Samedi 10 mai 2008
L’AFP réaffirme son indépendance face aux pressions de l’UMP
QUOTIDIEN : samedi 10 mai 2008    libération.
 

Le PDG de l’Agence France-Presse fait de la résistance. Alors que l’AFP avait durement été mise en cause mercredi - par Nicolas Sarkozy, puis par les porte-parole de l’UMP -, son patron, Pierre Louette, a mis les points sur les «i», en affirmant que l’agence n’a pas vocation à «devenir une machine à diffuser des communiqués».

«Choix». Cette mise au point intervient après de nouvelles déclarations de Frédéric Lefebvre, l’un des porte-parole du parti sarkozyste, reprochant à l’agence de ne pas avoir publié un de ses textes. «La rédaction a des règles de fonctionnement qui reposent sur la notion de choix faits en permanence parmi la multiplicité des faits, des événements, des déclarations», a déclaré Pierre Louette, qui ne tient «évidemment pas à alimenter une polémique avec un élu porte-parole d’un grand parti politique». Frédéric Lefebvre a réaffirmé vendredi matin sur France Inter que si «les journaux, les radios sont libres», il ne «reconnaît pas à une agence de presse une ligne éditoriale quand il s’agit de traiter un communiqué d’un parti politique».

Le porte-parole de l’UMP a visiblement l’AFP dans le collimateur : le 1er mai, il avait écrit au PDG de l’agence pour se plaindre qu’elle n’ait pas traité un communiqué dans lequel il attaquait le PS et Ségolène Royal sur sa condamnation en appel dans un procès intenté par deux ex-collaboratrices. Réponse de la direction de l’agence : «L’affaire de la condamnation de Mme Royal a été largement traitée sur les fils de l’AFP, qui ne saurait par ailleurs répercuter systématiquement les très nombreux communiqués qu’elle reçoit. Le choix de traiter ou pas un communiqué dépend de sa valeur informative.»

«Charge». Mercredi, devant des députés UMP, Nicolas Sarkozy s’en était pris à plusieurs médias, les accusant de ne pas avoir suffisamment relayé la condamnation de Royal. Il avait cité l’Express, Marianne, le Parisien, l’AFP et le Journal du dimanche. «Il a fait une charge très importante contre la presse en disant que dans un pays où il n’y a plus d’opposition, la presse s’attribue la fonction d’opposition», avait relaté l’ex-ministre Marie-Anne Montchamp. Quelques heures plus tard, l’UMP avait de nouveau accusé l’AFP de «censure» pour n’avoir pas diffusé un de ses communiqués.

Dans une note interne diffusée jeudi, Pierre Louette a rappelé que «la vigueur des attaques venues de la gauche, hier, avec Mme Royal, ou de la droite aujourd’hui, sont le meilleur indicateur externe de notre neutralité et absence de parti pris». Les syndicats de l’AFP (CFDT, SNJ, FO, CGT et SUD) et la Société des Journalistes (SDJ) ont «condamné fermement» les «tentatives de pressions politiques» sur l’agence.

par Gaullisme populaire et Sociaux . Daniel Hentzé publié dans : Nicolas Sarkozy Président de la République. communauté : La communauté des Gaullistes .
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Samedi 10 mai 2008
 
Sarkozy, Docteur Jekyll et Mister Hyde

Sarkozy, Docteur Jekyll et Mister Hyde BERNARD DELATTRE

Mis en ligne le 09/05/2008

Le Président rompt en privé sa séquence médiatique d’humilité et de sobriété. Mardi, jour du premier anniversaire de son élection, Nicolas Sarkozy avait donné dans la sobriété. Jugeant qu’il avait été élu plus pour "agir" que pour "commenter", le chef de l’Etat avait poussé la discrétion jusqu’à ne pas assister au raout d’anniversaire organisé par l’UMP. Et une semaine plus tôt, lors de son show télévisé, il avait humblement admis avoir, en un an, commis des "erreurs".

Mercredi soir, en revanche, le Président a changé de ton. A l’occasion d’une réception à huis clos des parlementaires de l’UMP à l’Elysée, le chef de l’Etat s’est autosatisfait de son propre bilan en le mettant en regard avec celui de son prédécesseur Jacques Chirac (1995-2002), qu’il a accusé de n’avoir rien fait ou presque quand il était à l’Elysée. Nicolas Sarkozy a aussi mis ses difficultés du moment sur le compte de la passivité et du conservatisme de ses parlementaires. Et il s’est livré à une énième charge contre les médias, jugés partiaux au point, selon lui, de s’attribuer "la fonction de l’opposition" en l’absence d’une opposition politique digne de ce nom.

Le chef de l’Etat a nommément mis en cause l’Agence France Presse (AFP), un quotidien et trois hebdomadaires. Il leur a reproché de n’avoir pas consacré une couverture rédactionnelle suffisante aux démêlés judiciaires de Ségolène Royal qui a récemment été condamnée en justice pour avoir violé le droit du travail à l’égard de deux de ses ex-collaboratrices. Depuis dix jours déjà, l’UMP dénonce l’"obstruction" et la "censure" de l’AFP dans cette affaire.

