PARIS (Reuters) - Le ministre de l'Intérieur travaille à un texte établissant la remise d'un reçu par la police à toute personne contrôlée, a annoncé vendredi le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault.
Cette mesure est présentée par le gouvernement comme une manière de lutter contre les contrôles "au faciès", et de rendre plus "sereines" les relations entre la population et les forces de police, mais les syndicats policiers y sont hostiles.
"C'est une mesure qu'on va faire (...) elle est en préparation, le ministre de l'Intérieur y travaille", a déclaré vendredi Jean-Marc Ayrault sur BFM-TV et RMC.
"Ça sera utile à tous, aux personnes contrôlées (...) et puis aux policiers aussi, parce que les policiers ont besoin de retrouver la confiance et le respect", a-t-il ajouté. "Une mesure de ce type n'a rien de vexatoire pour eux, c'est simplement pour remettre de la sérénité."
Cette annonce n'a pas tardé à faire réagir les syndicats policiers, plutôt hostiles à cette mesure.
"Un récépissé de contrôle d'identité n'est pas pour nous une priorité", a écrit dans un communiqué Nicolas Comte, secrétaire général d'Unité SGP Police, premier syndicat de gardiens de la paix. "On ne solutionnera pas la fracture police/population en donnant l'impression aux policiers que la faute vient d'eux", a-t-il ajouté.
Le syndicat Alliance y voit pour sa part un "désaveu sans précédent, blessant et attentatoire à l'honneur et la probité des policiers et des gendarmes."
"Avec la mise en oeuvre d'une telle initiative, il est certain que la démotivation, déjà sensible dans les rangs des forces de sécurité, ira en s'amplifiant au point d'impacter sensiblement (...) leurs résultats", prévient le syndicat dans un communiqué.
De nombreuses manifestations spontanées de policiers ont eu lieu début mai à travers la France après la mise en examen pour homicide volontaire d'un de leurs collègues.
Plusieurs organisations nationales et internationales, parmi lesquelles Human Rights Watch, ont dénoncé la propension présumée de la police française à opérer des contrôles "au faciès".
Quinze personnes qui disent avoir subi des contrôle de police abusifs ont attaqué l'Etat au civil en avril dernier.
Chine Labbé, édité par Yves Clarisse

























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