savent plus où Nicolas Sarkozy veut les emmener, constate Gaël Sliman, le directeur des études de l'institut BVA. Et plus personne ne parvient à distinguer les vraies réformes de fond des petites mesures d'économie. »

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Lundi 5 mai 2008
Le mystère Sarkozy
laurent Joffrin
QUOTIDIEN : lundi 5 mai 2008  libération.
    

Quelle chute, mes aïeux ! Nicolas Sarkozy avait promis un début de mandat qui trancherait avec celui de ses prédécesseurs. La réussite est totale : jamais dans la Ve République on n’a vu un Président perdre aussi vite la confiance de l’opinion. Les critiques égrenées par Libération, que les sarkozystes dénonçaient comme excessives, sont maintenant celles de la grande majorité des électeurs. Comme promis, la rupture a eu lieu : c’est une rupture avec les Français. Bien sûr les sondages sont versatiles ; bien sûr la conjoncture économique a pris à revers le nouveau régime ; bien sûr les réformes bousculent par nature les positions acquises. Reste qu’une énigme enveloppe cette désillusion générale. Comment un Président si bien élu a-t-il pu si mal commencer ? Il y a un mystère Sarkozy. L’hubris de la victoire ? Les vicissitudes de la vie privée ? Peut-être. Mais il faut aussi, pour tenter de le dissiper, prendre un peu de recul.



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On connaît deux manières de moderniser un pays. La première est libérale et on en trouve le modèle aux Etats-Unis. Elle est cruelle aux démunis et aboutit à un modèle de société essentiellement injuste. Mais elle est efficace. La seconde, qui s’observe dans les pays scandinaves, mais aussi à certains égards en Allemagne ou en Espagne, est un peu moins efficace, mais nettement plus juste. En élisant Nicolas Sarkozy, les Français avaient choisi la première stratégie. Baisse des impôts, libération des entraves réglementaires, rationalisation de la protection sociale, ode à l’entreprise et aux capitaines de la finance et de l’industrie : tout cela était dans le programme de la «droite décomplexée» développé avec talent par son impérieux candidat. Pour faire passer la médication, un volet gaulliste et social complétait le dispositif, le tout placé sous le signe du volontarisme réformateur et de la réhabilitation du politique. La réforme libérale, donc, avec une part de social.

Faisons une hypothèse : la chute a commencé dès le premier soir. Il s’agit de style ? Mais le style signe la politique. En allant au Fouquet’s, puis, le lendemain, sur un yacht de luxe, Nicolas Sarkozy débutait comme un milliardaire et non comme un président. Sa première réforme - c’est là que le fond rejoint la forme -, le malencontreux paquet fiscal, qui comprenait une ristourne modérée mais très symbolique en faveur des plus favorisés, figea l’image. Du libéralisme, on commençait par le pire : la préférence pour les riches. Depuis, Nicolas Sarkozy porte les habits de ce personnage, un Narcisse libéral, comme une tunique de Nessus. Fidèle à sa méthode, il voulut tout faire. Tout se retourna contre lui, même quand il avait raison. L’action devint agitation, la communication parade et l’abondance des réformes source de confusion. Il lui faut désormais prendre son mal en patience. Seul un résultat positif et tangible de l’action entreprise peut le tirer d’affaire. Il y a là une leçon politique : les Français votent pour la droite, mais ils n’aiment guère sa politique sociale. Ils ne peuvent l’admettre, au bout du compte, que si les sacrifices demandés paraissent justes. Comme disait Jean-Pierre Raffarin, la route est droite mais la pente est forte.

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Lundi 5 mai 2008
Lundi 5 mai 2008
 

Info & Secteurs > France >les échos.


Une « rupture » de méthode, un nombre record de chantiers ouverts et des désillusions


Après six mois d'état de grâce sans précédent, le chef de l'Etat a connu fin 2007 un retournement brutal de sa cote de popularité, qui ne s'est pas démenti depuis. S'il a engagé un nombre record de réformes en un an et transformé le mode de gouvernance du pays, son activisme a fini par décevoir lorsque les résultats n'ont pas été au rendez-vous en matière de pouvoir d'achat.

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Nicolas Sarkozy n'a jamais aimé les « consensus mous » : il a été servi. En un an à l'Elysée, le président de la République a connu et inspiré tout et son contraire. Largement élu le 6 mai 2007, il a enchaîné avec six mois d'un état de grâce sans précédent. Puis il a connu un retournement brutal de sa cote de popularité, qui n'a cessé de chuter depuis, et une sanction électorale avec la lourde défaite de sa majorité aux municipales. Ses proches expliquent aujourd'hui qu'il faudra du temps pour retrouver la confiance des Français. Leur seul horizon est, disent-ils, celui fixé par le chef de l'Etat : la fin de son quinquennat.

Une invitation à la patience qui contraste avec le bouillonnement des premiers mois. Dès son arrivé à l'Elysée, Nicolas Sarkozy a imposé un rythme (effréné), un style (décomplexé), une présence (tous azimuts), qui ont bouleversé la vie politique française. Il était celui qui réussissait à dépoussiérer le « château » et inventait une nouvelle « gouvernance ». Désireux d'en finir avec l'image d'« homme dangereux » véhiculée par l'opposition durant la campagne présidentielle, il bousculait les clivages partisans - et le PS - en « ouvrant » son gouvernement à des personnalités de gauche. Il organisait autour de lui un conseil restreint de collaborateurs dévoués, invités à s'exprimer publiquement au nom de la « transparence ». Avec « l'efficacité » pour étendard, il s'impliquait sur tous les sujets afin de montrer aux Français que le volontarisme politique avait un sens et de sortir enfin des lourdeurs administratives. Il multipliait les déplacements pour signifier au monde que « la France est de retour », et a lancé un nombre de réformes record.

Les limites du volontarisme

Nicolas Sarkozy a engrangé des succès, en France avec la réforme des régimes spéciaux de retraite, sur laquelle Jacques Chirac et Alain Juppé s'étaient cassé les dents, et en Europe avec l'adoption par les Vingt-Sept d'un nouveau traité européen. Il était fier d'une réussite dont il espérait faire un modèle et ne voyait aucune raison de cacher les aléas de sa vie privée.

Au début l'opinion ne lui en n'a pas tenu rigueur. Puis le message du chef de l'Etat s'est brouillé. Lui qui avait promis d'être le « président de la France des droits de l'homme au côté des opprimés », recevait en grande pompe le colonel Kadhafi et se banalisait en renouant avec le traditionnel pragmatisme des diplomates. Par ses éloges vibrants et répétés du rôle de la religion, il a semblé remettre en cause un pilier du pacte républicain : la laïcité. A chaque fois, l'opposition s'est engouffrée dans les brèches alimentant un malaise latent. Malaise qui s'est finalement cristallisé sur les attentes non satisfaites des Français en matière de pouvoir d'achat.

La réponse formulée en janvier par Nicolas Sarkozy - les caisses « sont déjà vides » - a été perçue comme un aveu d'impuissance. Son activisme est resté intact, mais il a fini par souligner les limites de son volontarisme, comme à Gandrange. « Moins le chef de l'Etat a du pouvoir, plus il s'agite. Son activisme est là pour compenser le fait qu'il est beaucoup moins puissant que ne l'était en son temps, par exemple, Georges Pompidou », constate le constitutionnaliste Guy Carcassonne.

Cet activisme a déçu, tout simplement parce qu'il avait suscité beaucoup d'attentes. Sa capacité à construire un consensus autour de l'idée de réforme, de marier volontarisme et dialogue, s'est effritée, au point qu'une partie de sa majorité se demande aujourd'hui s'il n'y a pas un décalage entre les paroles du président et ses actes.

Et lorsque l'alchimie ne prend plus, les frustrations se réveillent. Les autres piliers de la majorité - Matignon, les parlementaires -, ont eu de plus en plus de mal à s'accommoder de la centralisation du pouvoir dans le bureau du chef de l'Etat. A fortiori quand cela n'a pas permis d'éviter une succession de couacs gouvernementaux, masquant des victoires obtenues sur le front du dialogue social (accords sur la réforme du marché du travail et la représentativité).

Sans rien changer à sa stratégie - mener toutes les réformes de front pour « adapter » la France à la mondialisation -, Nicolas Sarkozy s'est évertué, ces dernières semaines, à mieux cibler sa communication (sur les dossiers importants). Il a confessé des « erreurs », rappelé ses ministres à l'ordre, réclamé le silence à ses conseillers et souhaité normaliser ses relations avec François Fillon. La majorité reste ombrageuse ; il rencontre les députés mercredi. Ces ajustements seront-ils en mesure de réenclencher un cercle vertueux ? C'est le pari.

CÉCILE CORNUDET ET ELSA FREYSSENET
par Gaullisme populaire et Sociaux . Daniel Hentzé publié dans : Nicolas Sarkozy Président de la République. communauté : La communauté des Gaullistes .
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