Les médias encore attaqués

Cette nouvelle charge contre les médias survient après qu’en février, Carla Bruni eut assimilé (avant de se corriger) "Le Nouvel Observateur" à la presse collaborationniste sous l’Occupation. Auparavant, dans l’affaire du SMS présumé à son ex-épouse Cécilia, Nicolas Sarkozy était devenu le premier président de l’Histoire à porter plainte au pénal contre un média.

Jeudi, le PS François Hollande a jugé "pas digne" la nouvelle attaque de l’Elysée contre la presse. Un des journaux mis en cause a déploré des "propos parfaitement infondés". Le syndicat des journalistes (CGT) de l’AFP a dénoncé l’"acharnement" et "les pressions" de l’UMP contre l’Agence, ainsi que "le mauvais procès" fait à l’AFP par un chef de l’Etat soupçonné de vouloir "s’attaquer à l’indépendance rédactionnelle".

(...) libre belgique



De : libre belgique
vendredi 9 mai 2008
par Gaullisme populaire et Sociaux . Daniel Hentzé publié dans : Nicolas Sarkozy Président de la République. communauté : La communauté des Gaullistes .
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Samedi 10 mai 2008

Sarkozy: pourquoi l'enfant gâté des médias pique sa colère


Le président de la République, on le sait, s'est fâché tout rouge contre ces ingrats de journalistes, devant des élus de sa majorité. "Un aveu de faiblesse politique", selon le président du Forum permanent des sociétés de journalistes, Jean-Michel Dumay.

L'Express a publié il y a quelques mois une interview très fleuve et très complaisante de Carla Sarkozy. Le JDD avait censuré l'an dernier une information sur l'absention de la précédente Mme Sarkozy à la présidentielle.

Aujourd'hui, ces deux journaux n'ont plus l'heur de plaire à l'Elysée. C'est aussi le cas de Marianne, du Parisien et de l'AFP. Leur tort? Si l'on en croit des députés UMP qui affirment reprendre des propos du Président, L'Express, Le Parisien et l'AFP n'ont pas assez relayé la condamnation de Ségolène Royal dans un procès intenté par une ex-collaboratrice.

Une référence aux Guignols, c'est pas drôle

Le JDD est accusé de n'avoir pas repris dans sa version papier un sondage moins défavorable que les autres publié sur son site web. Marianne, qui se réfère cette semaine à un monument de la "culture jeune" -le fameux "Putain, deux ans!" de Chirac dans les Guignols de l'info-, n'est pas jugée très drôle.

Quant à cette effrontée d'Agence France Presse, elle a aggravé son cas en refusant de diffuser un communiqué de l'UMP, selon le principal conseiller de Nicolas Sarkozy pour le domaine des médias, le député Frédéric Lefèbvre. N'en jetez plus! Les médias se rebiffent.

Le chef de l'Etat était habitué à plus de docilité -dernièrement, il a par exemple refusé d'être interviewé par la directrice de l'information de France 2, Arlette Chabot. Il fait donc donner la troupe. Pourquoi maintenant? Et pourquoi n'inclut-il pas Paris Match?

L'outrecuidance de Paris Match

Le fleuron -avec le JDD- de son "frère" Arnaud Lagardère publie cette semaine un superbe reportage photo "exclusif" titré avec poésie: "Un samedi ensoleillé à l'Elysée". Ça commençait plutôt bien, mais dès l'introduction, c'est le drame:

"Aujourd'hui, le moral des Français est en berne. Et la cote de popularité du Président est encore en baisse dans notre sondage."

Match donne ainsi, sans le vouloir, ce qui est sans doute l'explication de la colère élyséenne: un simple contrefeu médiatique sur le thème "je ne fais rien de mal, mais les médias sont injustes", alors que l'intervention télévisée de Nicolas Sarkozy n'a pas réussi à enrayer sa dégringolade sondagière. Quelle outrecuidance!

Les rédactions de la plupart de ces médias sont adhérentes du Forum permanent des sociétés de journalistes. Son président, le journaliste du Monde Jean-Michel Dumay, reste très prudent sur les déclarations relayées par les députés: "Il est difficile de se prononcer précisément dans la mesure où l'on ne fait état que de propos rapportés."

"Pressions politiques"

Mais pour lui, ces remarques peu amènes peuvent "s'apparenter à des pressions politiques" dès lors qu'elles deviennent publiques et sont répétées. D'ailleurs, la majorité parlementaire a tendance à prendre les journalistes pour de simples portes-voix, dont la seule fonction serait de "relayer la communication du pouvoir":


par Gaullisme populaire et Sociaux . Daniel Hentzé publié dans : Nicolas Sarkozy Président de la République. communauté : La communauté des Gaullistes .
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
 
Blog : Sport sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus